La Haute Cour valide la démolition des maisons des assassins de Rina Shnerb
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La Haute Cour valide la démolition des maisons des assassins de Rina Shnerb

Les juges reconnaissent que les dommages causés aux proches et aux voisins sont importants, mais estiment qu'il est justifié d'agir pour dissuader de futures attaques

Rina Shnerb, 17 ans, a été tuée dans un attentat terroriste en Cisjordanie le 23 août 2019. (Autorisation de la famille)
Rina Shnerb, 17 ans, a été tuée dans un attentat terroriste en Cisjordanie le 23 août 2019. (Autorisation de la famille)

La Haute Cour de justice a rejeté jeudi la requête contre la démolition des maisons de deux suspects dans le meurtre en août dernier de Rina Shnerb, 17 ans, lors d’un attentat à la bombe dans une source naturelle près d’une implantation de Cisjordanie.

Les familles de Walid Hanatsheh et de Yasan Majamas avaient fait appel de l’intention de l’armée de démolir leurs maisons, mais la cour a rejeté leur demande.

Un panel de trois juges a déclaré que « le préjudice causé aux parents et aux voisins non impliqués dans les attaques est important, mais à la lumière des vagues de terreur meurtrières, un usage raisonnable et limité de l’autorité de confisquer et de détruire, à des fins dissuasives, est nécessaire et ne devrait pas être condamné ».

Le juge Hanan Melcer a noté que les proches des terroristes présumés ont refusé de condamner leurs actions pendant les débats, ce qu’il a invoqué comme facteur ayant contribué à la décision de la cour.

Les familles de Hanatsheh et Majamas ont été informées de l’intention de démolir leurs maisons au début du mois de janvier.

Les deux hommes sont soupçonnés d’être membres de la cellule ayant perpétré l’attentat à la bombe près de Dolev qui a tué Rina Shnerb et gravement blessé son père et son frère.

Des soldats israéliens démolissent la maison d’un terroriste palestinien en Cisjordanie dans la ville de Jénine, le 6 février 2020. (Crédit : armée israélienne)

Selon le service de sécurité du Shin Bet, l’explosif a été placé sur le site et activé à distance par une cellule appartenant au groupe terroriste du Front Populaire de Libération de la Palestine, dirigé par Samer Mina Salim Arbid, qui a été arrêté peu après l’attaque.

Au cours de son enquête, le Shin Bet, en collaboration avec l’armée et la police israéliennes, a découvert un vaste réseau d’agents du FPLP, qui aurait également mené des attaques par balles contre des cibles israéliennes « et prévoyait de mener d’autres attaques terroristes importantes dans un avenir proche », a fait savoir le service de sécurité. Il a annoncé en décembre qu’il avait arrêté une cinquantaine de membres du réseau au cours des derniers mois.

Les démolitions sont une politique controversée qui, selon l’armée, contribue à dissuader de futurs attentats terroristes.

Des soldats israéliens démolissent la maison d’un terroriste palestinien en Cisjordanie dans la ville de Jénine, le 6 février 2020. (Crédit : armée israélienne)

Les groupes de défense des droits des Palestiniens et des Israéliens ont affirmé que les suspects ont été torturés après avoir été arrêtés à la suite de l’attaque. Selon des sources de sécurité, le Shin Bet a reçu l’autorisation de recourir à des « mesures extraordinaires » pendant l’interrogatoire d’au moins un des suspects.

Cette autorisation est généralement accordée dans les cas de « bombe à retardement » lorsqu’on craint que le suspect ne fournisse aux forces de sécurité des informations susceptibles d’empêcher une attaque imminente.

La semaine dernière, la famille d’un autre membre présumé de la cellule, Qassem Shibli, a également été informée de la prochaine démolition de son domicile, et a eu la possibilité de faire appel.

 

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