Knesset: Manifestations contre les actions « anti-démocratiques » de son président
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Knesset: Manifestations contre les actions « anti-démocratiques » de son président

Pour la deuxième fois en une semaine, un convoi s'est rendu à Jérusalem pour protester contre Yuli Edelstein en brandissant le "drapeau noir" pour "sauver la démocratie"

Des manifestants participent à une manifestation contre les actions gouvernementales présentées comme des précautions dues à l'épidémie de coronavirus mais qu'ils considèrent comme antidémocratiques, ici devant la Knesset à Jérusalem, le 23 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des manifestants participent à une manifestation contre les actions gouvernementales présentées comme des précautions dues à l'épidémie de coronavirus mais qu'ils considèrent comme antidémocratiques, ici devant la Knesset à Jérusalem, le 23 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Un bruyant convoi de protestation s’est rendu lundi à la Knesset à Jérusalem pour poursuivre les protestations entamées la semaine dernière contre le président de la Knesset, Yuli Edelstein, et les mesures prises par ce dernier, notamment la fermeture temporaire du Parlement, qui menacent le caractère démocratique du pays.

Edelstein a déclenché une tempête de critiques mercredi dernier après avoir refusé que le plénum de la Knesset se réunisse pour voter sur la création de la commission des Arrangements et l’élection d’un nouveau président. Edelstein a d’abord soutenu que le gel était lié à des mesures de sécurité dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, et a ensuite déclaré qu’il visait à forcer le Likud et Kakhol lavan à faire des compromis dans les négociations sur l’unité.

Les critiques ont déclaré que cela équivalait à une fermeture illégale du Parlement par le Likud afin d’améliorer l’influence du parti dans les négociations de coalition. Certains ont fait valoir qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’État politique, la majorité parlementaire dirigée par le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz ayant été empêchée de prendre le contrôle de l’agenda de la Knesset.

Lundi matin, la Cour suprême de justice a ordonné à M. Edelstein de procéder au vote sur le poste de président avant mercredi. Plusieurs ministres et députés du Likud et de ses alliés l’ont cependant exhorté à défier l’ordre de la cour, et Edelstein a déclaré qu’il répondrait à la décision lundi soir.

Des centaines de manifestants dans une longue file de voitures drapées de drapeaux israéliens et noirs ont pris les routes d’accès autour de la Knesset lors de la reprise des travaux parlementaires lundi, alors que les conducteurs klaxonnaient et que les manifestants se ralliaient contre ce qu’ils appelaient les « mesures anti-démocratiques de ces dernières semaines ».

Les organisateurs ont déclaré dans un communiqué : « Le peuple israélien mérite une Knesset qui fonctionne, un président de la Knesset qui contrôle le travail du gouvernement et un Premier ministre qui n’est pas occupé par ses affaires criminelles. Nous nous battrons pour les fondements de la démocratie ».

Un convoi similaire s’est rendu à Jérusalem jeudi dernier et a été intercepté par la police pour avoir ostensiblement enfreint les règles de distanciation sociale. Il a ensuite été autorisé à poursuivre sa route ; trois manifestants ont été arrêtés lors des échauffourées qui ont suivi avec la police. Aucune arrestation n’a été signalée au cours de la manifestation de lundi.

Bien que dans sa campagne contre la propagation du coronavirus, le gouvernement ait imposé de sévères restrictions aux rassemblements publics, les manifestations sont autorisées, bien que les participants doivent toujours maintenir une distanciation sociale de deux mètres les uns des autres. Les manifestants de lundi semblaient généralement respecter ces restrictions.

Des manifestants participent à une manifestation contre les actions gouvernementales présentées comme des précautions dues à l’épidémie de coronavirus mais qu’ils considèrent comme antidémocratiques, ici devant la Knesset à Jérusalem, le 23 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La manifestation a eu lieu alors que la Cour suprême de justice, située à côté de l’enceinte de la Knesset, a rendu sa décision selon laquelle Edelstein doit prévoir un vote parlementaire sur son remplacement d’ici mercredi. Cette décision est une victoire pour le parti Kakhol lavan, qui avait demandé à la Cour de se prononcer contre les mesures d’Edelstein.

Edelstein, du Likud, devrait être battu lors du vote sur le poste de président si et quand celui-ci sera proposé, avec le député Meir Cohen (Kakhol lavan) comme successeur probable.

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, à la Knesset, le 4 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Avec l’éviction proposée d’Edelstein, Kakhol lavan, qui a le soutien de 61 des 120 députés de la Knesset, cherche à contrôler l’agenda du Parlement, en partie pour contrôler la gestion de la pandémie COVID-19 par le gouvernement.

Kakhol lavan cherche également à faire avancer la législation qui empêcherait un membre de la Knesset faisant l’objet d’accusations criminelles de former un gouvernement, ce qui aurait pour effet de disqualifier le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a été inculpé dans trois affaires.

Ce lundi, la Knesset devait voter sur la création de la commission des Arrangements, qui supervise la composition des autres commissions de la Knesset. Le parti Likud de Netanyahu a initialement déclaré que les 58 membres de son bloc de droite boycotteraient le vote de la Knesset sur cette commission, accusant le parti rival Kakhol lavan de « conduite dictatoriale et destructrice ». Certains députés du bloc ont cependant assisté à la séance plénière de la Knesset qui s’est tenue lundi après-midi.

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