Le boycott de l’Allemagne nazie pour justifier le boycott d’Israël, par Tlaib
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Le boycott de l’Allemagne nazie pour justifier le boycott d’Israël, par Tlaib

Lors du débat sur l'interdiction du BDS, l'élue démocrate a dit que les Etats-Unis ont une longue histoire de boycott de régimes étrangers pour défendre les droits de l'homme

Capture d'écran d'une vidéo de l'élue Rashida Tlaib, du Michigan, s'adressant à la Chambre des représentants lors d'un débat sur une résolution rejetant le boycott d'Israël, le 23 juillet 2019. (YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo de l'élue Rashida Tlaib, du Michigan, s'adressant à la Chambre des représentants lors d'un débat sur une résolution rejetant le boycott d'Israël, le 23 juillet 2019. (YouTube)

Mardi, l’élue démocrate Rashida Tlaib a mentionné les exemples des boycotts contre l’Allemagne nazie et l’apartheid d’Afrique du Sud comme une justification pour défendre le droit individuel à boycotter Israël.

Tlaib, la première femme palestino-américaine à être élue au Congrès, a tenu ces propos lors d’un débat à la Chambre de représentants sur une résolution rejetant la campagne BDS contre Israël.

« Les Américains ont boycotté l’Allemagne nazie en réponse à la déshumanisation, à l’emprisonnement et au génocide du peuple juif, a déclaré Tlaib. Dans les années 1980, beaucoup d’entre nous au sein de cette assemblée ont boycotté les produits sud-africains dans la lutte contre l’apartheid. Notre droit à la liberté de parole est menacé avec cette résolution ».

Rappelant ses racines palestiniennes, l’élue du Michigan a déclaré : « Je ne peux pas rester ici et regarder cette attaque sur notre liberté d’expression et le droit de boycotter les politiques racistes du gouvernement et de l’Etat d’Israël ».

Tlaib et d’autres militants du BDS ont déclaré qu’en appelant des entreprises, des artistes et des université à couper les liens avec Israël, ils utilisent un moyen non-violent pour s’opposer à des politiques injustes contre les Palestiniens. Israël a dit que le mouvement cache des motifs pour délégitimer ou détruire l’Etat juif.

Malgré les objections de Tlaib, le projet de loi a été largement adopté par un vote de 398-17, avec cinq abstentions. Seize Démocrates se sont opposés au projet de loi, y compris Tlaib et l’élue Ilan Omar du Minnesota, les deux premières femmes musulmanes a avoir été élues au Congrès. Les deux femmes soutiennent le mouvement BDS.

La mesure « s’oppose au mouvement global BDS contre Israël, y compris des efforts pour cibler les entreprises américaines qui sont impliquées dans des activités commerciales qui sont légales selon les lois américaines, et tous les efforts pour délégitimer l’Etat d’Israël ».

La résolution adoptée intervient un peu plus d’une semaine après que le président américain Donald Trump a lancé une polémique avec des tweets disant à Tlaib, Omar et d’autres nouvelles élues libérales de couleur de « retourner » d’où elles venaient, et les a accusées de détester Israël.

Mardi, Trump a réitéré ses attaques sur Tlaib après qu’une vidéo a refait surface où elle essaie de perturber l’un des événements de sa campagne présidentielle en août 2016. Dans la vidéo, qui est apparue ce weekend, on peut voir Tlaib qui est escortée en dehors d’un hall d’entrée par deux gardes de sécurité alors qu’elle saute et crie contre Trump.

Intervenant à un événement d’étudiants à Washington, Trump a dit qu’il avait vu la vidéo et pensé que Tlaib « agissait comme une folle ».

« J’ai vu, juste ce matin, cette Tlaib du Michigan, a-t-il dit. Il n’est pas possible qu’elle représente les valeurs des gens du Michigan. Mais je l’ai vue ce matin. Elle est dangereuse. Elle agit comme une folle ».

« Elle hurlait, a continué Trump. Elle hurlait comme une folle totale. Elle n’est pas bien dans sa tête ».

Mardi, Omar a présenté une résolution affirmant le droit des Américains à participer aux boycotts comme un élément de la liberté d’expression.

« Pour nous, c’est une occasion d’expliquer pourquoi nous soutenons ce mouvement non-violent qu’est le mouvement BDS », a déclaré Omar au site d’information Al-Monitor dans des commentaires publiés tard mardi.

Cette résolution dispose actuellement de trois soutiens, Omar, Tlaib et l’élu de Géorgie John Lewis, une icône des droits civiques qui a marché dans Selma.

Omar et Tlaib prévoient de visiter Israël et la Cisjordanie en août. Vendredi, l’ambassadeur d’Israël à Washington Ron Dermer a déclaré au Times of Israël que Jérusalem n’empêchera pas les élues américaines d’entrer dans le pays « par respect pour le congrès américain et la grande alliance entre Israël et l’Amérique »

Selon une loi polémique adoptée en Israël en 2017, l’état peut interdire l’entrée dans le pays de tout étranger qui « appelle sciemment le public à boycotter Israël ».

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