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La primatologue Jane Goodall va ouvrir une organisation de préservation en Israël

Une branche du Jane Goodall Institute se focalisera notamment sur les couloirs écologiques et sur la restauration des terres humides

Le docteur (en bas à droite), co-directeur de la nouvelle branche de l'Institut Jane Goodall, lors de la 50e conférence annuelle de la Société d'Ecologie et de Sciences environnementales israélienne avec une photo le représentant, derrière, aux côtés de Jane Goodall, à Tel Aviv, le 7 juillet 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel))
Le docteur (en bas à droite), co-directeur de la nouvelle branche de l'Institut Jane Goodall, lors de la 50e conférence annuelle de la Société d'Ecologie et de Sciences environnementales israélienne avec une photo le représentant, derrière, aux côtés de Jane Goodall, à Tel Aviv, le 7 juillet 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel))

La célèbre primatologue, défenseuse de l’environnement et ambassadrice pour la paix des Nations unies, Dame Jane Goodall, a annoncé mercredi qu’une nouvelle branche de l’Institut Jane Goodall serait établie en Israël.

Elle sera installée au sein Max Stern Jezreel Valley College dans le nord d’Israël où le docteur Itai Roffman, spécialiste en anthropologie de l’évolution et collaborateur de longue date de Goodall, enseigne et fait des recherches.

Goodall a annoncé cette initiative par visioconférence au commencement de la 50e conférence de la société israélienne d’écologie et de sciences environnementales qui a eu lieu à Tel Aviv.

Elle avait établi son institut en 1977 pour promouvoir une approche de préservation holistique qui cherche à mobiliser les communautés et à améliorer la vie des êtres humains et des animaux pour mieux conserver la planète.

Cette nouvelle branche sera la 26e dans le monde.

Roffman, 39 ans, s’était tourné vers l’Institut de Goodall en Allemagne quand il était encore un adolescent habitant la ville côtière de Herzliya, dans le centre d’Israël.

Le docteur Itai Roffman à Tel Aviv, le 7 juillet 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Il avait alors uni ses forces à celles de la maire de l’époque, Yaël German, pour sauver un marais local qui devait être drainé pour la construction. German s’était battue pendant neuf ans contre les développeurs immobiliers et il était finalement parvenu à sauver environ 178 hectares de terre humide – le bassin d’hiver du Parc de Herzliya d’aujourd’hui.

Roffman avait ensuite organisé un nettoyage de plage, et avait établi un rapport à la suite de cette opération. Quelques jours plus tard, il avait reçu un long fax écrit à la main par Goodall.

Et cela avait été le début d’une longue amitié.

Goodall l’avait encouragé à organiser des projets d’éducation et de préservation sous les auspices de son initiative Roots and Shoots, un programme à destination des enfants et des heures. Plus tard, elle lui avait donné l’idée de devenir anthropologue spécialisé dans l’évolution, se concentrant – tout comme elle – sur les chimpanzés bonobos.

Le docteur Itai Roffman (en haut à droite avec le drapeau) pendant un programme organisé pour les enfants au Mali sous les auspices de l’initiative Roots and Shoots de Jane Goodall. (Autorisation)

Le nouvel institut, qui sera en contact avec les municipalités, les centres communautaires, les écoles et d’autres institutions s’est déjà fixé plusieurs objectifs. Parmi eux, encourager les villes israéliennes à mettre de côté des terres pour en faire des couloirs écologiques – qui permettent aux animaux sauvages de se déplacer entre les zones protégées ; un travail mené avec les bédouins du Neguev, dans le sud d’Israël, pour cartographier et replanter certains arbres et plantes médicinales indigènes qui s’épanouissaient, dans le passé, dans les lits secs des ruisseaux du secteur quand le paysage était celui d’une savane boisée désertique ; et restaurer les terres humides qu’il y avait dans une grande partie du nord d’Israël avant qu’elles ne soient asséchées et transformées à des fins de construction et d’agriculture.

Roffman a déclaré que l’institut voulait utiliser les réseaux transfrontaliers des tribus bédouines pour cartographier la faune et la flore par seulement en Israël mais aussi en Jordanie, en Égypte et aux Émirats arabes unis.

« Nous voulons créer un lien entre les tribus et leurs connaissances et les scientifiques du Jezreel Valley College, », a-t-il dit.

Goodall est « très enthousiaste à l’idée de venir en Israël », a-t-il ajouté, mais elle ne viendra qu’une fois que les programmes seront en cours sur le terrain.

Un vieux pistachier dans le lit sec d’un ruisseau à Ein Ovdat dans le Neguev, dans le sud d’Israël. (Crédit : Eitan Ferman, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

Goodall, qui a 88 ans aujourd’hui, s’est exprimée pendant presque 15 minutes lors de la conférence, disant qu’il était « bizarre que la créature la plus intellectuelle à marcher sur la planète détruise ce qui est son seul foyer ».

Elle a expliqué que « nous faisons partie du monde naturel et nous en dépendons pour tout ».

La pauvreté, l’ignorance et des modes de vie non-durables aident à attiser le phénomène du changement climatique, a-t-elle continué, alors même que les corporations internationales sont en concurrence pour produire au moins cher – avec « cette notion folle qu’il peut y avoir une croissance économique illimitée sur une planète dont les ressources naturelles sont limitées ».

Elle a eu des mots particulièrement durs à l’égard de l’élevage industriel et de la dépendance aux pesticides et aux herbicides qui, a-t-elle dit, empoisonnent la vie sauvage, tuent le sol, se déversent dans les rivières et polluent les océans.

L’espoir, a-t-elle dit, « n’est pas seulement une histoire de pensée magique – c’est de l’action. Nous devons nous retrousser les manches et travailler à dépasser tous les obstacles ».

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