La mère du suspect des alertes à la bombe : mon fils est autiste et ne sait pas ce qu’il fait
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La famille craint que les Etats-Unis ne demandent son extradition

La mère du suspect des alertes à la bombe : mon fils est autiste et ne sait pas ce qu’il fait

La mère de l’ado affirme que sa tumeur au cerveau est responsable de ses actes, “il ne peut pas se contrôler, il ne peut pas penser correctement”

La mère d'un adolescent israélo-américain qui serait responsable de centaines d'appels de menace à la bombe contre des institutions juives sur plusieurs continents pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne, le 1er avril 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
La mère d'un adolescent israélo-américain qui serait responsable de centaines d'appels de menace à la bombe contre des institutions juives sur plusieurs continents pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne, le 1er avril 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

La mère d’un adolescent israélo-américain qui serait responsable de centaines de fausses alertes à la bombe proférées contre des institutions juives aux Etats-Unis a déclaré que son fils souffrait d’autisme et ne pouvait pas contrôler ses actions en raison d’une tumeur au cerveau.

La mère, qui a parlé, visage masqué, à la Deuxième chaîne lors d’un entretien diffusé samedi soir, a déclaré qu’elle avait été « choquée » de découvrir que son fils était responsable des menaces, et qu’elle aurait souhaité « l’avoir su et  pouvoir l’en empêcher ».

Elle a cependant souligné que son fils n’était pas responsable de ses actes.

« Mon fils n’est pas un criminel, il ne sait pas ce qu’il fait », a-t-elle déclaré, répétant ce qu’avait dit l’avocate du suspect : une tumeur non maligne du cerveau a été découverte il y a quelques années, qui aurait une influence néfaste sur son comportement.

Un adolescent israélo-américain, au centre, soupçonné d'avoir passé des centaines d'appels menaçants contre des institutions juives, devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 30 mars 2017. (Crédit : Flash90)
Un adolescent israélo-américain, au centre, soupçonné d’avoir passé des centaines d’appels menaçants contre des institutions juives, devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 30 mars 2017. (Crédit : Flash90)

L’adolescent, dont la famille vit à Ashkelon, a été placé en détention provisoire pour une semaine de plus jeudi dernier. Il encourt le risque d’être accusé d’extorsion, d’avoir proféré des menaces, d’avoir publié de fausses informations et d’avoir propagé peur et panique. Son nom fait l’objet d’un embargo en Israël, et il n’a été identifié que par son initiale, M., dans le reportage de la chaîne.

La police affirme qu’il est responsable de toute une série de menaces proférées contre des centres communautaires juifs et d’autres institutions juives aux Etats-Unis ces derniers mois, et il aurait passé des centaines d’appels menaçants ces deux à trois dernières années, ciblant des écoles et d’autres instituions publiques aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, et en Nouvelle-Zélande.

Il avait une antenne dans sa chambre, qui lui permettait d’être connecté à internet sans être facilement retrouvable, et utilisait une technologie de modification de sa voix.

Le père du suspect, qui travaille dans la high-tech et a été arrêté par la police en même temps que son fils, car il aurait fermé les yeux devant les activités de l’adolescent, et a été placé jeudi en résidence surveillée par la cour des magistrats de Rishon Lezion.

Le père d'un adolescent juif israélo-américain accusé d'avoir lancé des dizaines d'alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, devant le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Le père de l’adolescent juif israélo-américain accusé d’avoir lancé des dizaines d’alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, devant le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Sa mère, qui parle un hébreu avec un accent américain et n’a été identifiée que comme « C. », a déclaré qu’il était évident depuis qu’il était petit que son fils, même s’il était très intelligent, ne pouvait pas s’en sortir dans le système scolaire classique.

Elle a indiqué qu’elle avait 40 ans quand il est né, aux Etats-Unis, et qu’il avait un très large périmètre crânien. Ses compétences ne se sont pas développées à une vitesse normale, mais il était doué pour résoudre les énigmes. Il avait ensuite été diagnostiqué autiste.

« Il ne pouvait pas s’asseoir, il marchait en rond, en tremblant », a-t-elle déclaré au sujet de son incapacité à se concentrer sur une tâche. Ecrire et écouter posaient aussi des problèmes.

Il ne pouvait pas gérer le cadre normal d’une éducation pré-scolaire, a-t-elle déclaré. Lorsqu’ il a eu six ans, la famille s’est installée en Israël, et il ne pouvait pas aller à l’école.

Les parents de l’enfant ont décidé de lui enseigner l’école à la maison, et la femme a abandonné son emploi de biochimiste pour s’occuper de son fils, du CP à la terminale.

La mère d'un adolescent israélo-américain qui serait responsable de centaines d'appels de menace à la bombe contre des institutions juives sur plusieurs continents pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne, le 1er avril 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
La mère d’un adolescent israélo-américain qui serait responsable de centaines d’appels de menace à la bombe contre des institutions juives sur plusieurs continents pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne, le 1er avril 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Elle a montré aux journalistes de la Deuxième chaîne quelques obsessions de son fils, qui dessine sans fin des cartes, créé des jeux complexes pour lui avec des listes de nombres incompréhensibles, et collectionne et catalogue les tickets, de bus comme de train.

Elle a déclaré que son fils n’avait presque jamais quitté leur maison, et passé quasiment tout son temps seul. Il n’a pas d’ami, a-t-elle déclaré.

« Je n’en sais pas beaucoup plus, il s’assoit devant son ordinateur, a-t-elle déclaré. Je travaillais. Je travaille la nuit. Je suis au travail toute la nuit, je rentre et je dors. »

Elle a ajouté qu’elle avait discuté des récentes menaces à la bombe avec son fils, car elle était inquiète pour ses amis juifs américains. Son fils, a-t-elle déclaré, s’est aussi inquiété des appels menaçants contre des cibles juives. « Ce n’est pas logique. C’est un enfant qui aime le judaïsme. »

Shira Nir, l'avocate d'un adolescent israélo-américain soupçonné d'avoir passé des centaines d'appels menaçants à des institutions juives, présentant à la cour des magistrats de Rishon Lezion ce qui serait une image de la tumeur au cerveau de son client, le 30 mars 2017. (Crédit : Flash90)
Shira Nir, l’avocate d’un adolescent israélo-américain soupçonné d’avoir passé des centaines d’appels menaçants à des institutions juives, présentant à la cour des magistrats de Rishon Lezion ce qui serait une image de la tumeur au cerveau de son client, le 30 mars 2017. (Crédit : Flash90)

La mère a déclaré qu’elle était « extrêmement désolée de ce qui est arrivé », mais que ce n’était « pas la faute » de son fils.

« C’est la tumeur. Cela pourrait arriver à n’importe qui avec une tumeur dans la tête, a-t-elle déclaré. Il est autiste, il ne peut pas le contrôler, il ne peut pas penser correctement. Il a besoin d’aide médicale. »

L'adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d'avoir lancé des dizaines d'alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu'il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L’adolescent juif israélo-américain, au centre, qui a été accusé d’avoir lancé des dizaines d’alertes à la bombe antisémites aux Etats-Unis et ailleurs, escorté par des gardes alors qu’il quitte le tribunal de Rishon Lezion, le 23 mars 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le quotidien Yedioth Ahronoth a annoncé dimanche dernier que l’adolescent avait passé plus de 1 000 appels menaçants ces deux dernières années, dont deux à Delta Airlines, ce qui avait entraîné l’atterrissage d’urgence d’avions déjà en vol.

La police israélienne n’a réussi à identifier le suspect que lorsque le président américain Donald Trump a envoyé une équipe de 12 agents du FBI en Israël ces dernières semaines, a indiqué Haaretz.

Les agents du FBI sont toujours impliqués dans l’interrogatoire du suspect, a annoncé la Deuxième chaîne, et la famille craint que les Etats-Unis ne demandent son extradition.

Voici un enregistrement et la traduction de l’une des menaces à la bombe, passée le 18 janvier dernier.

TRADUCTION :

C’est une bombe au C-4 avec beaucoup d’éclats, entourés d’un sac [inaudible]. D’ici peu, beaucoup de juifs vont être assassinés. Leurs têtes vont être explosées par les éclats. Il y aura beaucoup d’éclats. Ça va être un bain de sang qui aura lieu dans peu de temps. Je pense que je vous en ai assez dit. Je dois y aller.

Tamar Pileggi a contribué à cet article.

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