L’armée répond aux critiques : nous ne nous excusons pas de tuer des terroristes
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L’armée répond aux critiques : nous ne nous excusons pas de tuer des terroristes

Bennett fustige l’armée après que son porte-parole a précisé que la destruction du tunnel visait à détruire l’infrastructure et non pas de tuer des cadres du Jihad islamique ; Liberman critique le chef de HaBayit HaYehudi

Soldats israéliens en patrouille près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, au niveau du kibboutz Kissufim, le 30 octobre 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Soldats israéliens en patrouille près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, au niveau du kibboutz Kissufim, le 30 octobre 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Après les critiques de politiciens mardi à l’encontre de l’armée israélienne, qui avait semblé s’excuser d’avoir tué des cadres terroristes en détruisant un tunnel d’attaque gazaoui en territoire israélien la veille, l’armée a précisé que ses propos avaient été pris hors contexte et qu’elle ne regrettait pas ces morts.

Lundi après-midi, l’armée israélienne a fait exploser un tunnel d’attaque qui entrait en territoire israélien depuis la bande de Gaza.

Au moins sept terroristes, dont deux commandants du Jihad islamique palestinien, ont été tués des conséquences de l’explosion. Douze autres ont été blessés, et, mardi après-midi, cinq étaient toujours portés disparus, selon le ministère de la Santé de l’enclave côtière.

Quelques heures après la démolition du tunnel, le général de division Ronen Manelis, porte-parole de l’armée israélienne, a répondu à une question d’un journaliste sur l’objectif de la destruction du tunnel. Il a dit que l’opération n’avait pour but que de détruire l’infrastructure souterraine, et ne visait « en aucun cas » à assassiner deux cadres terroristes.

En réponse à cette remarque, le ministre de l’Education Naftali Bennett a accusé mardi matin sur Twitter l’armée de « s’excuser » des morts des commandants du Jihad islamique palestinien.

Naftali Bennett, ministre de l'Education, avec la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 15 octobre 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Naftali Bennett, ministre de l’Education, avec la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 15 octobre 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

« Il est interdit de s’excuser pour avoir anéanti des terroristes avec succès, a écrit Bennett. Soyons clairs : ils étaient des terroristes impliqués dans la construction d’un tunnel d’attaque en territoire israélien duquel ils comptaient tuer des femmes et des enfants israéliens. »

Bennett, qui est membre du cabinet de sécurité, a ajouté que même si l’opération de lundi était l’incident le plus mortel dans l’enclave côtière depuis la guerre de 2014, Israël ne veut pas d’intensification des violences à Gaza.

« Nous ne cherchons pas l’intensification, a-t-il écrit sur Twitter. En tant que membre du cabinet qui travaille depuis l’opération Bordure protectrice à supprimer la menace des tunnels, j’ai accordé mon plein soutien aux actions de l’armée. L’objectif de Tsahal est de battre l’ennemi, et elle doit continuer à le faire. »

En réponse aux propos de Bennett, un porte-parole de l’armée a indiqué que l’armée ne regrettait pas les morts des terroristes, et qu’elle n’avait pas fait « une seule excuse » après son opération.

Le porte-parole a précisé que la remarque de Manelis était une réponse à une question sur l’objectif de l’opération, qui n’était pas de tuer des cadres terroristes, mais de détruire l’infrastructure, « et cela a été extrêmement bien accompli », a-t-il dit.

« Les propos [de Manelis] étaient responsables », a-t-il ajouté.

Le corps de Marwan Alagha, Palestinien de 22 ans, transporté à l'hôpital Naser de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, après sa mort des suites de la destruction par Israël sur son propre territoire d'un tunnel terroriste du Jihad islamique, le 30 octobre 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Le corps de Marwan Alagha, Palestinien de 22 ans, transporté à l’hôpital Naser de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, après sa mort des suites de la destruction par Israël sur son propre territoire d’un tunnel terroriste du Jihad islamique, le 30 octobre 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a poursuivi la guerre des mots en attaquant Bennett sur Twitter, l’accusant de nuire à la sécurité d’Israël.

« Une remarque du porte-parole de Tsahal ne peut pas être utilisée pour une agression manifeste contre Tsahal et ses commandants. Des propos pareils nuisent grièvement à la sécurité d’Israël et de Tsahal », a écrit Liberman.

« Nous continuerons à agir avec détermination, force et responsabilité pour la sécurité des citoyens d’Israël », a-t-il ajouté.

Soldats israéliens en patrouille près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, au niveau du kibboutz Kissufim, le 30 octobre 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Soldats israéliens en patrouille près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, au niveau du kibboutz Kissufim, le 30 octobre 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Elazar Stern, député du parti d’opposition Yesh Atid et ancien général de l’armée israélienne, a lui aussi fustigé Bennett et les autres politiciens de droite qui ont critiqué l’armée.

« C’est une honte que des ministres du gouvernement, au lieu de soutenir Tsahal après une opération comme celle-ci, choisissent une fois encore de l’utiliser pour marquer des points politiques aux dépens de l’armée », a-t-il dit dans un communiqué.

Stern a ajouté qu’il soutenait pleinement l’armée, et qu’il était évident qu’il n’y avait pas eu d’excuse. « Le résultat de la réponse de Tsahal a été la mort de sept terroristes mais une nuit calme dans les communes bordant la bande de Gaza – c’est un très bon résultat », a-t-il dit.

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