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La police blanchie pour le décès d’un étudiant arabe pendant une fusillade

Ahmad Hejazi, 22 ans, a été tué alors que des policiers et de présumés criminels échangeaient des coups de feu à Tamra, dans le nord d’Israël

Ahmad Hijazi, étudiant infirmier, qui a été tué par des tirs croisés entre la police et des criminels armés, le 2 février 2021. (Autorisation : Famille Hijazi)
Ahmad Hijazi, étudiant infirmier, qui a été tué par des tirs croisés entre la police et des criminels armés, le 2 février 2021. (Autorisation : Famille Hijazi)

Le ministère de la Justice a clos dimanche l’enquête sur le décès d’un étudiant arabe en soins infirmiers au cours d’une fusillade entre la police et des criminels armés, affirmant que les policiers avaient agi de façon appropriée.

Ahmad Hijazi, un étudiant en soins infirmiers de 22 ans de Tamra, est tombé en février dernier sous les coups de feu croisés entre la police et des criminels présumés. Sa mort a fait les gros titres en Israël et a contribué à alimenter un débat national sur la montée de la violence armée dans les villes arabes.

Le département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice, a déclaré que la décision des policiers de tirer les balles soupçonnées d’avoir tué Hijazi était appropriée compte tenu des circonstances.

Des policiers ont tendu une embuscade à trois Israéliens arabes armés à Tamra, une petite ville du nord d’Israël, dans un quartier résidentiel. L’un des tireurs s’est enfui dans une ruelle près de la maison de Hijazi et a commencé à tirer sur les policiers, qui ont riposté.

Des milliers de personnes assistent aux funérailles d’Ahmad Hijazi, un étudiant infirmier de vingt ans, près de la ville arabe de Tamra, (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Les enquêteurs du département des enquêtes internes de la police ont conclu que Hijazi et un autre homme, Mohammad Armoush, ont quitté leur domicile après avoir entendu les coups de feu et sont entrés dans la ligne de tir. Armoush a été blessé.

« Les policiers, comme les résidents civils de la région, couraient un danger mortel immédiat. Compte tenu de cela, les policiers ont tiré sur les [hommes armés] masqués pour tenter de se protéger et de protéger ceux qui les entouraient », a déclaré le département des enquêtes internes de la police dans un communiqué.

« Dans la situation dangereuse dans laquelle ils se trouvaient, [la fusillade] équivalait à de l’autodéfense », ont conclu les enquêteurs.

Les funérailles d’Hijazi ont attiré des milliers de personnes qui ont vu sa mort comme le rappel que des violences armées affligent les villes arabes israéliennes. A l’époque, beaucoup ont déploré sa mort comme emblématique de la peur des communautés arabes israéliennes à l’égard du crime organisé et de la violence potentielle qui survient lorsque le gouvernement tente de la combattre.

La décision de clore l’affaire contre les policiers a immédiatement attiré les critiques de groupes de la société civile israélo-arabe. Le département des enquêtes internes de la police a souvent été critiqué pour avoir rarement inculpé des policiers qui utilisent la force d’une manière mortelle.

« Nous n’étions pas optimistes. Ils n’accusent jamais la police d’être imprudente avec les vies arabes », a déclaré Jabr Hijazi, le frère d’Ahmad, lors d’un appel téléphonique avec le Times of Israël.

L’an dernier, 126 Arabes israéliens et Palestiniens ont été tués en Israël dans des homicides apparents. Neuf autres, dont Hijazi, ont été tués par la police.

Le gouvernement s’est engagé à mettre fin à la hausse de la violence et de la criminalité dans les villes arabes. Selon l’association Abraham Initiatives, 13 Arabes israéliens ont été assassinés en Israël cette année.

« Au cours de la dernière année, nous avons constaté une infime amélioration. Mais c’est loin d’être suffisant. Nous voyons encore des fusillades, des meurtres et des crimes, tous les jours », a déclaré Jabr Hijazi.

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