Armée : les forces égyptiennes ont tué l’ado israélien à la frontière
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Armée : les forces égyptiennes ont tué l’ado israélien à la frontière

L'armée affirme que les travaux de maintenance de la clôture avaient été coordonnés à l'avance avec Le Caire

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Nimer Bassem Abu Amar, bédouin israélien de 15 ans qui a été tué à la frontière égyptienne alors qu'il travaillait comme sous-traitant pour le ministère de la Défense le 25 octobre 2016. (Crédit : autorisation)
Nimer Bassem Abu Amar, bédouin israélien de 15 ans qui a été tué à la frontière égyptienne alors qu'il travaillait comme sous-traitant pour le ministère de la Défense le 25 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

Un membre de l’armée égyptienne a abattu un Israélien bédouin de 15 ans, Nimer Bassem Abu Amar, près du mont Harif, dans le sud d’Israël, mardi après-midi. Le jeune garçon travaillait sur la clôture de sécurité de la frontière égyptienne, a confirmé l’armée mercredi.

Il sera enterré mercredi à Lakiya, sa ville natale, alors que des questions se posent toujours quant aux circonstances de sa mort.

Nimer Bassem Abu Amar, qui habitait le village majoritairement bédouin du sud d’Israël, était l’aîné de quatre enfants. Sa famille prévoyait de l’enterrer dès que possible après le retour de son corps d’une autopsie visant à aider les enquêteurs à déterminer qui l’avait tué.

« Mon fils a pris une balle dans le haut du corps, et les gars [ses collègues] ont fui vers le lit d’une rivière », a déclaré tard mardi soir le père, Bassem Abu Amar.

Bassem a accusé l’armée israélienne et le gouvernement de ne pas avoir protégé les ouvriers.

« L’armée israélienne est arrivée et s’est cachée, à mon grand regret. C’est le ministère de la Défense ; ce sont des soldats, ils sont censés répondre. Vous ne faites pas ce travail sans l’armée israélienne. Quand il y a eu le tir, ils n’ont pas répondu, pas tiré. Je veux savoir où était l’armée », a-t-il déclaré aux journalistes devant l’hôpital où son fils avait été transporté.

Sur la radio militaire, Bassem, a blâmé mercredi les forces israéliennes pour ne pas avoir suffisamment protégé son fils. « Ils ne lui ont pas dit ‘mets un casque, mets un gilet pare-balles' », a-t-il dit.

Bassem Abu Amar, le père de Nimer Abu Amar, bédouin israélien de 15 ans qui a été tué à la frontière égyptienne alors qu'il travaillait comme sous-traitant pour le ministère de la Défense le 25 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran Ynet)
Bassem Abu Amar, le père de Nimer Abu Amar, bédouin israélien de 15 ans qui a été tué à la frontière égyptienne alors qu’il travaillait comme sous-traitant pour le ministère de la Défense le 25 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran Ynet)

Des témoins ont déclaré qu’il avait été demandé à Nimer, qui venait de commencer à travailler sur le chantier pour un sous-traitant connu de la famille, de faire le café pour ses collègues, qui élaguaient les buissons proches de la clôture. Il est ensuite passé de l’autre côté de la clôture, mais les témoins affirment qu’il était toujours du côté israélien de la frontière, quand un soldat égyptien gardant l’autre côté de la frontière a crié vers lui pour qu’il retourne côté israélien.

Un tir a ensuite retenti, blessant grièvement Nimer, qui est mort peu de temps après au centre médical Soroka de Beer Sheva.

Un soldat israélien qui a répondu à l’incident a déclaré qu’il n’avait pas retourné les tirs puisque qu’ils s’étaient arrêtés juste après avoir commencé, a déclaré l’armée dans une première réponse aux accusations du père.

La péninsule du Sinaï, qui traverse la frontière israélo-égyptienne, a connu des tensions, des coups de feu effrénés et des attaques terroristes depuis que l’armée égyptienne se bat contre les groupes jihadistes affiliés à l’Etat islamique et les contrebandiers.

Le mont Harif et la route longeant la frontière entre Israël et l'Egypte. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Le mont Harif et la route longeant la frontière entre Israël et l’Egypte. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Une enquête sur les détails de l’accident, et notamment sur les raisons de l’emploi d’un mineur par un sous-traitant sur le chantier en violation du droit du travail et des règles du ministère de la Défense, est en cours, ont annoncé des responsables.

Bassem, le père, a décrit son fils comme un garçon « modeste, qui travaillait dur et était sérieux. »

Ni l’armée, ni le ministère de la Défense n’ont précisé si les ouvriers avaient une escorte armée, ou si leur travail sur la frontière était coordonné avec les responsables égyptiens.

La Dixième chaîne israélienne a annoncé que le tir avait été mené par les forces égyptiennes qui ont confondu Abu Amar avec un contrebandier ou un terroriste.

Des sources de sécurité égyptiennes ont déclaré à Sky News Arabia qu’un groupe de contrebandiers avaient ouvert le feu contre les ouvriers israéliens, pendant un affrontement avec les troupes égyptiennes.

Ni l’armée israélienne, ni le ministère de la Défense, n’ont commenté ces informations. Un responsable israélien a déclaré mercredi à l’AFP que Nimer aurait été tué par erreur par les forces de sécurité égyptiennes, qui aurait pris l’adolescent pour un suspect.

Selon ce responsable, les résultats préliminaires de l’enquête montrent qu’un membre égyptien des forces de sécurité « a pensé de manière erronée que le garçon plantait une mine », alors qu’il préparait du café pour l’équipe d’ouvriers israéliens ainsi que pour son père, qui travaillait là-bas.

Une porte-parole de l’armée israélienne a seulement confirmé que les tirs avaient été du fait des forces de sécurité égyptiennes.

Initialement, le ministère de la Défense avait déclaré qu’Abu Amar était simplement un employé du sous-traitant civil qu’il avait embauché pour des travaux de maintenance sur la clôture. Le ministère a ensuite annoncé qu’il semblait que l’adolescent ne soit pas officiellement employé, mais était venu « sur le chantier avec un membre de sa famille », selon un porte-parole.

Le ministère a déclaré avoir « contacté l’entreprise de sous-traitance de la maintenance » dans le cadre de son enquête.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

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