La Knesset rejette une loi visant à écarter Netanyahu du pouvoir
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La Knesset rejette une loi visant à écarter Netanyahu du pouvoir

Les élus se sont opposés, à 53 voix contre 37, au texte de Yaïr Lapid, visant à disqualifier Netanyahu, inculpé dans plusieurs affaires, en cas de nouvelles élections

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, à la Knesset, le 12 août 2020. (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, à la Knesset, le 12 août 2020. (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Le Parlement israélien a rejeté mercredi un projet de loi visant à empêcher une personne inculpée, comme le Premier ministre Benjamin Netanyahu, de former un gouvernement, lors d’un vote toutefois révélateur des tensions dans la fragile coalition gouvernementale.

Les députés se sont opposés, à 53 voix contre 37, au projet de loi du chef de l’opposition Yaïr Lapid, visant à disqualifier M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d’affaires, en cas de nouvelles élections.

Mais le parti centriste Kakhol lavan de Benny Gantz, qui s’est allié en mai au parti Likud de Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement d’union, n’a pas pris part au vote.

L’opposition avait appelé les troupes de M. Gantz, qui avait fait de la probité son cheval de bataille politique, à voter en faveur de ce projet. Un député du Likud, Miki Zohar, avait de son côté affirmé lundi que « si Kakhol lavan vote en faveur de cette loi, il y aura des élections ».

« Notre position fondamentale sur ce sujet n’a pas changé (…) mais voter cette loi maintenant est tout simplement une tentative de déstabiliser tout le système politique », a indiqué le parti Kakhol lavan, avant le vote de mercredi.

Le refus du parti centriste de soutenir ce projet de loi de l’opposition permet d’éviter la dissolution immédiate du Parlement mais ne résout pas la crise autour du vote du budget, principale pierre d’achoppement dans les relations entre MM. Netanyahu et Gantz.

Benny Gantz exige que le budget soit adopté pour deux ans afin d’assurer une stabilité du gouvernement, comme le stipule l’accord de coalition, tandis que Benjamin Netanyahu souhaite un budget d’un an, arguant que l’épidémie de nouveau coronavirus empêche de prévoir plus loin.

Le budget doit être voté d’ici le 25 août sans risquer la dissolution de la chambre. Face à l’impasse, les députés ont voté mercredi en première lecture un projet de loi pour repousser cette échéance de 100 jours sans toutefois régler sur le fond le différend entre MM. Netanyahu et Gantz.

La presse locale, elle, s’interroge sur la volonté de Benjamin Netanyahu, accusé de corruption et de mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 par des milliers de manifestants, de chercher à faire éclater la coalition pour provoquer de nouvelles élections et tenter de former un gouvernement sans Benny Gantz.

« Il (Netanyahu) est déjà en campagne, il veut une élection », a déclaré mercredi au Parlement M. Lapid.

« A l’heure actuelle, on ne peut pas faire de prévisions même si l’impression générale est que Netanyahu veut avancer vers les élections et ne veut pas céder sur le budget », explique à l’AFP Ilan Greilsammer, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel Aviv.

« Je ne suis pas certain qu’il (Netanyahu) sache lui-même ce qui est bon pour lui à ce stade », ajoute-t-il.

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