La bataille contre l’Iran est loin d’être perdue, selon un élu américain en Israël
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Interview

La bataille contre l’Iran est loin d’être perdue, selon un élu américain en Israël

De nouvelles révélations sur des ententes secondaires et un comportement agressif de Téhéran peuvent influencer les législateurs indécis, dit Tom Cotton

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le sénateur Tom Cotton parlant à des journalistes israéliens dans son bureau de Washington le 4 août 2015 (Raphaël Ahren)
Le sénateur Tom Cotton parlant à des journalistes israéliens dans son bureau de Washington le 4 août 2015 (Raphaël Ahren)

La lutte contre l’accord nucléaire iranien au Congrès américain n’est pas encore perdue, déclare mardi à Jérusalem un sénateur américain, exprimant l’espoir que de nouvelles révélations sur des transactions secondaires secrètes ou un comportement agressif iranien pourraient inciter les législateurs indécis à s’opposer au pacte.

« Nous ne pouvons pas dire que la bataille est déjà perdue », dit le sénateur Tom Cotton (R-AR), fervent adversaire de l’accord sur le nucléaire signé entre les P 5+1 et l’Iran en juillet, au Times of Israel.

De nombreux aspects de l’accord restent inconnus, dit Cotton. Si de nouveaux détails émergent sur des transactions secondaires secrètes entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique au sujet des opérations nucléaires militaires passées de l’Iran, « cela ne me surprendrait pas de voir certains sénateurs reconsidérer leur soutien ».

Un récent rapport de l’Associated Press a indiqué que l’Iran sera autorisé à inspecter le site militaire de Parchin par lui-même, ce qui, selon des critiques montre que l’accord est insuffisant pour déterminer la véritable ampleur des actions nucléaires militaires passées du régime.

En outre, l’Iran continue de prendre des « mesures extrêmement provocatrices, par exemple avec les missiles tirés sur le nord d’Israël la semaine dernière », dit Cotton.

Téhéran est engagé dans « beaucoup de guerres chaudes » à travers le Moyen-Orient, « et il est impossible de dire quel type d’actions provocatrices il pourrait mener ces deux à quatre prochaines semaines, qui pourraient influencer le Congrès américain », ajoute-t-il.

« Beaucoup de choses peuvent changer, tant concernant le débat sur l’accord lui-même, que sur les actions iraniennes dans la région au cours des deux prochaines semaines. Donc, jusqu’au vote au Congrès, au veto du président, puis au droit de veto exercé par le Congrès, nous ne pouvons pas dire que l’accord est approuvé. »

Jusqu’à présent, 31 sénateurs ont exprimé leur soutien à l’accord, ce qui signifie qu’Obama doit en convaincre seulement trois de plus [l’interview a été menée avant la décision de la sénatrice démocrate Barbara Mikulski].

Mais Cotton – qui, en mars a écrit une lettre au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, l’avertissant qu’Obama n’a pas autorité pour signer un accord sur le programme nucléaire – annonce qu’il essayera de le faire échouer jusqu’au dernier jour.

« Jusqu’à ce qu’il y ait 34 votes – je ne parle pas de 34 électeurs déclarés, mais de 34 votes, parce que beaucoup de choses peuvent se produire même dans les deux prochaines semaines – pour ma part, je n’arrêterai pas le combat, en raison des conséquences dangereuses de cet accord pour les Etats-Unis, Israël et la paix dans le monde », dit-il.

« Cependant, il est très triste que le président dépeigne comme une victoire potentielle le fait qu’il puisse obtenir un tiers-plus-un-vote au Congrès américain en faveur de cet accord. C’est sans précédent dans l’histoire de la politique étrangère américaine, et je pense qu’il fera de cet accord le pire accord international de l’histoire de la politique étrangère américaine. »

Le sénateur Tom Cotton et le Premier ministre Netanyahu dans son bureau de Jérusalem 31 septembre 2015 (Amos Ben Gershom/GPO)
Le sénateur Tom Cotton et le Premier ministre Netanyahu dans son bureau de Jérusalem 31 septembre 2015 (Amos Ben Gershom/GPO)

Se faisant l’écho des arguments des responsables gouvernementaux israéliens et américains adversaires du pacte nucléaire, Cotton dit qu’un meilleur accord est possible si le Congrès rejetait la version actuelle et maintenait les sanctions américaines contre la République islamique. Le régime des sanctions internationales ne s’effondrera pas si les États-Unis retiraient leur soutien à l’accord, selon lui.

« Il pourrait y avoir une certaine incertitude à court terme, mais au bout du compte, lorsqu’ils ont le choix entre faire des affaires avec l’économie américaine, qui représente le quart de l’activité économique mondiale, ou avec l’Iran, dont l’économie est quelque part entre la taille de l’État du Maryland ou celui de Washington, je crois que la plupart des pays et la plupart des entreprises ne se tourneront pas vers l’Iran », dit-il.

Cotton – à 38 ans, le plus jeune sénateur américain sortant – effectue actuellement une tournée d’une semaine à travers Israël.

Au début de la semaine, il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon. « Il n’y a pas mieux pour discuter de l’impact d’un Iran nucléaire, à la fois au Moyen-Orient et dans le monde, » a-t-il écrit sur son site Internet après sa rencontre avec Netanyahu lundi.

Le jeune sénateur a discuté avec Netanyahu et Yaalon des moyens de renforcer l’alliance américano-israélienne et d’affronter l’Iran, « parce que quoi qui se passe avec le vote au Congrès, ce ne sera pas la fin de l’histoire avec l’Iran, mais seulement un autre chapitre. Nous ne discutons pas de mesures particulières parce que nous nous focalisons sur l’accord en cours. »

Cotton n’a pas évoqué avec Netanyahu ou Yaalon la question de savoir pourquoi Israël refuse actuellement de négocier avec l’administration américaine un renforcement de l’aide militaire, dit-il. Il ajoute que lors de leur rencontre, Netanyahu « n’a pas exprimé d’opinion sur la politique législative américaine interne. »

Cotton conteste l’idée répandue selon laquelle l’opposition acharnée de Jérusalem à l’accord pourrait gravement nuire aux relations bilatérales. « La relation américano-israélienne est beaucoup plus forte et elle est basée sur des fondements beaucoup plus larges que tout président ou tout Premier ministre seul. »

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