Première rencontre entre ministres israélien et jordanien depuis des années
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Première rencontre entre ministres israélien et jordanien depuis des années

Lors d'une réunion entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Ayman al-Safadi a souligné la nécessité de maintenir le statu quo sur le mont du Temple

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'entretient avec les médias lors d'une conférence de presse devant la Villa Liebermann au lac Wannsee à Berlin, Allemagne, le 27 août 2020. (Crédit : Michele Tantussi / Pool Photo via AP)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi s'entretient avec les médias lors d'une conférence de presse devant la Villa Liebermann au lac Wannsee à Berlin, Allemagne, le 27 août 2020. (Crédit : Michele Tantussi / Pool Photo via AP)

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a rencontré jeudi son homologue jordanien Ayman al-Safadi au poste-frontière du pont Allenby, selon les ministères des Affaires étrangères israélien et jordanien.

Cette rencontre était la première entre les deux hommes, et marque le premier entretien officiel entre hauts diplomates des deux pays depuis des années.

Un communiqué du ministère jordanien des Affaires étrangères a déclaré que Safadi et Ashkenazi avaient discuté « d’un certain nombre de préoccupations en suspens, notamment les droits sur l’eau, la levée des restrictions sur les exportations jordaniennes vers la Cisjordanie, la fourniture d’électricité supplémentaire par la Jordanie à l’Autorité palestinienne et la gestion des mouvements transfrontaliers, après leur interruption en raison de la pandémie de coronavirus ».

La Jordanie a également déclaré que Safadi avait prévenu Ashkenazi qu’« Israël devait cesser toute initiative qui pourrait mettre en danger les chances de paix avec les Palestiniens sur la base d’une solution à deux États », et a appelé Israël à mettre un terme à ce qu’il a qualifié d’actions de provocation à la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple de Jérusalem et à respecter le statu quo historique.

Le cabinet de Safadi a également affirmé qu’il avait insisté sur la nécessité de relancer les négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens à la lumière de la récente décision de l’Autorité palestinienne de reprendre la coordination sécuritaire avec Israël.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman al-Safadi, s’exprime lors d’une conférence conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, à Amman, la capitale jordanienne, le 6 janvier 2018. (Crédit : AFP Photo / Khalil Mazraawi)

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé la tenue de la réunion, mais a refusé de fournir plus de détails.

En parallèle, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a appelé vendredi les Palestiniens à revenir à la table des négociations.

« L’ensemble du Moyen-Orient est en mutation, et d’importants processus régionaux se sont mis en marche, notamment les accords de normalisation [d’Israël] avec des nations arabes, qui participent… au développement économique et à la stabilité de la région. »

« Ne restez pas à la traîne. C’est dans votre intérêt de vous intégrer, de revenir à la table des négociations et de donner un horizon et de l’espoir aux générations à venir. »

Lors d’une conférence sur le Moyen-Orient, organisée mercredi via Zoom par une organisation de recherche italienne, Safadi a déclaré qu’il espérait qu’Israël profiterait de l’occasion offerte par les accords d’Abraham – les accords de normalisation entre Israël et le Bahreïn et les Émirats arabes unis – pour faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens.

Lors de cette conférence, Safadi a également affirmé que le nouveau gouvernement américain du président-élu Joe Biden a annoncé qu’il prendrait des mesures pour permettre la reprise du processus de paix.

Il a déclaré : « La normalisation ne doit pas être pensée comme une alternative qui remplace une solution au conflit, mais plutôt donner à Israël la motivation de continuer sur la voie de la paix. » Il a ajouté que les actions israéliennes en Cisjordanie et les déclarations des politiciens israéliens avaient jusqu’ici « saboté » le processus de paix.

Sans doute les commentaires de Safadi sur les provocations au mont du Temple et le respect du statu quo historique pourraient-ils être plus compréhensibles à la lumière de la réunion largement commentée – mais pas officiellement confirmée – entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le puissant prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed bin Salman dans la ville saoudienne de Neom au mois de novembre.

Cette réunion a signalé un semblable réchauffement des liens entre Jérusalem et Riyad, ce qui aurait provoqué des inquiétudes à Amman, au sujet d’un possible transfert de la garde du mont du Temple des Jordaniens aux Saoudiens par Israël.

Un masque protecteur sur le sol pendant les prières de l’Aïd al-Adha, à côté du Dôme du Rocher dans l’enceinte du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 juillet 2020. (AP Photo / Mahmoud Illean, File)

La monarchie hachémite jordanienne est la gardienne du site depuis 1924, par l’intermédiaire du Waqf, un conseil nommé par la Jordanie qui supervise les lieux saints musulmans à Jérusalem.

Le Waqf revendique l’autorité exclusive sur l’enceinte du mont du Temple et affirme qu’il n’est pas soumis à la juridiction israélienne. Les tensions s’intensifient souvent sur le site.

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