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La nourriture livrée à Gaza plus que suffisante pour les besoins de la population – étude

La nourriture livrée par les points de passage "a fourni en moyenne 3 163 calories par personne et par jour" aux habitants de Gaza, soit 40 % de plus que la norme humanitaire acceptée pour l'apport calorique quotidien

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des Palestiniens armés et masqués sur des camions chargés d'aide humanitaire internationale entrant à Gaza via le point de passage israélien de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 avril 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des Palestiniens armés et masqués sur des camions chargés d'aide humanitaire internationale entrant à Gaza via le point de passage israélien de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 avril 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Un groupe d’éminents universitaires et responsables de la santé publique, qui ont rédigé un document de travail sur la quantité de nourriture entrant dans la bande de Gaza pendant la guerre, ont conclu que l’approvisionnement de janvier à avril était suffisant pour répondre aux besoins quotidiens en énergie et en protéines de la population.

En analysant les données du COGAT du ministère la Défense, qui incluent le poids des envois spécifiques de nourriture et des colis alimentaires standardisés livrés à Gaza, les auteurs ont constaté que la disponibilité énergétique moyenne sur quatre mois était de 3 163 kcal par personne et par jour.

Ce chiffre dépasse de loin la norme largement acceptée de 2 100 kcal par personne et par jour fixée par l’organisation humanitaire Sphère pour la quantité minimale d’aide alimentaire requise en réponse à une crise.

Cette nouvelle étude fait suite à l’annonce fracassante du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, qui a fait savoir lundi qu’il demandait des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour avoir délibérément affamé les Palestiniens de Gaza en guise de méthode de guerre.

« Cette analyse approfondie confirme que la quantité de nourriture livrée par habitant devrait être suffisante pour l’ensemble de la population de Gaza et qu’elle est conforme aux recommandations humanitaires de Sphère concernant l’acheminement de l’aide alimentaire aux populations touchées par un conflit au cours de la période considérée », selon les conclusions de la nouvelle étude.

Les auteurs ont également constaté que la quantité de nourriture entrant dans la bande de Gaza était « nettement plus importante » au cours de la période janvier-avril que pendant la période précédant le 7 octobre.

Les camions qui, selon l’agence COGAT du ministère israélien de la Défense, sont entrés dans Gaza le 16 mai 2024. (Avec l’aimable autorisation du COGAT)

L’étude a été rédigée par la Dr Naomi Fliss Isakov, responsable de la recherche au département de la nutrition du ministère israélien de la Santé (MOH), la professeure Dorit Nitzan, directrice du programme de maîtrise en médecine d’urgence à l’école de santé publique de l’Université Ben Gurion et ancienne directrice régionale des urgences de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la région européenne, Moran Blaychfeld Magnazi, directrice adjointe de la division de la nutrition au ministère de la Santé, le Prof. Aron Troen de l’École des sciences de la nutrition de l’Université hébraïque ; le Dr Sharon Alroy-Preis, chef de la direction de la santé publique au ministère de la Santé ; et la Pr Ronit Endevelt (PhD) de l’Université de Haïfa et directrice de la division de la nutrition au ministère de la Santé.

L’article fait actuellement l’objet d’un examen par les pairs au sein de la revue Israel Journal of Health Policy Research, ce qui signifie que les résultats sont provisoires et que les conclusions pourraient être modifiées, soulignent les auteurs de l’étude.

Un autre élément important qui ressort de l’étude est que seulement 54 % des palettes transférées à Gaza ont été envoyées par l’Organisation des Nations unies (ONU) et les agences humanitaires opérant dans le territoire.

Dans une requête adressée à la Haute Cour de justice en avril, demandant au gouvernement d’augmenter l’aide à Gaza, les organisations humanitaires avaient affirmé que les agences d’aide opérant dans le territoire éprouvaient de grandes difficultés à coordonner la distribution de l’aide à Gaza en raison des hostilités, et que Tsahal avait rejeté un grand nombre de demandes de distribution à l’intérieur de l’enclave côtière, ce qui, selon elles, était l’une des principales causes du manque d’accès à la nourriture et de la malnutrition qui en résultait.

Le gouvernement a informé la Cour en avril dernier qu’il n’avait rejeté que 1,5 % de ces demandes. La COGAT a toujours maintenu qu’elle transférait plus d’aide que les agences humanitaires n’en envoyaient. Au 21 mai, le COGAT a indiqué que 650 camions de fournitures avaient été transférés à Gaza et attendaient d’être collectés et distribués.

S’adressant au Times of Israel, Troen a reconnu que la question de la distribution de l’aide alimentaire à Gaza était cruciale pour garantir que la population palestinienne ait accès à la nourriture livrée, mais il a insisté sur le fait que cette responsabilité incombait aux agences d’aide sur le terrain et aux autorités palestiniennes à Gaza.

Les accusations de grave insécurité alimentaire, de malnutrition et même de famine font partie intégrante des accusations de génocide contre les Palestiniens portées contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ) et de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI).

La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, a déclaré le 3 mai qu’il régnait une « véritable famine » dans le nord de la bande de Gaza.

Des enfants palestiniens souffrant de malnutrition soignés dans un centre de santé à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 mars 2024. (Mohammed Abed/AFP)

Interrogé sur les données sur lesquelles se fondait cette affirmation, un porte-parole du PAM a répondu que les données les plus récentes provenaient d’une étude de la classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC), publiée dans un rapport à la mi-mars.

Ce rapport, cité par la CIJ dans ses ordonnances du 28 mars contre Israël, indiquait que la famine était imminente à Gaza et que 677 000 personnes se trouvaient déjà au niveau de catastrophe de la phase 5 de son échelle d’insécurité alimentaire, ce qui correspond à la famine pour les ménages.

Le site web de l’IPC indique que dans les zones touchées par la famine, le taux brut de mortalité peut être défini comme allant d’une à cinq personnes pour 10 000 par jour.

Selon le chiffre le plus bas, cela signifierait qu’au moins 68 personnes seraient mortes de faim à Gaza chaque jour, au cours des derniers mois.

L’IPC n’a pas répondu aux demandes de commentaires envoyées à plusieurs fonctionnaires leur demandant s’il disposait de nouvelles données sur la mortalité due à la famine à Gaza, ou de nouvelles données sur le niveau d’insécurité alimentaire dans le territoire.

Le rapport de mars de l’IPC indique qu’il « n’a pas eu accès à des preuves représentatives de la mortalité non traumatique, comme l’exigent les protocoles de l’IPC », ce qui signifie essentiellement qu’il ne dispose pas de données sur les décès dus à la famine.

Les dernières données publiées par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) sur les décès dus à la famine remontent au 15 mars, citant des chiffres du ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui indiquaient que 31 personnes, dont 27 enfants, étaient mortes de malnutrition et de déshydratation.

La nouvelle étude israélienne a analysé les données sur les cargaisons de nourriture livrées dans la bande de Gaza par voie terrestre entre janvier et avril 2024, fournies par le COGAT, qui comprenaient le poids brut de chaque envoi et son contenu.

Une image de ce que l’agence Coordination des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense israélien dit être des envois d’aide provenant de 650 camions d’aide humanitaire en attente de collecte et d’expédition par l’ONU et les agences d’aide après avoir été transférés à Gaza, le 21 mai 2024. (Crédit : COGAT)

Contrairement aux données fournies par l’UNRWA, l’agence d’aide des Nations unies pour les Palestiniens, les rapports du COGAT comprennent des données sur l’aide fournie par de multiples sources, telles que les dons nationaux et le secteur privé, et pas uniquement par les agences des Nations unies.

La teneur en énergie (kcal/tonne), en protéines (gm/tonne), en matières grasses (gm/tonne) et en fer (mg/tonne) de chaque envoi, qu’il s’agisse d’aliments spécifiques ou de colis alimentaires standard, a été estimée par l’étude à l’aide de valeurs de composition des aliments basées sur la base de données du ministère américain de l’agriculture.

Les colis alimentaires standard sont des paquets de riz ou de pâtes, de légumes secs, d’huile et de sucreries.

Au total, les données de 14 916 camions pesant 227 853,8 tonnes de produits alimentaires enregistrés dans la base de données COGAT ont été analysées dans le cadre de l’étude.

Selon le document, le nombre moyen de calories disponibles par personne et par jour à Gaza en janvier était de 3 076 kcal. En février, ce chiffre est tombé à 1 741 kcal, avant de remonter à 3 446 kcal en mars, puis à 4 580 kcal en avril.

L’étude a évalué que les quantités de nourriture et leurs valeurs nutritionnelles en termes d’énergie et de protéines répondaient aux normes humanitaires, bien que les graisses alimentaires et le fer soient inférieurs aux valeurs recommandées.

Les lignes directrices de Sphère prévoient 2 100 kcal par personne et par jour, bien que les besoins alimentaires de la population de Gaza, ajustés en fonction de l’âge, soient de 1 898 kcal en raison de la prépondérance des enfants dans la population.

Il ressort de cette étude que 3 211 kcal par personne et par jour ont été transférées à Gaza par les points de passage israéliens pour le transport de marchandises entre janvier et avril.

L’étude indique également que le contenu alimentaire des cargaisons est « diversifié et augmente d’un mois à l’autre en termes de quantités et de valeurs nutritionnelles ».

Troen a souligné que l’analyse en cours des aliments transportés par d’autres voies, en particulier par voie aérienne et maritime, a permis d’obtenir des estimations encore plus élevées de la valeur nutritionnelle disponible.

Il a indiqué que le groupe d’universitaires et d’experts en santé publique qui a rédigé le document l’a fait parce que « nous prenons tous très au sérieux les préoccupations liées à une crise humanitaire », et craignions que l’image des efforts déployés par Israël pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza ne soit inexacte.

Il a également fait référence aux nombreuses informations selon lesquelles des combattants du Hamas se seraient emparés de cargaisons d’aide et de convois d’aide pillés par les Palestiniens pour expliquer pourquoi l’aide n’est pas parvenue à ceux qui en ont besoin.

« Nous aimerions voir une amélioration dans la distribution de nourriture à Gaza, et que le Hamas soit tenu pour responsable des entraves qu’il y met », a affirmé Troen. « Où sont l’autonomie et la responsabilité palestiniennes pour faire face à ce grave problème ? Si la Palestine est un État, elle a des obligations au même titre qu’Israël. »

« Je ne nie pas qu’il y ait de graves souffrances et de très grands besoins à Gaza. Mais en tant que membres de la communauté des nations qui croient au respect des droits de l’homme, nous ne pourrons y parvenir qu’au travers d’un effort collectif crédible, basé sur des informations réelles, et non pas en utilisant de maigres informations, qui se transforment en désinformation, et finalement en diabolisation d’Israël ».

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