Israël en guerre - Jour 283

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Le calvaire vécu par les ex-otages Ziv, Kozlov et Meir Jan est allé « au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer »

Dans de nouveaux témoignages, les médecins et les proches des trois anciens captifs ont raconté une captivité passée dans l'obscurité, avec des menaces de mort répétées de leurs geôliers

Les otages Almog Meïr Jan et Andrey Kozlov secourus par les forces de l'unité Yamam, à Nuseirat, dans le centre de Gaza, le 8 juin 2024. (Crédit : Police israélienne)
Les otages Almog Meïr Jan et Andrey Kozlov secourus par les forces de l'unité Yamam, à Nuseirat, dans le centre de Gaza, le 8 juin 2024. (Crédit : Police israélienne)

Les trois otages qui ont été secourus par l’armée, le week-end dernier, ont été soumis à des violences physiques et psychologiques répétées au cours de leurs huit mois de captivité entre les mains du Hamas à Gaza, a fait savoir mercredi le Wall Street Journal, citant les récits de leurs proches, de médecins et de responsables israéliens de la sécurité.

Selon le journal, Almog Meir Jan, Shlomi Ziv et Andrey Kozlov ont été détenus dans une pièce placée dans l’obscurité le plus totale pendant six mois, sans aucun contact avec le monde extérieur autre que les interactions qu’ils pouvaient avoir avec leurs ravisseurs.

Lorsqu’ils n’obéissaient pas aux ordres stricts donnés par leurs geôliers, ils étaient, entre autres, enfermés dans les toilettes ou ensevelis sous des couvertures dans une chaleur intense, a fait savoir le WSJ. Leurs gardiens ont aussi infligé des sévices psychologiques aux trois Israéliens, menaçant régulièrement de les tuer et leur disant que personne ne viendrait à leur secours et que personne, d’ailleurs, ne se préoccupait de leur sort.

Il est difficile de connaître le lieu de détention où ils se trouvaient avant qu’ils ne soient finalement sauvés. Les liens de proximité que les trois hommes ont développé au fil des mois – des mois occupés à jouer aux cartes, note le journal, et où les trois captifs se sont mutuellement enseigné l’arabe, l’hébreu et le russe – leur ont permis de s’accrocher à la vie malgré la réalité tragique, a précisé l’article.

Les trois hommes ont été sauvés samedi dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au cours d’une opération conjointement organisée par les forces de sécurité israéliennes. Noa Argamani, qui était détenue dans un autre bâtiment situé à environ 180 mètres de l’appartement où ils étaient enfermés, a aussi été secourue. Le service de presse du Hamas a déclaré qu’au moins 274 personnes ont été tuées dans le cadre de cette opération, un bilan invérifiable et qui ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés. Israël, de son côté, affirme avoir connaissance de moins de cent victimes au cours du raid, un chiffre qui comprend en effet des civils, reconnaît Tsahal.

Les quatre ex-otages semblaient être dans un état satisfaisant à leur retour et leur humeur était enjouée. Les trois hommes avaient le crâne tondu, ils étaient rasés et Aviram Meir, l’oncle d’Almog, a raconté qu’ils avaient pu faire leur toilette en captivité. Aucun des otages ne paraissait avoir trop maigri.

Toutefois, a noté Meir, le teint de son neveu est pâle : les otages n’ont ainsi pas vu les rayons du soleil depuis des mois.

L’otage secouru Almog Meir Jan lève les mains en signe de joie alors qu’il est escorté depuis un hélicoptère militaire vers l’hôpital Sheba de Ramat Gan, le 8 juin 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le Wall Street Journal a indiqué que le docteur Itai Pessach avait expliqué que le comportement joyeux des anciens captifs, à leur arrivée, était probablement dû à l’adrénaline sécrétée pendant l’opération de sauvetage. Pessach, qui a pris en charge les ex-otages à leur arrivée à l’hôpital Sheba, près de Tel Aviv, avait dit devant les caméras de CNN, lundi, qu’ils avaient subi des violences physiques « presque quotidiennes » de la part de leurs ravisseurs.

S’exprimant auprès du Wall Street Journal, Pessach a expliqué que le poids des ex-otages avait été fluctuant pendant leur détention en résultat du stress ressenti, de la peur et des mauvais traitements, et qu’ils étaient dans un état de malnutrition tel qu’ils souffraient aujourd’hui d’amyotrophie – ou atrophie musculaire.

« Nous avons entendu des récits qui vont au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer », s’est exclamé le médecin.

Meir a confié au WSJ que les otages avaient été heureux, un jour, lorsqu’ils avaient été autorisés à regarder la chaîne arabophone Al-Jazeera et qu’ils avaient découvert quelques images d’un rassemblement organisé en faveur de leur libération à Tel Aviv. Son neveu, a-t-il ajouté, avait aperçu son visage sur une affiche brandie à bout de bras lors de la manifestation.

Des parents et des sympathisants des otages israéliens détenus à Gaza depuis l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre tenant des pancartes et agitant des drapeaux israéliens lors d’une manifestation devant le ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 6 avril 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Il avait eu le sentiment qu’il n’était pas oublié », a dit son oncle. C’était le 11 mai – le jour même de l’anniversaire d’Almog Meir.

Selon le WSJ, les proches des ex-captifs ont reçu le conseil de ne pas plonger dans la captivité de leurs être chers et les responsables de la sécurité ont demandé aux otages et aux familles de ne pas dévoiler de détails concernant l’épreuve qu’ils ont traversée. Le journal a précisé que les récits livrés par les otages qui ont été remis en liberté par le Hamas, jusqu’à présent, n’avaient été rendus publics qu’un mois ou plus après leur retour en Israël.

Ziv, Meir Jan, Kozlov et Argamani avaient été kidnappés alors qu’ils se trouvaient au festival de musique électronique Supernova, qui était organisé aux abords du kibboutz Reïm, le 7 octobre – lorsque des milliers de terroristes placés sous l’autorité du Hamas avaient franchi la frontière et qu’ils avaient semé la désolation dans le sud d’Israël, massacrant près de 1 200 personnes et kidnappant 250 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

L’otage sauvée Noa Argamani réunie avec son père Yaakov Argamani, au centre hospitalier Sheba, à Ramat Gan, le 8 juin 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Il resterait, selon les estimations, 116 otages à Gaza, mais tous ne seraient plus en vie. 105 civils ont été libérés au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre, et quatre otages avaient été remis en liberté avant cette pause temporaire dans les combats. Sept otages, dont une soldate, ont été secourus vivants par les forces israéliennes, et les corps de 19 otages ont également été récupérés, dont trois ont été accidentellement tués par l’armée lors d’un incident tragique, au mois de décembre.

L’armée israélienne a confirmé la mort de 37 personnes, qui sont toujours détenues par le Hamas et par les autres groupes terroristes de l’enclave côtière, sur la base de nouvelles informations et autres renseignements obtenus par les soldats sur le terrain à Gaza. Elles ont été tuées le 7 octobre ou abattues alors qu’elles se trouvaient en captivité.

Le Hamas détient par ailleurs les corps des soldats de Tsahal Oron Shaul et Hadar Goldin depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont tous deux censés être en vie après être entrés dans la bande de Gaza de leur propre gré en 2014 et 2015.

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