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La police déploie 4 compagnies de réserve dans un contexte de violences croissantes

Les restrictions sur le camp de réfugiés de Shuafat seront assouplies malgré les recherches d'un terroriste palestinien ; Des affrontements dans le nord de la Cisjordanie

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un policier dans le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, lors d'affrontements avec des Palestiniens, le 12 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Un policier dans le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, lors d'affrontements avec des Palestiniens, le 12 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, a ordonné jeudi le rappel immédiat de quatre compagnies policières de réserve dans un contexte de troubles croissants à Jérusalem-Est, après des heures d’affrontements dans les quartiers palestiniens de la ville la nuit précédente.

Malgré la mobilisation prévue des forces de l’ordre, Barlev a noté que les restrictions sur le camp de réfugiés de Shuafat, où l’essentiel des violences ont eu lieu, seraient assouplies autant que possible.

« Les incidents qui ont eu lieu la nuit dernière sont très graves, et la police israélienne a agi avec détermination pour rétablir la paix, et elle y est parvenue », a déclaré Barlev dans des commentaires fournies par son bureau.

Des responsables ont déclaré jeudi matin que 23 personnes avaient été arrêtées en lien avec les émeutes à Jérusalem au cours des derniers jours, dont neuf ont été arrêtées lors de raids à leur domicile à Issawiya, alors qu’elles étaient soupçonnées d’être impliquées dans les violences.

« Parallèlement au renforcement des forces de police et de la police des frontières… notre intention est d’étendre la liberté de mouvement des résidents du camp de réfugiés de Shuafat, dont la plupart souhaitent poursuivre une vie normale », a déclaré Barlev.

Le camp de réfugiés a connu une intense activité policière ces derniers jours, alors que les forces de l’ordre recherchent un homme armé palestinien qui a tué samedi une soldate israélienne à un poste de contrôle à proximité.

Des jeunes Palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

« Tout cela se fait sans compromis sur les considérations opérationnelles des forces de sécurité », a ajouté Barlev.

Jeudi, le Premier ministre Yair Lapid a rencontré Barlev, le dirigeant du Shin Bet Ronen Bar, le chef de la police Kobi Shabtai et d’autres responsables de la sécurité au sujet des troubles.

Dans des remarques fournies par son bureau, Lapid a déclaré qu’Israël était « déterminé » à laisser les célébrations pendant la fête juive de Souccot se dérouler à Jérusalem tout en agissant d’une « main forte et intransigeante contre le terrorisme et les violences ».

« Les forces de sécurité ne s’arrêteront pas tant qu’elles n’auront pas attrapé les terroristes et leurs soutiens », a-t-il ajouté.

Des responsables de la police ont déclaré que les quatre compagnies de réserve – deux à Jérusalem et deux dans les environs de Jérusalem-Est – seraient déployées vendredi matin.

Des manifestants palestiniens ont lancé des pierres, des cocktails Molotov, et des feux d’artifice et ont incendié des pneus et des bennes à ordures dans plusieurs quartiers mercredi soir et jusqu’aux premières heures de jeudi, alors que les émeutes suscitées par la fermeture du camp de réfugiés de Shuafat se sont propagées à d’autres quartiers de la ville, déclenchant certains des combats les plus violents jamais vus depuis plus d’un an.

La police recherche à Shuafat Udai Tamimi, qui aurait commis l’attaque par balle qui a tué la sergente Noa Lazar, et blessé un garde, David Morel, hospitalisé dans un état grave.

Des officiers répondent à des émeutes dans le quartier d’Issawiya à Jérusalem-Est, le 12 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

La police a déclaré que deux policiers avaient été légèrement blessés par des éclats provenant d’une bombe artisanale dans le quartier d’Issawiya mercredi soir.

Tout au long de la nuit, des explosions de feux d’artifice et de grenades assourdissantes ont retenti dans certaines zones de la capitale, et des affrontements ont été signalés dans les quartiers de Jérusalem-Est.

Mais Barlev a déclaré que les incidents étaient sous contrôle. « Contrairement à diverses publications, les événements étaient sous le contrôle de la police, les émeutes n’ont pas mis en danger le reste de la ville et ne se sont pas propagées au-delà de Jérusalem-Est », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev et le commandant de la police du district de Jérusalem Doron Turgeman sur les lieux de l’attaque à un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 9 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

Les émeutes ont eu lieu alors que les Israéliens juifs célébraient la fête de Souccot, qui attire généralement des milliers de visiteurs à Jérusalem et dans sa Vieille Ville, favorisant généralement les tensions avec les résidents palestiniens.

La violence à Jérusalem est également survenue dans un contexte de troubles croissants en Cisjordanie, où des affrontements sporadiques ont été signalés jeudi.

Un garçon israélien de sept ans a été légèrement blessé lorsque des Palestiniens ont lancé des pierres sur des véhicules israéliens dans la région de Huwara, dans le nord de la Cisjordanie, ont indiqué des médecins.

Selon les médias palestiniens et les images publiées en ligne, des dizaines de résidents de l’implantation voisine d’Yitzhar, certains armés de matraques, sont arrivés sur les lieux et ont affronté en retour les Palestiniens.

Des images ont également montré des soldats israéliens aux côtés des résidents alors qu’ils attaquaient des Palestiniens à Huwara, l’un d’entre eux tirant en l’air.

Plusieurs Palestiniens auraient été blessés dans les affrontements.

Alors que les soldats israéliens maintiennent une présence importante en Cisjordanie, ceux-ci se trouvent souvent sur les lieux de telles attaques et sont régulièrement vus se tenant à proximité lorsqu’elles se produisent. Bien que les soldats soient légalement autorisés – voire obligés dans certains cas – à intervenir pour empêcher des attaques violentes, les militaires préfèrent généralement laisser les arrestations de résidents d’implantations israéliennes à la police.

Huwara a longtemps été un point sous tension en Cisjordanie car il s’agit de l’une des rares villes palestiniennes dans laquelle les Israéliens voyagent régulièrement afin d’atteindre les implantations du nord de la Cisjordanie.

Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de Tsahal sur les affrontements à Huwara.

Mercredi, un adolescent palestinien a été abattu par les forces israéliennes après avoir prétendument lancé des pierres sur des voitures israéliennes près d’Hébron. Mardi, un soldat israélien a été tué dans une fusillade près de Naplouse alors qu’il sécurisait une marche de résidents d’implantations.

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