La Russie envoie des S-300 améliorés à la Syrie – médias
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La Russie envoie des S-300 améliorés à la Syrie – médias

Les batteries S-300PM-2, équipées des meilleurs radars et outils de communication, serviront à contrer les attaques de l'armée israélienne contre les forces appuyées par l'Iran

Des systèmes de défense aériens montrés lors d'une parade militaire du jour de la Victoire marquant la victoire sur la place Rouge de Moscou lors de la Seconde Guerre mondiale, en Russie, le 9 mai 2016 (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko)
Des systèmes de défense aériens montrés lors d'une parade militaire du jour de la Victoire marquant la victoire sur la place Rouge de Moscou lors de la Seconde Guerre mondiale, en Russie, le 9 mai 2016 (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

La Russie aurait transféré aux militaires syriens une version plus avancée de son système de défense antiaérienne S-300 pour tenter d’aider Damas à contrer les frappes israéliennes contre les forces iraniennes ou soutenues par Téhéran dans le pays.

La quotidien russe Izvestia a fait savoir vendredi que ce système modernisé, le S-300PM-2, dispose de radars et d’outils de communication plus élaborés. Il est utilisé par l’armée russe depuis 2010.

Trois batteries de ce système ont été transférées en Syrie, a indiqué le reportage, citant un responsable du ministère de la Défense à Moscou.

Si ces informations sont exactes, ce sera probablement la toute première fois que la Russie livre cette version plus avancée du S-300 à une armée étrangère.

Ces nouveaux systèmes seront utilisés en plus des batteries S-300, moins perfectionnées, qui ont été livrées par Moscou au début du mois.

Israël a mené des centaines de frappes dans le pays contre des cibles iraniennes et des cibles du Hezbollah, mais il n’y a eu aucune opération aérienne israélienne présumée depuis l’abattage accidentel par les forces syriennes d’un avion russe au cours d’un raid de l’Etat juif dans l’espace aérien syrien, un incident qui a accru les tensions entre Jérusalem et Moscou.

Quinze Russes ont été tués au cours de cet incident, survenu le 17 septembre, dont la Russie a attribué la responsabilité à Israël, accusant ses pilotes d’avoir utilisé l’avion russe, plus grand, comme couverture.

Capture d’écran d’une vidéo montrant la livraison de missiles de défense antiaérienne S-300 à la Syrie (Crédit : capture d’écran YouTube)

Israël a mis en doute les conclusions russes, expliquant que ses appareils se trouvaient déjà dans l’espace aérien israélien lorsque l’avion a été abattu.

En réponse, Moscou a annoncé la mise en place de nouvelles mesures pour protéger ses militaires en Syrie, notamment en équipant Damas du système S-300.

Le 9 octobre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué qu’il avait dit au vice-Premier ministre russe lors d’un entretien à Jérusalem que le pays devra pouvoir continuer à frapper des cibles hostiles en Syrie, malgré la livraison du système de défense par Moscou.

Au cours d’une conférence de presse, Netanyahu a déclaré qu’il avait dit à Maxim Akimov que l’Etat juif continuera à lutter contre les tentatives iraniennes de s’ancrer militairement en Syrie et contre les transferts d’armement à son allié libanais, le groupe terroriste du Hezbollah.

Malgré la livraison des systèmes de défense antiaériens S-300 aux militaires syriens, Israël s’engage, dans une démarche d’auto-défense, à continuer ses « activités légitimes en Syrie contre l’Iran et ses groupes mandataires qui disent clairement leur intention de nous détruire », a dit le Premier ministre.

Cette rencontre a été le premier entretien public entre un haut responsable russe et Netanyahu depuis l’incident.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre le vice-Premier ministre russe Maxim Akimov, le 9 octobre 2018 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

La Russie et Israël ont mis en place un système de téléphone rouge en 2015 pour éviter des affrontements accidentels en Syrie, mais ces nouvelles mesures ont entraîné l’inquiétude, du côté israélien, d’une possible limitation des frappes de Tsahal sur le territoire syrien.

Netanyahu, qui a rencontré Akimov en marge de réunions de la commission économique bilatérale, a indiqué qu’il estimait que l’actuelle querelle avec Moscou allait se résoudre.

« Je pense qu’avec du bon sens et de la volonté, nous arriverons à une solution qui permettra à la bonne coordination entre les armées israélienne et russe de continuer », a-t-il dit.

Netanyahu a expliqué, au début du mois, qu’il rencontrerait dans les meilleurs délais le président russe Vladimir Poutine pour discuter de la coordination.

Les leaders se sont entretenus à au moins trois reprises par téléphone depuis l’incident du mois de septembre.

L’Iran et le Hezbollah — ennemis d’Israël – soutiennent le régime de Bashar el-Assad, allié des Russes, dans la guerre civile qui touche le pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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