La ministre de la Santé française appelle Israël à une meilleure reconnaissance des diplômes
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La ministre de la Santé française appelle Israël à une meilleure reconnaissance des diplômes

Marisol Touraine compte préparer le système médical français à la gestion des catastrophes, à encourager l’innovation et la reconnaissance de la formation médicale française

  • La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine en visite des installations d'urgence de l'hôpital Ichilov à Tel Aviv, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
    La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine en visite des installations d'urgence de l'hôpital Ichilov à Tel Aviv, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
  • La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine rencontre les Français d'Israël, Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
    La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine rencontre les Français d'Israël, Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
  • La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine à la Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
    La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine à la Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
  • La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Yaakov Litzman, ministre de la Santé , le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
    La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Yaakov Litzman, ministre de la Santé , le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
  • La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Patrick Maisonnave, Ambassadeur de France, à Yad Vashem, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
    La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Patrick Maisonnave, Ambassadeur de France, à Yad Vashem, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)

La ministre française des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, est arrivée en Israël jeudi pour promouvoir la coopération entre la France et l’État hébreu en matière de santé et de gestion des crises sanitaires.

Ce déplacement s’inscrit dans le prolongement direct des attentats du 13 novembre qui ont profondément meurtri la France. Ces événements ont amené la ministre à s’interroger sur les moyens d’améliorer la préparation du système de santé français face aux menaces qui pèsent encore sur l’Hexagone.

Mme Touraine a donc rencontré son homologue israélien, Yaakov Litzman, et visité plusieurs établissements scientifiques et médicaux, où elle a évoqué un renforcement des échanges franco-israéliens sur le plan médical.

La France et Israël solidaires face au terrorisme

Comme nombre de diplomates en tournée en Israël, Mme Touraine a commencé sa visite en se rendant au mémorial de la Shoah, Yad Vashem à Jérusalem, où elle a déposé une gerbe en mémoire des « six millions de Juifs victimes de la barbarie nazie ».

Elle s’est ensuite recueillie sur la tombe des victimes de l’attentat de l’Hyper Casher. « Venir ici c’est aussi, pour une ministre française, dire clairement que le gouvernement doit tout faire et s’engager pour lutter contre l’antisémitisme », a déclaré Mme Touraine jeudi soir, devant des représentants de la communauté française qu’elle a rencontrés à la résidence de l’ambassadeur, Patrick Maisonnave, à Yaffo.

« L’année 2015 a été pour la France et les Français une année douloureuse. Vous avez, vous plus que d’autres, la conscience de ce que cette douleur peut représenter puisque vous vivez dans un pays qui est confronté – et vous êtes vous-mêmes parfois confrontés – à cette violence aveugle qui tue et agresse des hommes et des femmes pour ce qu’ils sont. À plusieurs reprises, des hommes et des femmes de ce pays ont été tués et agressés parce qu’ils étaient juifs et cela, nous ne l’acceptons pas. Nous le clamons haut et fort. C’est aussi pour cette raison que ce matin j’ai souhaité m’incliner sur la tombe des victimes », a-t-elle déclaré à ses hôtes juifs franco-israéliens réunis à la Maison de France, située à Yaffo.

La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine rencontre les Français d'Israël, Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine rencontre les Français d’Israël, Maison de France, à Jaffa, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)

Jeudi matin, Mme Touraine a rencontré le ministre israélien de la Santé, Yaakov Litzman, avec lequel elle s’est mise d’accord sur le principe d’un accord de coopération.

Interrogée sur la portée de cet accord par le Times of Israel, Mme Touraine a expliqué qu’elle avait été frappée de constater que « le niveau de coopération entre les deux pays était en deçà de ce qu’il devrait être ».

Les deux pays « faisant face à des défis communs », la ministre française a souhaité s’engager dans un accord de coopération visant à atteindre plusieurs objectifs : la préparation du système médical à la gestion des catastrophes (attentats, accidents,…), l’encouragement de l’innovation et la reconnaissance de la formation médicale française.

Échanger avec Israël pour améliorer la gestion des crises

Mme Touraine a annoncé qu’une mission allait se mettre en place pour permettre à des équipes de médecins français d’échanger avec leurs homologues israéliens sur la gestion des crises sanitaires, tels les attentats.

Dès la mi-avril, l’un de ses conseillers « va venir au sein de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv pour piloter cette mission de coordination entre la France et Israël ». Le professeur Pierre Carli, médecin-chef du SAMU, « qui a été aux avant-postes lors des attentats de Paris » et ses collègues viendront « voir comment la France peut améliorer la prise en charge psychologique et l’identification des victimes ».

La ministre a affirmé que même si le système médical français avait été à la hauteur lors des attentats du 13 novembre, sa démarche vise à anticiper d’éventuelles crises à venir.

La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine en visite des installations d'urgence de l'hôpital Ichilov à Tel Aviv, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine en visite des installations d’urgence de l’hôpital Ichilov à Tel Aviv, le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)

Mme Touraine a donc visité jeudi le centre médical Ichilov, reconnu comme un pionnier de la médecine d’urgence et de la prise en charge des victimes d’attentats, grâce à une organisation et une conception entièrement réfléchies pour apporter une réponse rapide et efficace aux victimes et à leurs proches.

La ministre a affirmé avoir eu des « échanges extrêmement intéressants » sur plusieurs sujets « techniques et concrets » avec le Professeur Pinhas Halpern, directeur du département de la médecine d’urgence à Ichilov. Celui-ci lui a notamment présenté une salle d’hôpital d’urgence, installée dans les parkings souterrains du centre médical, pouvant accueillir 700 lits en cas de crise et de menace pour l’hôpital et ses patients.

Vers une meilleure reconnaissance de la formation médicale

Le deuxième objectif de la visite de Mme Touraine en Israël concerne la formation médicale en France.

La ministre a confié au Times of Israël qu’elle avait proposé au ministre Litzman et à ses équipes de venir en France constater « l’excellence du système de formation français, pour qu’il soit mieux connu et reconnu en Israël ».

Le but étant d’une part, de permettre aux Juifs français souhaitant s’installer en Israël de profiter d’une meilleure reconnaissance de leurs qualifications, d’autre part, d’inciter les étudiants israéliens à venir poursuivre leurs études médicales en France.

La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Yaakov Litzman, ministre de la Santé , le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)
La ministre française de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine et Yaakov Litzman, ministre de la Santé , le 31 mars 2016. (Crédit : Ambassade de France en Israël / Marine Crouzet)

La ministre a rappelé avoir récemment fait passer une loi mettant en place un « système de fellowship à la Française » pour permettre aux étudiants étrangers, dans le cadre d’une coopération internationale, de venir se former dans des universités de médecine et des hôpitaux français.

Mme Touraine a, par ailleurs, salué les lois adoptées par la Knesset pour faciliter la reconnaissance des qualifications des dentistes et des professions non médicales, exprimant le souhait de voir ces mesures élargies aux médecins.

La ministre a également souligné les améliorations apportées par son gouvernement à la situation des Français à l’étranger, évoquant la possibilité pour ces derniers de disposer d’une Carte vitale. Mme Touraine a aussi rappelé l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2017, du décret de 2013 relatif aux certificats de vie mutualisés permettant de plus facilement faire valoir ses droits en matière de retraite.

Renforcement de la coopération entre les deux nations start-up

La ministre française de la Santé a également visité jeudi le réputé Institut des sciences Weizmann de Rehovot, puis rencontré vendredi matin des créateurs de start-ups et des entrepreneurs israéliens dans le domaine de la santé.

Rappelant que « la France est devenue le premier pays pour les start-ups en Europe », Mme Touraine a affirmé qu’elle souhaite renforcer les échanges avec l’État hébreu en matière d’innovation. « Israël a une compétence et un savoir-faire en la matière, une créativité et un engagement qui sont extrêmement spectaculaires. Des échanges entre nos deux pays sont particulièrement intéressants et utiles », a expliqué la ministre.

« Israël est un pays fait de contrastes, un pays qui porte le poids d’une belle et tragique histoire, mais aussi un pays qui chaque jour davantage s’inscrit dans une modernité dynamique et positive tournée vers le monde », a par ailleurs affirmé la Mme Touraine.

« Israël est un pays particulier et la relation que nous entretenons avec lui est elle-même très exceptionnelle, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit pas parfois empreinte de passion, de tourments et d’interrogations », a déclaré la ministre, lors de la réception organisée en son honneur à la résidence de l’ambassadeur.

Et d’ajouter : « Israël est à l’évidence un pays qui ne laisse pas indifférent, un pays qui provoque à la fois de l’émotion et du respect, qui amène à se pencher sur notre histoire collective. »

Mme Touraine a également évoqué « le boycott académique, artistique et économique d’Israël » et souligné que sa visite constituait une réponse. Elle a d’ailleurs affirmé que dans le secteur de la médecine, elle était confrontée à ce boycott, notamment lorsque des patients refusent qu’on leur vende des médicaments faits en Israël. « Et cela existe, on le sait, car il y a de très belles réussites dans le secteur pharmaceutique », a-t-elle rappelé.

Samedi et dimanche, la ministre a poursuivi sa visite dans les territoires sous contrôle palestinien, où elle a notamment inauguré une nouvelle pharmacie centrale, ouverte à Naplouse. « Je veux saisir cette occasion pour souhaiter aux Palestiniens et aux Israéliens la paix qu’ils méritent tant. La France fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider à progresser sur le chemin », a affirmé Mme Touraine.

Fin janvier, Laurent Fabius avait provoqué une vive réaction de l’Etat hébreu en proposant d’organiser une conférence internationale pour relancer un processus de paix au point mort, ajoutant qu’en cas d’échec, la France reconnaîtrait l’Etat palestinien. Son successeur, Jean-Marc Ayrault, a plus tard clarifié qu’il ne s’agissait pas d’une reconnaissance « automatique. »

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