L’ambassadeur américain s’excuse pour le timing de ses critiques d’Israël
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“La première chose à faire est de mettre fin au terrorisme”, a déclaré l’ambassadeur

L’ambassadeur américain s’excuse pour le timing de ses critiques d’Israël

Mais Dan Shapiro s’en tient à ses accusations, Israël semble appliquer un standard légal différent entre les juifs et les Palestiniens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue l'ambassadeur américain Dan Shapiro, en avril 2013. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue l'ambassadeur américain Dan Shapiro, en avril 2013. (Crédit : Flash90)

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël Dan Shapiro a cherché à dissiper lundi une dispute suite à ses commentaires de la semaine précédente qui accusaient Israël d’instituer « deux standards d’adhésion à la loi : un pour les Israéliens et un pour les Palestiniens » en Cisjordanie.

Il s’est excusé pour le moment de ses commentaires, qui sont intervenus au lendemain de l’assassinat par un adolescent palestinien d’une mère juive de six enfants dans l’implantation d’Otniel, en Cisjordanie, et le jour où une femme enceinte était poignardée dans une autre attaque palestinienne dans l’implantation de Tekoa.

Dans un entretien avec la radio publique israélienne et la radio militaire, Shapiro a déclaré qu’il était « quelque peu surpris pas le bruit » que ses commentaires ont généré. « Les problèmes que j’ai soulevés ne sont pas nouveaux, la plupart des sujets dont j’ai parlé n’ont pas été entendus dans ce bruit [médiatique]. »

« J’ai souligné dans mon discours que la première chose qui devait être faite était de mettre fin au terrorisme. Les Palestiniens doivent comprendre qu’il n’y a aucun moyen que les Israéliens puissent les voir comme un partenaire de paix alors qu’il y a des attaques et des voitures béliers », a-t-il déclaré en référence à la vague de terrorisme qui s’est répandu en Israël et en Cisjordanie depuis octobre.

Mais, a-t-il ajouté, « nous comprenons également que nous sommes dans une période qui ne va probablement pas produire de négociations dans un futur proche. Donc nous cherchons des moyens pour faire avancer la paix et la sécurité pour les Israéliens et les Palestiniens, et également pour préserver la possibilité d’atteindre deux états dans le futur. »

Alors que les Israéliens doutent des intentions palestiniennes à cause du terrorisme, les Palestiniens ont également des raisons de douter, a-t-il suggéré.

« Alors qu’il n’y a pas de processus [de paix], pas de possibilités pour des négociations, pas d’horizon diplomatique, alors que les implantations s’étendant, et que la violence est parfois dirigée contre les Palestiniens par des extrémistes [juifs], ces choses aussi créent le doute » sur [la possibilité d’] une solution à deux états, a-t-il expliqué.

Les remarques originales de Shapiro, prononcées il y a une semaine à la conférence de l’institut national des études de sécurité nationale à tel Aviv, ont accusé que « trop d’attaques contre des Palestiniens manquent d’une enquête ou d’une réponse vigoureuse par les autorités israéliennes, trop d’actes d’auto-défense ne sont pas vérifiés, et de temps en temps il semble qu’il y ait deux standards d’adhésion aux règles de la loi : un pour les Israéliens, et un autre pour les Palestiniens. »

Shapiro a continué en décrivant l’administration américaine comme « inquiète et perplexe » devant la politique d’implantations d’Israël, dont il dit qu’elle soulève des « questions honnêtes sur les intentions à long terme d’Israël. »

« Ce gouvernement et les précédents gouvernements israéliens ont exprimé à plusieurs reprises leur soutien pour un accord négocié qui impliquerait une reconnaissance mutuelle et une séparation, a-t-il déclaré. Cependant la séparation deviendra de plus en plus difficile » si Israël continue à étendre ses implantations.

Les remarques ont rencontré une réponse sévère du bureau de Netanyahu, qui s’est également irrité du moment de celles-ci.

« Les mots de l’ambassadeur, un jour où une mère de six enfants assassinée est enterrée et un jour où une femme enceinte est poignardée – sont inacceptables et incorrectes », était-il écrit dans un communiqué du bureau du Premier ministre.

« Israël applique la loi pour les Israéliens et les Palestiniens. L’Autorité palestinienne est le responsable du gel diplomatique, et continue à inciter [à la violence] et à refuser de négocier. »

Lundi, Shapiro a parlé de ses commentaires précédents sur les standards légaux différents comme « une ou deux lignes qui causent un désagrément ».

Il a déclaré à la radio militaire que le calendrier de ses commentaires n’était pas intentionnel. Il a parlé avec la famille Meir depuis ses remarques originales, a-t-il déclaré, et si ses mots ont causé de la peine aux familles de victimes, « que Dieu me pardonne, bien sûr que je le regrette ».

Il a également noté que sans son discours de la semaine précédente, « j’ai condamné les attaques terroristes à Otniel et à Tekoa. J’ai appelé les dirigeants palestiniens à condamner et à empêcher la violence et le terrorisme et à mettre fin aux incitations [à la violence]. Et j’ai salué les services de sécurité israéliens pour les arrestations » des suspects de terrorisme juif.

« J’ai souligné dans mon discours, et souligne à présent, que la première priorité est de cesser la violence et le terrorisme. Clairement, les incitations [à la violence] mènent au terrorisme, et nous avons appelé chaque jour [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] et l’Autorité [palestinienne] en général à cesser [les incitations à la violence]. Les Israéliens n’ont pas seulement le droit, ils ont le devoir de se défendre ».

Mais, a-t-il ajouté, « j’ai également parlé de nos peurs. Nous voyons l’échec des négociations. Nous nous éloignons de la possibilité de deux états. Nous comprenons que nous sommes dans une période où les négociations ne sont pas à l’horizon. Donc nous demandons que des mesures soient prises pour faire avancer la paix entre les Israéliens et les Palestiniens, et pour assurer que l’option de deux états soit possible dans un futur proche ».

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