La Cour suprême suspend la mise en résidence surveillée de Zadorov jusqu’à mardi
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La Cour suprême suspend la mise en résidence surveillée de Zadorov jusqu’à mardi

Les juges doivent rendre une décision finale sur la question la semaine prochaine, alors que Roman Zadorov doit être rejugé pour le meurtre d'une jeune fille

Roman Zadorov lors d'une audience en appel à la Cour suprême de Jérusalem, le 20 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Roman Zadorov lors d'une audience en appel à la Cour suprême de Jérusalem, le 20 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Haute Cour de justice d’Israël a décidé vendredi que la mise en résidence surveillée de Roman Zadorov, actuellement en attente de jugement pour le meurtre d’une écolière de 13 ans, sera reportée au moins jusqu’à mardi.

Zadorov doit être rejugé sur la base de nouvelles preuves, après plus de dix ans derrière les barreaux pour le meurtre de Tair Rada en 2006, qu’il maintient ne pas avoir commis.

Mercredi, le tribunal de district de Nazareth avait approuvé la mise en liberté de Zadorov en l’assignant à résidence avec surveillance électronique, mais les procureurs ont fait appel de cette décision, affirmant qu’il présentait un risque de fuite ainsi qu’un danger pour le public et qu’il devait donc rester derrière les barreaux jusqu’à la fin de la procédure engagée contre lui.

Vendredi, le juge de la Haute Cour Alex Stein a immédiatement écarté la possibilité que Zadorov s’enfuie et a autorisé la poursuite de la discussion concernant son danger pour la société. Il n’y a pas eu de décision immédiate sur la question, mais le tribunal a accepté de le garder derrière les barreaux jusqu’à mardi au moins. D’ici là, une décision finale sera prise avant le nouveau procès de Zadorov.

Le juge de la Cour suprême Alex Stein lors d’une audience d’appel pour la libération de Roman Zadorov à la Cour suprême à Jérusalem, le 20 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, le bureau du procureur de l’État a annoncé un nouveau procès pour Zadorov, qui a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de Rada, malgré ses affirmations répétées qu’il avait été condamné à tort.

Tair Rada a été retrouvée morte dans les toilettes de son école, à Katzrin sur le plateau du Golan, en 2006. Elle avait des entailles au cou et portait les signes de coups de couteau sur le corps et à la tête.

Tair Rada. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’affaire du meurtre de Tair Rada a longtemps tenu en haleine le pays, à la fois en raison de la manière brutale dont elle a été tuée et des affirmations persistantes de certains selon lesquelles ce ne serait pas Zadorov qui a commis le meurtre.

Peu après le meurtre, Zadorov, qui était employé à l’école à l’époque comme agent d’entretien, avait été arrêté et accusé.

Deux semaines après son arrestation, la police a annoncé que Zadorov avait avoué le meurtre de Rada et avait reconstitué l’attaque pour les enquêteurs. Mais un jour plus tard, l’avocat de Zadorov a annoncé que son client s’était rétracté, affirmant que ses aveux et sa reconstitution avaient été obtenus sous la contrainte et contenaient des informations erronées.

En 2010, près de quatre ans après son arrestation, le tribunal de district de Nazareth l’a condamné à la prison à vie.

Olga Zadorov, l’épouse de Roman Zadorov, lors d’une audience d’appel pour la libération de Roman Zadorov à la Cour suprême de Jérusalem, le 20 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ses avocats, ainsi que des citoyens qui le soutiennent, insistent sur le fait que Zadorov a été piégé pour un acte qu’il n’a pas commis et que le véritable meurtrier est Olga Kravchenko, dont l’identité a été initialement bâillonnée par une ordonnance du tribunal et a été appelée « O.K. ».

À la suite d’une analyse ADN effectuée par les enquêteurs, l’Institut médico-légal d’Abu Kabir a annoncé en 2018 qu’un cheveu trouvé sur le corps de Rada n’appartenait pas à Zadorov mais correspondait plutôt à celui d’un ancien petit ami de Kravchenko, relançant les spéculations sur le meurtre.

En 2019, l’avocat de Zadorov, Yoram Halevi, a déposé une demande de procès auprès de la Cour suprême, invoquant l’existence « d’un grand nombre de nouvelles preuves qui prouvent sans équivoque que Roman n’a pas assassiné la défunte et n’aurait pas pu l’assassiner ».

Yarom Halevi, avocat du condamné Roman Zadorov, lors d’une audience au tribunal de district de Nazareth, le 3 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

La Cour suprême a précédemment rejeté le témoignage de l’ancien petit ami sur Kravchenko, tandis que la police a conclu que sa version n’était pas fiable et qu’il s’agissait d’une tentative de faire accuser son ancien amant, a rapporté le site d’information Ynet en 2018.

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