L’armée envisage de démolir la maison du meurtrier présumé d’Esther Horgen
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L’armée envisage de démolir la maison du meurtrier présumé d’Esther Horgen

Les militaires ont l'intention de démolir 2 étages d'un immeuble de la ville du nord de Cisjordanie dans laquelle vivait Muhammad Mruh Kabha

Les troupes militaires cartographient le domicile de Muhammad Mruh Kabha, principal suspect dans le meurtre d'Esther Horgen, avant sa potentielle démolition, dans le village cisjordanien de Tura al-Gharbiya, près de Jénine, le 24 décembre 2020. (Capture d'écran vidéo de Tsahal)
Les troupes militaires cartographient le domicile de Muhammad Mruh Kabha, principal suspect dans le meurtre d'Esther Horgen, avant sa potentielle démolition, dans le village cisjordanien de Tura al-Gharbiya, près de Jénine, le 24 décembre 2020. (Capture d'écran vidéo de Tsahal)

L’armée israélienne a annoncé mercredi qu’elle prévoyait de démolir deux étages de l’immeuble dans lequel vivait le Palestinien soupçonné d’avoir tué Esther Horgen lors d’une attaque terroriste le mois dernier.

Le terroriste présumé, Muhammad Mruh Kabha, a été arrêté peu de temps après la découverte du corps d’Horgen à proximité de l’implantation de Tal Menashe, où elle vivait, dans le nord de la Cisjordanie.

L’armée a déclaré que la famille de Kabha avait été informée de son intention de démolir les deux étages du bâtiment et qu’elle aurait le droit de contester l’ordonnance devant le tribunal.

Les troupes israéliennes ont cartographié le mois dernier la maison de Kabha à Tura al-Gharbiya, ville du gouvernorat de Djénine à environ 2,5 kilomètres de route de Tal Menashe, avant la démolition envisagée.

Muhammad Mruh Kabha, 40 ans, originaire du village palestinien de Tura al-Gharbiya, est soupçonné d’avoir assassiné Esther Horgen de l’implantation de Tal Menashe le 20 décembre 2020. (Shin Bet)

Lundi, le Shin Bet a identifié Kabha comme le principal suspect du meurtre d’Horgen, après la levée d’un embargo sur son nom. Kabha a été arrêté le 24 décembre et a avoué les faits aux enquêteurs.

Jérusalem défend la pratique consistant à détruire le domicile familial de terroristes et la considère comme un moyen de dissuasion contre de futures agressions. Les responsables ont fait valoir que la vitesse d’exécution de la démolition était essentielle, affirmant que le facteur dissuasif se dégradait avec le temps. Un certain nombre de responsables de la défense israélienne ont néanmoins mis en doute l’efficacité de cette pratique controversée au fil des ans, et les militants et organisations protégeant les droits de l’homme l’ont dénoncée comme une punition collective injuste.

Selon le Shin Bet, Kabha est soupçonné d’avoir perpétré l’attaque terroriste en guise de vengeance suite à la mort d’un prisonnier sécuritaire, Kamel Abu Waer, décédé d’un cancer six semaines plus tôt.

Le 20 décembre, Horgen, 52 ans, mère de six enfants, est partie courir dans la forêt de Reihan. Kabha, qui attendait dans la zone qu’une victime passe, l’a repérée, seule, et « l’a attaquée et assassinée », a déclaré l’agence de sécurité.

Le corps de Horgen a été retrouvé aux premières heures le lendemain matin après que son mari, Benjamin, a signalé sa disparition.

Esther Horgen, 52 ans, qui a été retrouvée morte dans le nord de la Cisjordanie à la suite d’un attentat terroriste présumé le 20 décembre 2020. (Autorisation)

Selon le Shin Bet, Kabha a fui la région après avoir tué Horgen et a bénéficié de l’aide d’amis et de proches, qui l’ont aidé à se cacher alors que les forces de sécurité israéliennes le recherchaient.

Kabha a néanmoins été arrêté la semaine dernière avec quatre personnes qui, selon le Shin Bet, l’ont aidé à se cacher. Les médias palestiniens ont rapporté que deux de ces personnes étaient ses épouses.

Le mari de Horgen a félicité les forces de sécurité israéliennes pour avoir rapidement appréhendé le suspect « qui prévoyait de mener plus d’attaques » et a déclaré qu’il avait été informé par le Shin Bet des détails du meurtre de sa femme avant que l’information ne soit rendue publique.

Horgen a déclaré que sa famille prévoyait de construire un parc à la mémoire d’Esther et d’agrandir leur communauté de Tal Menashe.

Des soldats en Cisjordanie arrêtent un suspect dans le meurtre présumé d’Esther Horgen, le 24 décembre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

Le meurtre d’Horgen a déclenché des semaines de tension continue en Cisjordanie. Les services de sécurité israéliens ont signalé 13 incidents de jets de pierres par des résidents d’implantations israéliens contre des Palestiniens dans les jours qui ont suivi le meurtre d’Horgen. Un jeune de 16 ans, Ahuvia Sandak, a été tué dans un accident de voiture lors d’une course-poursuite avec la police après qu’il a prétendument lancé des pierres.

La mort de Sandak a déclenché plusieurs jours de manifestations à Jérusalem et en Cisjordanie, dont la plupart ont tourné en émeutes.

Dans un autre incident, un Palestinien non armé, Haroun Abu Aram, a été laissé paralysé vendredi après avoir été visé à bout portant par les forces israéliennes lors d’une opération visant à confisquer du matériel illégal de construction dans le sud d’Hébron, en Cisjordanie.

Dimanche, une Israélienne a été grièvement blessée par des pierres lancées contre sa voiture alors qu’elle roulait en Cisjordanie. L’armée a par la suite annoncé l’arrestation de plusieurs suspects.

Mardi, un Palestinien a tenté de mener une attaque à l’arme blanche en Cisjordanie. Il a été abattu après avoir lancé un couperet à viande sur le responsable de la sécurité d’une implantation, selon l’armée.

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