Des diplomates s’agacent de la fragmentation du pouvoir aux Affaires étrangères
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Des diplomates s’agacent de la fragmentation du pouvoir aux Affaires étrangères

Les membres des ministères avertissent : le manque de cohésion sapera la capacité à lutter contre la "délégitimation"

Vue du ministère israélien des Affaires étrangères , à Jérusalem (Crédit : Almog/Wikimedia commons)
Vue du ministère israélien des Affaires étrangères , à Jérusalem (Crédit : Almog/Wikimedia commons)

Des diplomates israéliens ont exprimé lundi soir leur désarroi devant la division des responsabilités aux relations internationales d’Israël (le nouveau gouvernement de Netanyahu présente un assortiment déconcertant de ministres). Ils ont averti que le manque de cohésion saperait la capacité d’Israël à se représenter efficacement dans les réunions diplomatiques.

Avec l’entrée de Gilan Erdan dans son cabinet lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et cinq autres collègues expérimentés du Likud partagent maintenant des rôles clefs dans la politique étrangère du gouvernement.

Cela à un moment où la légitimité d’Israël subit une forte contestation internationale avec les efforts du boycott et de cession, les Palestiniens qui cherchent à faire juger Israël pour crimes de guerre devant la Cour Pénale Internationale, la volonté d’exclure Israël de la fédération internationale du football, de nombreux pays et leurs Parlements qui reconnaissent la Palestine, Israël qui s’efforce de s’opposer à l’accord qui se dessine avec l’Iran et une série d’autres défis.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Avidgor Liberman, qui a choisi de rejoindre l’opposition plutôt que la nouvelle coalition de Netanyahu, s’est plaint lundi qu’il « n’y ait aucune ligne claire » sur l’attitude du nouveau gouvernement vers la création d’un État palestinien : « Soutenons-nous deux États pour deux peuples où sommes-nous contre cette approche ? », a-t-il déclaré en faisant référence à la déclaration de la semaine dernière de l’assistante du ministre de Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, affirmant qu’Israël devait affirmer ses droits sur toute la terre entre le Jourdain et la mer Méditerranée, une position en contradiction directe avec le soutien déclaré de Netanyahu pour une solution à deux États, durable et pacifique.

Le Dixième chaîne d’Israël a cité des membres expérimentés du ministère des Affaires étrangères, prévenant qu’Israël ne peut pas combattre efficacement la « délégitimation » sans ministre des Affaires étrangères à plein temps et avec une demi-douzaine de politiciens occupant des responsabilités pour différents aspects de la politique étrangère.

Netanyahu conserve le porte-feuille de ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement, et lundi, il a renvoyé sommairement le directeur général du ministère, Nissim Ben Shitrit, qui avait été nommé par Liberman.

A la place de Ben Shitrit, Netanyahu a nommé un proche de longue date, Dore Gold, une nomination qui indique que le Premier ministre a l’intention de maintenir un engagement profond dans le travail du ministère.

La nomination semble souligner qu’il y ait peu de chance pour qu’une figure de l’opposition, Liberman, Herzog de l’Union sioniste ou Lapid de Yesh Atid, mènent leurs partis respectifs dans une coalition pour être récompensés du prestigieux poste de ministre des Affaires étrangères.

Aux côtés de Netanyahu et de Hotovely, son assistante au ministère, Erdan, un autre dirigeant du Likud, a rejoint lundi le gouvernement avec la responsabilité, entre autres sujets, du ministère des Affaires stratégiques, une invention récente qui dilue le rôle du ministère des Affaires étrangères. Erdan est aussi supposé superviser la lutte israélienne contre les efforts internationaux de boycott, traditionnellement à la charge du ministère des Affaires étrangères.

Le précédent ministre des Affaires stratégiques, Yuval Steinitz (maintenant ministre de l’Energie et de l’Infrastructure), préside toujours l’effort pour contrecarrer ce qu’Israël considère être un accord dangereux qui prend forme avec l’Iran, mais doit passer cette responsabilité à Erdan d’ici deux mois de temps, selon la Dixième chaîne.

Le ministre du Likud, Silvan Shalom, dont le travail principal est de diriger le ministère de l’intérieur, est aussi responsable des efforts de paix avec les Palestiniens, sous le contrôle attentif de Netanyhau, et du dialogue stratégique qu’Israël entretient avec les Etats-Unis.

Yisraël Katz, tout en continuant d’occuper son poste de ministre des Transports, a aussi reçu le contrôle du ministère des Renseignements, un autre ministère aux responsabilités floues.

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