La firme israélienne UBQ convertit des masques usagés en matériaux écologiques
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La firme israélienne UBQ convertit des masques usagés en matériaux écologiques

Nocifs pour l'environnement lorsqu'ils ne sont pas correctement éliminés, les masques PPE à usage unique peuvent être valorisés, avec d'autres déchets, par une société israélienne

Des masques faciaux de protection sont accrochés sur un bateau abandonné dans le port de Tel Aviv-Jaffa, le 28 octobre 2020. (Miriam Alster/Flash90)
Des masques faciaux de protection sont accrochés sur un bateau abandonné dans le port de Tel Aviv-Jaffa, le 28 octobre 2020. (Miriam Alster/Flash90)

En près d’un an de vie sous la pression implacable du coronavirus, une tendance est apparue au niveau mondial : le port de masques à usage unique, ou de ce que l’on appelle les équipements de protection individuelle (EPI), qui a connu une hausse fulgurante depuis le début de la pandémie.

Les EPI jetables, associés dans le passé principalement aux personnes travaillant dans le domaine médical, sont aujourd’hui omniprésents. On les utilise et on les jette.

Fabriqués à partir de tissus non tissés, que l’on trouve dans des produits comme les filtres, les lingettes et les couches, et qui sont maintenus ensemble par feutrage ou collage, ces masques faciaux ne sont pas facilement recyclables. S’ils ne sont pas jetés et envoyés dans des décharges, ces masques pourraient se retrouver dans des endroits où ils peuvent se révéler dangereux.

Une organisation de conservation marine, OceansAsia, estime que sur les 52 milliards de masques produits en 2020, 1,56 milliard finiront dans les océans – générant une pollution qui peut sérieusement endommager l’écosystème.

Des Israéliennes portent des masques de protection alors qu’elles font leurs courses au marché local de Safed, dans le nord d’Israël, le 24 juin 2020. (David Cohen/FLASH90)

L’été dernier, les Nations unies ont mis en garde contre les graves conséquences qui pourraient découler d’une mauvaise élimination des EPI, notamment le rejet de toxines dans l’environnement et la possibilité de transmission secondaire de maladies à l’homme.

En conséquence, le Programme des Nations unies pour l’environnement a exhorté les gouvernements à traiter la gestion des déchets de masques comme un service de santé publique.

La start-up israélienne UBQ Materials s’efforce de résoudre ce problème et de convertir les EPI en un matériau d’origine biologique, qui peut être utilisé comme substitut aux plastiques à base de pétrole utilisés dans la fabrication de milliers de produits.

La start-up a développé un moyen de transformer les déchets non triés en un additif pour l’industrie du plastique qui peut être utilisé dans des produits comme les meubles, les jouets et les pièces de voiture.

Au cours des derniers mois, UBQ a injecté des quantités importantes d’EPI dans sa chambre de réaction, ainsi que d’autres déchets non recyclables, comme des plastiques mélangés, des restes de nourriture, du carton, où il est décomposé et reconstitué en un nouveau matériau composite semblable au plastique.

UBQ Materials a développé une technologie qui utilise les déchets domestiques non-triés pour les convertir en thermoplastique bio-sourcé – un substitut du plastique. (Autorisation)

L’afflux d’EPI n’a eu aucun impact sur la technologie ou le matériau final, et la société s’est adaptée aux changements du flux de déchets, a déclaré Liat Arad, la vice-présidente du marketing de la société.

Le matériau final est thermoplastique et compatible en tant que matière première dans des applications industrielles, et peut ensuite être utilisé dans tout processus de fabrication standard d’une variété de produits.

La startup a été créée en 2012 par Yehuda Pearl et Jack Bigio, tous deux issus du monde des affaires et de l’entrepreneuriat, qui ont été inspirés par l’idée que les matériaux organiques pouvaient être décomposés en leurs composants naturels pour être ensuite transformés en matériau utilisable.

Il a fallu six ans pour développer à la fois le processus et le matériel. Toutes les machines utilisées par UBQ ont été inventées par l’entreprise et en 2018, elle a dévoilé le matériau durable de UBQ à l’industrie du plastique.

UBQ travaille avec une petite usine dans le Néguev, à Tzeelim, avec une capacité de production de 7 000 tonnes de matériaux par an, et a « des projets d’expansion extrêmement agressifs », a déclaré Arad, y compris une installation à grande échelle qui devrait ouvrir aux Pays-Bas en 2022 avec la capacité de produire 70 000 tonnes de matériaux par an.

« Nous avons constaté une augmentation de la quantité d’EPI dans le flux de déchets, ce qui est à considérer », a déclaré Mme Arad. « Nous sommes en mesure d’englober également cette transition – et ce changement et ces fluctuations dans les déchets – et de continuer comme si de rien n’était ».

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