Israël en guerre - Jour 145

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La droite fustige Tsahal qui simule le rapt de Palestiniens par des habitants d’implantations

Selon l'armée, l'exercice fait partie des "scénarios extrêmes" des troupes, s'excuse pour les gilets marqués "forces ennemies" représentant les résidents d’implantations

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats vêtus de gilets portant l'inscription "forces ennemies" sont vus dans une vidéo d'un exercice des Tsahal qui comprenait une simulation d'enlèvement de Palestiniens par des résidents d'implantations israéliennes. (Crédit : réseaux sociaux/X ; utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Des soldats vêtus de gilets portant l'inscription "forces ennemies" sont vus dans une vidéo d'un exercice des Tsahal qui comprenait une simulation d'enlèvement de Palestiniens par des résidents d'implantations israéliennes. (Crédit : réseaux sociaux/X ; utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Des ministres et des militants d’extrême droite ont vivement critiqué l’armée israélienne lundi pour avoir conduit un exercice simulant un kidnapping perpétré par des résidents d’implantations israéliennes.

Selon Tsahal, ce scénario d’enlèvement, qui faisait partie d’un exercice à grande échelle en Cisjordanie, était l’un des 100 exercices de simulation, et faisait partie des « scénarios extrêmes ».

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré que les responsables militaires qui ont donné l’ordre de « présenter les habitants des implantations comme l’ennemi et les Palestiniens comme la victime, souffrent d’une grave cécité morale ». Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a quant à lui affirmé que « la personne responsable de cet exercice doit être démise de ses fonctions et ne devrait plus être en charge de la vie et de la sécurité des habitants des implantations ».

S’exprimant mardi, Smotrich a déclaré que cet exercice « rappelait les accusations de meurtre rituel ».

« Il n’y a jamais eu de cas impliquant l’enlèvement d’un enfant arabe par un résident d’implantation », a souligné Smotrich à la radio de l’armée.

« Cela rappelle un peu les accusations diffamatoires selon lesquelles des enfants chrétiens étaient enlevés et sacrifiés pour faire de la matza », a ajouté le ministre d’extrême-droite. « Nous n’avons jamais eu de cas pareils dans notre pays. »

« Il n’est pas nécessaire par ailleurs de faire porter aux troupes un gilet marquant les habitants des implantations comme les ennemis », a-t-il ajouté. « La confusion règne malheureusement, et elle se manifeste un peu partout. »

Mardi après-midi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié un communiqué exigeant « des réponses et une enquête de Tsahal » sur cet exercice.

« Ce scénario fictif est déconnecté de la réalité, inapproprié et constitue une injustice pour toute une communauté précieuse de résidents d’implantations à un moment où beaucoup d’entre eux sont au front et sacrifient même leur vie pour assurer la défense d’Israël », a souligné Netanyahu. « Je n’accepte pas une telle insensibilité à l’égard de nos frères et sœurs de Judée et de Samarie. »

Plusieurs maires d’implantations ont publié un communiqué conjoint appelant à la destitution de l’officier qui a conçu l’exercice et ont fustigé le Commandement du centre de l’armée israélienne, qui supervise les opérations militaires en Cisjordanie, qui fait l’objet de critiques régulières de la part de personnalités et de militants de la coalition d’extrême-droite.

« Quiconque est capable de renvoyer des soldats réservistes qui récitent des prières dans une mosquée de Jénine est certainement en mesure de renvoyer le commandant qui a planifié un exercice qui non seulement discrédite les communautés de Judée et de Samarie, mais met également des vies en danger », ont-ils déclaré dans le communiqué, faisant référence à la suspension en décembre de plusieurs soldats qui avaient été filmés alors qu’ils chantaient des chansons de Hanoukka dans le système de haut-parleurs de la mosquée.

D’autres militants et observateurs des médias d’extrême droite ont qualifié le scénario « d’irréaliste », malgré le fait que de tels actes ont déjà été commis par des extrémistes juifs dans le passé, et notamment l’enlèvement et l’assassinat de Mohammed Abu Khdeir en 2014.

Les images de l’exercice, qui simulait un enlèvement d’un Palestinien par des résidents d’implantations en réponse à une attaque terroriste, montraient plusieurs soldats vêtus de gilets portant l’inscription « force ennemie », une pratique courante dans les exercices militaires.

Tsahal s’est excusé d’avoir désigné les habitants des implantations comme étant la force ennemie.

« Tsahal n’a jamais mené d’exercices dans lesquels les habitants des implantations sont présentés comme l’ennemi, et le marquage des gilets en question, qui visait à séparer les intervenants, fait partie des mesures de routines de sécurité », a expliqué Tsahal dans un communiqué.

« Dans le cas présent, la mention utilisée était une erreur, et nous la regrettons », a ajouté Tsahal.

Des soldats israéliens se confrontant à des résidents de l’implantation d’Einav qui tentent d’attaquer la ville de Deir Sharaf, dans le gouvernorat de Naplouse, suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

La montée des violences commises par les habitants des implantations a fait l’objet de nombreux articles et reportages ces derniers mois, dans le sillage de l’assaut du Hamas contre Israël, le 7 octobre dernier. Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, aurait averti le gouvernement des répercussions de cette situation à la fin du mois d’octobre.

Les attaques visaient généralement des biens et comprenaient des jets de pierres sur des voitures qui passaient, des agressions et même des meurtres présumés, la grande majorité des cas ne faisant pas l’objet de poursuites judiciaires, selon les groupes de défense des droits de l’homme.

Durant les 18 mois qui ont précédé l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël, le 7 octobre, au cours de laquelle des milliers de terroristes ont assassiné près de 1 200 personnes et en ont enlevé 255 autres, pour la plupart des civils, la Cisjordanie enregistrait déjà les plus hauts niveaux de troubles depuis des dizaines d’années. Depuis l’offensive israélienne de représailles sur Gaza, visant à détruire le Hamas et à ramener les otages, les affrontements se sont multipliés dans la région.

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