L’administration Trump a engagé des Israéliens pour discréditer l’équipe d’Obama
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L’administration Trump a engagé des Israéliens pour discréditer l’équipe d’Obama

Le Guardian indique qu'un accord pour "salir" Ben Rhodes et Colin Kahl a été négocié peu de temps après la visite du président américain en Israël en mai dernier

Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale de l'ancien président américain Barack Obama (Magnolia Pictures)
Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale de l'ancien président américain Barack Obama (Magnolia Pictures)

Dans le cadre d’une campagne visant à discréditer l’accord nucléaire avec l’Iran, des personnes proches du président américain Donald Trump ont engagé une agence de renseignement israélienne privée pour « salir » les collaborateurs de l’administration Barack Obama qui ont participé à la négociation de l’accord, a rapporté le journal britannique The Guardian samedi.

Selon la dépêche, qui précède l’annonce de Trump, attendue le 12 mai, sur l’abandon de l’accord, les collaborateurs du président ont contacté l’agence israélienne peu après sa visite à Jérusalem en mai dernier et ont demandé des informations sur les responsables de l’administration Obama, Ben Rhodes et Colin Kahl.

« L’idée était que les gens agissant pour Trump discréditeraient ceux qui ont joué un rôle central dans la conclusion de l’accord, facilitant ainsi son retrait », selon une source au courant de la campagne.

Le rapport cite des « documents explosifs » montrant que l’agence de renseignement israélienne a été engagée pour déterrer des informations accablantes sur la vie personnelle et professionnelle de Kahl et Rhodes, y compris toute relation avec des lobbyistes pro-iraniens, ainsi que toute indication que les deux ont tiré profit de l’accord, que ce soit sur le plan politique ou personnel.

Le rapport indique que les enquêteurs israéliens ont également été engagés pour être en contact avec des journalistes irano-américains de haut niveau ainsi qu’avec des journalistes de médias progressistes qui étaient en contact avec Kahl et Rhodes, afin d’établir s’ils avaient divulgué des informations en violation du protocole. Il y était question, entre autres, du New York Times, de Vox, de Atlantic, de MSNBC et de Haaretz.

Le président américain Barack Obama, à droite, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main lors d’une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015 (Crédit : AFP / Saul Loeb)

Selon le rapport, les déclarations de Rhodes dans un reportage du New York Times Magazine, dans lequel il se vantait d’avoir créé une « chambre d’écho » médiatique qui amplifie le soutien à l’accord, figurait également dans la décision d’atteindre les médias.

Le rapport n’indique pas la quantité de travail accomplie par la société israélienne ni le type d’informations qu’elle a réunies.

« Je n’étais pas au courant, mais malheureusement, je ne suis pas surpris », a déclaré Rhodes. « Je dirais que fouiller la vie de quelqu’un pour avoir rempli ses responsabilités professionnelles à la Maison-Blanche est quelque chose de terriblement autoritaire. »

« C’est scandaleux de faire ça », indique l’article en citant les propos d’un ancien diplomate britannique non nommé. « Les négociations ne doivent pas servir à faire de sales coups comme ça ».

La Maison-Blanche a refusé de commenter.

M. Trump s’approche rapidement de la date limite du 12 mai qu’il s’est imposé pour se retirer du Plan d’action global conjoint, comme on appelle officiellement l’accord avec l’Iran. En janvier, il a donné au Congrès et aux alliés européens un ultimatum pour amender le pacte selon ses souhaits ou se tenir prêt à renouveler les sanctions contre Téhéran.

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