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La Cour suprême confirme la vente de bâtiments de l’Eglise à Ateret Cohanim

La plus haute instance juridique israélienne a rejeté l'appel de l'Eglise grecque-orthodoxe, qui avait soumis de nouveaux documents à la Cour afin de contester la transaction

Un drapeau israélien est accroché sur un immeuble appartenant à Ateret Cohanim dans le quartier Batan al-Hawa de Silwan, Jérusalem-Est, le 31 juillet 2018. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)
Un drapeau israélien est accroché sur un immeuble appartenant à Ateret Cohanim dans le quartier Batan al-Hawa de Silwan, Jérusalem-Est, le 31 juillet 2018. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

La Cour suprême israélienne a validé l’acquisition par une organisation ultra-nationaliste juive de biens fonciers de l’Eglise grecque-orthodoxe dans la Vieille Ville de Jérusalem, après environ deux décennies de bataille judiciaire.

Dans un jugement rendu public mercredi soir, la plus haute instance juridique israélienne a rejeté l’appel de l’Eglise grecque-orthodoxe, qui avait soumis de nouveaux documents à la Cour afin de contester la vente de bâtiments à l’association israélienne Ateret Cohanim.

Cette association a pour vocation de « judaïser » la partie orientale et palestinienne de Jérusalem, annexée par l’Etat hébreu, et y rachète des logements depuis des années, en se servant de sociétés écran qui ne lui sont pas officiellement liées.

L’affaire remonte à 2004 quand Ateret Cohanim avait acquis les droits à des baux emphytéotiques sur trois bâtiments de l’Eglise, dont l’hôtel Petra et l’Imperial Hotel dans le quartier chrétien de la Vieille Ville ainsi qu’un immeuble résidentiel situé dans le quartier musulman, tous occupés par des Palestiniens.

Cette vente avait provoqué la colère des Palestiniens et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier, prédécesseur de Théophile III.

L’Eglise avait par la suite engagé des poursuites contre Ateret Cohanim, affirmant que ces acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation.

Pour le patriarcat, la décision de la cour est « injuste et ne repose sur aucune base légale ou logique, puisqu’une organisation radicale et ses partisans ont poursuivi des méthodes malhonnêtes et illégales pour acquérir des biens chrétiens dans l’un des endroits les plus importants pour la présence arabe musulmane et chrétienne à Jérusalem », a-t-il indiqué dans un communiqué jeudi.

L’avocat du patriarcat grec-orthodoxe, Assaad Mazzawi, a estimé jeudi qu’il s’agissait d’un « jour très triste ». « Nous parlons d’un groupe d’extrémistes qui veulent prendre les propriétés des Eglises, qui veulent changer le caractère de la Vieille Ville, envahir les zones chrétiennes », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Ils essaient d’utiliser leur pouvoir et leur influence sur les décideurs et l’Etat d’Israël et, malheureusement, ils y parviennent », a-t-il ajouté.

Fin mars, des Israéliens avaient pris la possession d’une partie de l’hôtel Petra, sans qu’un ordre d’éviction n’ait été émis et alors que l’affaire n’était pas encore tranchée, provoquant la colère de l’Eglise.

La justice israélienne doit encore trancher sur un autre volet de cette bataille judiciaire, concernant le sort des résidents palestiniens qui ont le statut de « locataires protégés », d’après Assaad Mazzawi.

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