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« L’arnaqueur de Tinder » séduit les utilisateurs de Netflix

Le documentaire sur l'escroc israélien Shimon Hayut, se place en tête des audiences de Netflix dans le monde

Le documentaire "Tinder Swindler", qui relate l'histoire vraie de l'escroc israélien Shimon Hayut, est disponible sur Netflix. (Credit: autorisation Netflix)
Le documentaire "Tinder Swindler", qui relate l'histoire vraie de l'escroc israélien Shimon Hayut, est disponible sur Netflix. (Credit: autorisation Netflix)

Les téléspectateurs du monde entier semblent apprécier « L’arnaqueur de Tinder » sur Netflix, un documentaire qui retrace l’histoire de l’escroc israélien Shimon Hayut et de plusieurs de ses victimes.

Le documentaire original, sorti le 2 février, s’est placé en tête du classement hebdomadaire mondial du géant du streaming, devenant ainsi le documentaire numéro 1 diffusé par Netflix.

Le documentaire a comptabilisé 45,8 millions d’heures de visionnage dans le monde au cours de la première semaine de février, soit plus de 12 millions de vues de plus que le deuxième du classement, une comédie sportive américaine intitulée « Home Team ».

Il a également atteint le top 10 de Netflix dans 92 pays, dont Israël et les États-Unis.

Le documentaire de près de deux heures, réalisé par Felicity Morris, raconte l’histoire de plusieurs femmes dont le cœur et le portefeuille ont été déchirés par Hayut, qui se présentait comme Simon Leviev, fils du magnat du diamant russe israélien Lev Leviev.

Hayut, dont on sait désormais qu’il est le fils du grand rabbin d’El Al Airlines Yohanan Hayut, rencontrait des femmes scandinaves sur l’application Tinder, les amenait à croire qu’il était le fils du richissime magnat et entretenait des relations à distance avec elles, pour au final les escroquer d’importantes sommes d’argent.

Hayut se faisant passer pour Leviev, dépensait dans un premier temps sans compter pour ces femmes, avec séjours en hôtels cinq étoiles et voyages en jets privés.

S’exprimant lors de l’émission matinale de la Treizième chaine mardi matin, Hagit Leviev, la fille de Lev Leviev, a commenté l’histoire pour la première fois.

« Nous avons été très surpris en regardant le documentaire, c’était juste triste de voir la fraude commise par cette personne, en tant qu’Israéliens, en tant que Juifs, et bien sûr personnellement, en tant que famille Leviev », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que le nombre de victimes de Hayut dépassent probablement celles mentionnées par le documentaire, notant que la famille a été approchée dans le passé par des entreprises qui ont, elles-mêmes, été escroquées par Hayut.

Cependant, la famille n’était « pas au courant de l’ampleur de la fraude qu’il a commise sous notre nom », a-t-elle déclaré.

« Même après la sortie du documentaire », a-t-elle noté, « les gens semblent penser qu’il est vraiment un des membres de notre famille. Cette personne est un escroc, il a volé notre identité et a décidé qu’il s’appelait Simon Leviev. Il n’a aucun lien avec notre famille. »

Une autre victime de Hayut, un directeur anonyme d’une société de location de jets privés en Slovaquie, a déclaré à la Treizième chaîne que Hayut « faisait semblant d’être un homme d’affaires, il faisait semblant de payer les factures et le reste, mais toute l’histoire était fausse, rien d’autre. Ce n’est qu’un escroc. »

Le film se termine avant la condamnation et le procès de Hayut, car il a été renvoyé en Israël en 2017 pour être mis en examen et condamné, mais il a pris une identité différente et a fui le pays.

Israël l’a déclaré fugitif et il a finalement été extradé vers Israël en 2019, reconnu coupable et condamné à 15 mois d’emprisonnement.

Le présumé « Escroc Tinder », (au centre), un Israélien décrit dans les journaux comme étant Shimon Hayut, 28 ans, est expulsé de la ville d’Athènes, en Grèce, le 1er juillet 2019. (Tore KRISTIANSEN/various sources/AFP)

Après la sortie du documentaire, les trois victimes présumées de Hayut qui ont partagé leurs histoires dans le documentaire Netflix – Cecilie Fjellhøy, Pernilla Sjoholm et Ayleen Charlotte – ont lancé une campagne de financement participatif, dans l’espoir de collecter suffisamment d’argent pour effacer leurs dettes.

Tinder, la plateforme de rencontres qui a permis l’activité de Hayut, a banni l’escroc de l’application.

« Nous avons interdit Simon Leviev et l’un de ses pseudonymes connus dès que l’histoire de ses actions est devenue publique en 2019 », a déclaré un porte-parole de Tinder, selon un reportage de NBC News de la semaine dernière. »

« Avant la sortie du documentaire, nous avons mené des enquêtes internes supplémentaires et pouvons confirmer que Simon Leviev n’est actif sur Tinder sous aucun de ses pseudonymes connus », a déclaré le porte-parole.

Jessica Steinberg a contribué à cet article.

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