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La veuve d’un soldat tué par un tir ami n’est pas en colère contre l’auteur du tir

"Si la situation était inversée, si j'avais aujourd'hui un mari à mes côtés, je voudrais qu'il continue à vivre", a déclaré Or Elharar, dont l'époux a été tué la semaine dernière

Or Elharar dans une interview  ave cla Douzième chaîne, diffusée le 17 janvier 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Or Elharar dans une interview ave cla Douzième chaîne, diffusée le 17 janvier 2021. (Capture d'écran : Twitter)

La veuve d’un militaire tué dans un récent accident de tir ami a déclaré dans une interview lundi qu’elle n’était pas en colère contre le soldat qui a tué son mari.

Le major Itamar Elharar et le major Ofek Aharon, tous deux commandants de l’unité d’élite Egoz, ont été tués la semaine dernière par un autre officier qui les aurait mal identifiés alors qu’ils patrouillaient près d’une base de l’armée israélienne dans la vallée du Jourdain.

S’adressant à la Douzième chaîne, Or Elharar a confié que son mari lui avait téléphoné plus tôt dans la journée pour lui dire qu’il rentrait à la maison.

« Nous sommes restés ensemble jusqu’à 20 h 30, puis il a quitté la maison. À 11 heures moins le quart, nous étions encore en train de parler et vers
1 heure du matin, ils frappaient déjà à ma porte », se souvient-elle, faisant référence aux agents qui l’ont informée de la mort d’Elharar.

Photos non datées du Major Itamar Elharar, à gauche, et du Major Ofek Aharon, qui ont été tués par un tir ami à l’extérieur de leur base dans la vallée du Jourdain, le 12 janvier 2022. (Crédit : armée israélienne)

Interrogée sur ce qu’elle dirait à l’officier – dont le nom n’a pas été révélé – qui a tué son mari, elle a répondu : « je voudrais tout d’abord qu’il sache que nous ne sommes pas en colère, que nous lui envoyons tous de la force ».

« Je prie et j’espère qu’il aura d’où puiser [de la force]. J’essaie de penser que si la situation était inversée, si j’avais aujourd’hui un mari à mes côtés, je voudrais qu’il continue à vivre », a-t-elle ajouté.

Elharar a évoqué la vague de soutiens qu’elle a reçue au cours de la semaine écoulée.

« Tant de messages, de soutien et de réconfort de la part de personnes que je ne connais pas et que je n’ai jamais rencontrées. Je réalise soudain à quel point c’est énorme », a-t-elle déclaré. « J’ai l’impression que tous ceux qui m’envoient un message, c’est comme s’ils me remerciaient pour chaque nuit où nous avons dormi séparément, pour chaque fête où nous n’étions pas ensemble, ou même pour certaines soirées familiales auxquelles il n’est pas venu, ce qui me bouleversait tellement. »

La zone proche de la base où deux soldats de Tsahal ont été tués dans un incident dit de tir ami la nuit précédente, le 13 janvier 2022 (Yonathan Sindel/Flash90) ; le major Itamar Elharar, en haut à droite, et le major Ofek Aharon, en bas à droite (Forces de défense israéliennes).

Elle a également déclaré qu’au cours du Shabbat, elle s’est rendue à l’office de prière hebdomadaire auquel son mari assistait.

« Soudain, j’ai eu l’impression que chaque prière du Shemona Esrei parlait de ‘la résurrection des morts’, que ce sont les seuls mots qui existaient… J’ai constamment l’impression d’être entre deux conversations, avec Dieu et Itamar », a-t-elle dit.

Elharar, 26 ans, devait commencer un programme universitaire à temps partiel tout en restant dans l’armée, tandis qu’Aharon, 28 ans, devait être promu l’été prochain, soit à un poste plus élevé au sein d’Egoz, soit à la brigade Golani, où il aurait servi en tant que commandant adjoint de bataillon, a déclaré le major-général Yehuda Fuchs, chef du commandement central de Tsahal.

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