Israël en guerre - Jour 138

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La hausse des prix des aliments due à la guerre exacerbe l’insécurité alimentaire – rapport

Un rapport annuel de Leket Israel indique que la moitié des produits agricoles rebutés peuvent être consommés et conservés, et que les importations exacerbent la hausse des prix

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Triage de choux qui seraient autrement jetés au centre de Leket à Gan Haim, au centre d'Israël, novembre 2023. (Crédit : Amir Yaakobi)
Triage de choux qui seraient autrement jetés au centre de Leket à Gan Haim, au centre d'Israël, novembre 2023. (Crédit : Amir Yaakobi)

La guerre d’Israël contre les terroristes palestiniens du Hamas n’a fait qu’empirer une situation déjà difficile pour les 1,4 million d’Israéliens qui n’ont pas les moyens de se procurer des aliments sains, selon un rapport annuel publié lundi.

Selon Leket Israel, la banque alimentaire nationale, qui a publié le rapport sur le gaspillage et le sauvetage alimentaire, moins de nourriture récupérable est disponible pour être distribuée aux nécessiteux, en raison des dommages causés à l’agriculture le long de la frontière sud de Gaza et de la frontière nord d’Israël avec le Liban, où Tsahal est engagé dans des affrontements quotidiens avec le groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, soutenu par l’Iran.

La rareté relative des produits agricoles bleus et blancs et le fait que le volume de produits importés a doublé pour atteindre 60 000 tonnes depuis le début de la guerre ont entraîné des hausses de prix à deux chiffres, rendant les fruits et légumes frais encore moins abordables que d’habitude, selon le document publié en coopération avec les ministères de la Santé et de l’Environnement.

L’insécurité alimentaire se définit comme l’incapacité à assurer un approvisionnement constant en aliments contenant tous les éléments nutritionnels nécessaires au bon développement et à la santé.

Selon l’Assurance Nationale (bituah leumi), 16,5 % des ménages souffraient d’insécurité alimentaire en 2022. Cela correspond à 1,4 million de personnes, soit 14,5 % de la population totale.

L’association Leket récupère les excédents alimentaires et les distribue aux plus nécessiteux par le biais d’environ 200 autres ONG.

Leket Israël distribue des denrées alimentaires à ceux qui en ont besoin. (Crédit : Amir Yakoby)

En 2022, environ 2,6 millions de tonnes de nourriture ont été gaspillées, ce qui a coûté 23,1 milliards de shekels au pays, et représente environ 37 % de la nourriture produite en Israël, selon le rapport.

Ces chiffres sont similaires à ceux des années précédentes, tout comme les appels toujours sans réponse au gouvernement pour qu’il aide l’économie, l’environnement et les pauvres en développant une politique pour sauver la moitié environ de la nourriture gaspillée qui, selon Leket, est propre à la consommation humaine.

Le rapport couvre l’année 2022 mais comprend un avant-propos spécial sur l’impact de la guerre, qui a éclaté suite à l’assaut de milliers de terroristes du Hamas qui ont franchi la frontière israélienne le 7 octobre et tué près de 1 200 personnes et en ont kidnappé 240 pour les emmener de force dans la bande de Gaza.

Environ 20 % des terres agricoles israéliennes se trouvent dans la zone frontalière de Gaza. 60 % des champs de pommes de terre, 50 % des champs de tomates et 40 % des zones de culture de carottes et de choux s’y trouvent. Près d’un tiers des terres agricoles situées à proximité de la frontière de Gaza sont interdites d’accès depuis le 7 octobre pour des raisons de sécurité.

Noga Spielberg, Avner Davidian et Ofer Spielberg faisant une pause dans la cueillette des tomates à Shibolim, en Israël, le 9 novembre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

Selon le rapport, 10 % des terres agricoles se trouvent à proximité de la frontière nord d’Israël avec le Liban. Cette région comprend à peu près 60 % des vergers de pommiers et plus de 35 % des vergers de pêchers. Elle produit également une grande partie des œufs et de la viande de dinde du pays.

À l’échelle du pays, environ 40 % de la main-d’œuvre agricole (30 000 personnes) a disparu. Les travailleurs étrangers, principalement thaïlandais, sont rentrés chez eux après le déclenchement de la guerre, et les Palestiniens ayant un permis de travail ne sont actuellement pas autorisés à entrer dans le pays.

Les milliers de volontaires venus prêter main-forte pour la récolte des fruits et légumes n’ont pas réussi à remplacer les professionnels.

Dès la première semaine suivant le déclenchement des hostilités, le prix des tomates a augmenté d’environ 50 % et, en décembre, le prix de gros était encore 33 % plus élevé qu’il ne l’était juste avant la guerre, selon le rapport. Le prix des concombres a augmenté d’environ 90 % au cours de cette période. Le prix des pommes de terre a augmenté d’environ 40 % au cours des deux premières semaines des combats et, en décembre, le prix de gros était encore supérieur d’environ 20 % au prix d’avant-guerre.

Des Israéliens font leurs courses au marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 28 décembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/FLASH90)

Selon le rapport, le rendement moyen de la production de tomates devrait baisser de 30 %, celui des concombres de 10 % et celui des choux de 20 % au cours de l’hiver.

« La hausse des prix des denrées alimentaires, en particulier des fruits et légumes, ainsi que les dommages causés à l’économie dans son ensemble, et en particulier aux petites entreprises indépendantes, aux familles des réservistes et aux familles évacuées, ainsi que l’augmentation des taux de chômage, exacerberont l’insécurité alimentaire parmi les populations défavorisées et augmenteront le nombre de personnes manquant de nourriture », prévient le rapport.

Appelant à des efforts accrus pour réduire le gaspillage alimentaire, le rapport indique que « l’expérience a montré que le remplacement de la production locale par des produits importés ne résout pas le problème de l’insécurité alimentaire causée par les dommages causés à l’agriculture, car il s’accompagne d’une forte hausse des prix ».

Pour la première fois, le rapport annuel estime que 5 % du budget de la santé nationale est consacré aux personnes qui souffrent de problèmes liés à une alimentation insuffisante. Ce qui représente 5,2 milliards de shekels, soit 3 700 shekels par personne.

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