La frappe de lundi en Syrie aurait ciblé une base aérienne construite par l’Iran
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La frappe de lundi en Syrie aurait ciblé une base aérienne construite par l’Iran

Un haut responsable israélien a déclaré que toute réaction de Téhéran serait accueillie par une réponse israélienne "sévère"

La Tiyas, ou T-4, une base aérienne, à proximité de la ville syrienne de Palmyre, qu'Israël prétend être utilisée par l'Iran et sa Force al-Qods (Capture d'écran / Wikimapia)
La Tiyas, ou T-4, une base aérienne, à proximité de la ville syrienne de Palmyre, qu'Israël prétend être utilisée par l'Iran et sa Force al-Qods (Capture d'écran / Wikimapia)

La frappe aérienne de lundi sur la Syrie, attribuée à Israël – mais non revendiquée par Jérusalem – visait une base aérienne que l’Iran construisait et a constitué la « plus importante » de ces frappes à ce jour, a rapporté la télévision israélienne mardi soir.

Sept membres de l’armée iranienne figuraient parmi au moins 14 personnes tuées dans l’attaque, et l’Iran a menacé Israël de représailles.

La Dixième chaîne a cité un avertissement d’une source de haut rang selon laquelle « toute réaction iranienne sera accueillie par une réponse israélienne très sévère ».

Israël est resté silencieux sur cette attaque de lundi, menée avant l’aube, qui a été largement attribuée à l’Etat juif. Le cabinet de sécurité israélien doit se réunir mercredi, pour une réunion qui était déjà prévue au préalable.

La télévision israélienne a montré des images de victimes iraniennes arrivant en Iran alors que la foule scandait « Mort à Israël ».

Un avion-chasseur israélien F-15I (Crédit : Tsahi Ben-Ami/ Flash 90)

Selon le reportage de la Dixième chaine, le bilan de sept morts iraniens pourrait ne pas être définitif.

Il a été rapporté que l’Iran avait perdu « un atout important » et peut-être « même une structure entière » dans l’attaque.

« Tout indique que l’Iran essayait de construire une base aérienne en Syrie », a affirmé le reportage télévisé, et bien que les Russes fassent mine de surprise, on peut supposer qu’ils savaient exactement ce qui se jouait là, selon le reportage.

Le tir a constitué « l’attaque directe la plus importante » du genre et les Iraniens voudront répliquer, « presque certainement depuis la Syrie », a rapporté le reportage télévisé.

Israël se prépare à ce genre de réponse. « Nous sommes à l’aube de jours incendiaires à la frontière nord », a indiqué le reportage.

Le reportage a également cité des sources arabes suggérant que la prochaine fois qu’Israël frapperait la Syrie, la Russie pourrait fournir de l’armement au régime d’Assad afin de rendre une attaque plus difficile pour l’armée de l’air israélienne.

Selon un reportage de la chaine Hadashot, qui citait des sources étrangères, l’attaque n’avait pas pour cible une cargaison de missiles, mais plutôt un certain type de « systèmes avancés » qui auraient pu compliquer ou saper la supériorité aérienne israélienne dans le ciel du Liban et de la Syrie.

Ehud Barak, ancien ministre de la Défense, a déclaré à la même chaîne que, si sur une année normale le risque de conflit était de 1 %, cette année, cette probabilité était de 10 %. Il a également averti que le front israélien n’y était pas suffisamment préparé.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman parle à la presse dans un champ situé aux abords de la bande de Gaza le 20 février 2018 (Crédit :Judah Ari Gross/Times of Israel

Plus tôt ce mardi, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Israël n’accepterait pas un « hold-up » iranien en Syrie et a semblé demander à la Russie d’empêcher la République islamique de s’implanter davantage dans la région.

Liberman a maintenu la position officielle ambiguë d’Israël concernant la frappe aérienne de lundi, affirmant : « Je ne sais pas ce qui s’est passé ou qui a attaqué T-4 » – le nom de la base syrienne qui a été touchée.

« Je sais une chose à coup sûr : nous n’autoriserons pas le retranchement iranien en Syrie. Quel qu’en soit le coût. Nous n’avons pas d’autre choix », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense a fait ces commentaires lors d’une visite dans la ville de Katzrin, au nord du pays, non loin de la frontière syrienne.

L’ayatollah Ali Khamenei, le 28 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les responsables israéliens ont mis en garde à plusieurs reprises contre les activités de l’Iran en Syrie et ont défini sa présence continue comme une « ligne rouge » face à laquelle Jérusalem est prête à agir militairement.

L’inquiétude d’Israël est que l’Iran et son allié, le Hezbollah, groupe terroriste basé au Liban, utilise la frontière syrienne pour menacer Israël et organiser des attaques contre les civils et les troupes israéliennes.

La Russie, la principale puissance présente dans la région, soutient le dictateur Bashar al-Assad, et est alliée de l’Iran et du Hezbollah dans la guerre civile syrienne.

Alors qu’Assad, soutenu par Moscou et Téhéran, s’occupe à nettoyer la dernière zone tenue par les rebelles en Syrie, utilisant prétendument des armes chimiques contre des civils, Israël craint que cela ne laisse l’Iran libre de prendre position le long de la frontière du Golan.

De la fumée dans la ville de Douma, dernière poche de l’opposition dans la Ghouta orientale, en Syrie, le 7 avril 2018 (AFP)

Plus tôt mardi, un haut conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a menacé Israël suite à la frappe aérienne.

« Ces crimes ne resteront pas sans réponse », a déclaré Ali Akbar Velayati lors d’une visite en Syrie, selon l’agence de presse officielle de la République islamique.

Israël a déjà mené au moins une attaque – qui a été explicitement reconnue – contre la base de Tiyas, qui, selon elle, abritait un programme de drones iraniens.

Israël a refusé de commenter l’attaque, à laquelle la Russie et la Syrie lui ont attribué la responsabilité. NBC News a cité lundi deux responsables américains qui ont affirmé qu’Israël avait mené l’attaque, ajoutant que Washington en avait été informé à l’avance.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi qu’Israël frapperait tous ceux qui ont l’intention de nuire au pays.

« Nous avons une règle claire et simple et nous cherchons à l’exprimer constamment : si quelqu’un essaie de vous attaquer, levez-vous et attaquez-le. Nous ne permettrons pas, ici à la frontière de Gaza, de nous faire du mal. Nous allons leur faire du mal », a-t-il déclaré dans un discours à Sderot, ville frontalière de Gaza.

« La sécurité au moment présent est une condition nécessaire pour la sécurité dans le futur. Ce que nous avons ici aujourd’hui représente une expression puissante pour notre sécurité future », a déclaré Netanyahu, évoquant apparemment les doubles menaces auxquelles Israël fait face dans le nord et le sud.

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