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La police londonienne pointée du doigt pour racisme et misogynie

Une instance indépendante a passé en revue des milliers de messages qui comportaient des allusions directes à des viols, des termes homophobes ou des références à Auschwitz

Photo d'illustration : La police britannique en patrouille, le 17 septembre 2017 (Crédit : AP/Frank Augstein)
Photo d'illustration : La police britannique en patrouille, le 17 septembre 2017 (Crédit : AP/Frank Augstein)

Une enquête de la police des polices britannique a mis en évidence mardi des comportements racistes, misogynes et discriminatoires au sein de Scotland Yard, déjà confronté à une crise de confiance de la part de la population.

Ces révélations viennent amplifier la tourmente dans laquelle la « Metropolitan Police » de Londres se trouve depuis des mois, accusée de négliger la sécurité des femmes après le meurtre d’une Londonienne par un policier ou d’avoir tardé à enquêter sur des fêtes à Downing Street durant le confinement.

« Les comportements que nous avons découverts sont honteux et sont bien en deçà des standards attendus de la part des policiers impliqués », a commenté le directeur régional de l’Office indépendant pour la conduite de la police (IOPC), Sal Naseem dans un communiqué.

« Ces policiers travaillaient principalement en équipes à Westminster, qui ont depuis été démantelées, mais nous savons sur la base d’autres affaires récentes que ces problèmes ne sont pas isolés ou n’appartiennent pas au passé », a-t-il ajouté.

A titre d’illustration : un taxi noir passe devant le pont Westminster de Londres, le 23 mars 2017 (Crédit : AP Photo/Tim Ireland)

L’IOPC a notamment passé en revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux, « dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence ». Ils comportaient notamment des allusions directes à des viols, des termes homophobes ou racistes ou des références à Auschwitz.

Sur les 14 policiers visés, basés principalement au commissariat de Charing Cross, dans le centre de Londres, neuf sont toujours actifs. Ils avaient minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie.

L’enquête avait initialement été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne soûle dans un commissariat de police. Elle avait ensuite été élargie.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est dit « dégoûté » par ces comportements « totalement inacceptables », soulignant que ces révélations « endommageront encore plus la confiance du public dans la police ».

Sadiq Khan, le maire de Londres, le 30 juillet 2016. (Crédit : Rob Stothard/Getty Images)

De son côté, la Metropolitan Police s’est dite « profondément désolée », soulignant que ces comportements ne représentent pas « les valeurs » de l’organisation et reconnaissant le coup porté à la confiance du public. Un de ses responsables, Bas Javid, a reconnu « la nécessité d’un vrai changement ».

Après le viol et le meurtre de la Londonienne Sarah Everard par un policier en mars 2021, qui avaient profondément choqué au Royaume-Uni, la police avait été accusée d’avoir ignoré toute une série de signaux alarmants sur le comportement de cet agent.

Elle avait aussi été pointée du doigt pour son intervention musclée pour disperser un rassemblement en hommage à la victime, ou après que deux policiers se furent pris en photo sur la scène d’un double meurtre avant de partager les clichés.

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