Le Centre Wiesenthal réagit au texte de « Libé » contre le « régime d’apartheid »
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Le Centre Wiesenthal réagit au texte de « Libé » contre le « régime d’apartheid »

Shimon Samuels s'inquiète du fait que "le texte pourrait servir, sans le vouloir, comme faire-valoir de l'antisémitisme à Durban IV à l'ONU à New York, en septembre"

La tribune de "Libération" appelant « à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine ». (Capture d’écran liberation.fr)
La tribune de "Libération" appelant « à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine ». (Capture d’écran liberation.fr)

Le Centre Simon Wiesenthal a réagi dimanche à la tribune publiée par le journal français Libération fin juillet, nommée « Pour que 2021 soit l’année de la fin de l’apartheid en Israël ». Le texte a été signé par « plus de 1 000 artistes, intellectuels et universitaires de plus de 45 pays », notamment le chanteur Roger Waters et le philosophe français Edgar Morin. Par leur signature, ils ont voulu appeler « à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine ».

Par la voix de son directeur des relations internationales, le Dr. Shimon Samuels, le Centre a exprimé son inquiétude auprès de Dov Alfon, directeur de la rédaction du journal français, et rappelé plusieurs faits historiques que nient la tribune.

Samuels a souligné que, « comme Israël est le seul État membre de l’ONU menacé d’anéantissement, ce langage [de la tribune] rappelle l’atmosphère génocidaire de la Conférence mondiale des Nations unies contre le racisme à Durban, en Afrique du Sud, en 2001 ».

« En tant seul Juif élu au Comité directeur international de Durban (ISC), j’ai assisté à cinq ‘PrepComs’ (réunions du comité préparatoire) sur trois continents, mais à mon arrivée à Durban, j’ai été expulsé de l’ISC, avec des menaces consistant à dénoncer un prétendu ‘monde dirigé par les Juifs’. C’était l’ambiance, alors qu’un millier de manifestants pro-palestiniens entouraient la minuscule synagogue de Durban brandissant des banderoles portant les mots : ‘Hitler n’a pas fini le travail !’ »

« Trois mois plus tard, j’ai assisté sans y être invité à la dernière réunion de l’ISC à Genève. Sur la table se trouvait un ‘plan décennal en 8 points, pour le démantèlement d’Israël en tant qu’État d’apartheid’ », a-t-il ajouté.

« M. Rédacteur en chef, les débordements à Durban – de la haine d’Israël à la haine des Juifs – en ont fait le plus grand rassemblement antisémite depuis les nazis… Durban II en 2009, à l’ONU à Genève, et Durban III en 2011, à l’ONU à New York, ont tous deux été ouverts par le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad, qui a répandu sa judéophobie. »

« Libération est une publication trop importante pour être utilisée à mauvais escient à des fins de propagande haineuse… Les mots ‘fin de l’apartheid en Israël’ ne sont pas vides de sens… Ce n’est pas non plus une question de liberté d’expression. »

« Ils sont un manifeste qui peut inciter à plus de haine et de violence. Le texte pourrait même servir, sans le vouloir, comme faire-valoir de l’antisémitisme à Durban IV à l’ONU à New York, en septembre », a conclu Samuels.

La tribune de Libération a suscité de nombreuses critiques depuis sa publication, notamment de la part de l’ancien Premier ministre français Manuel Valls et au sein de la communauté juive.

Au même moment, le journal Le Monde avait lui aussi été vivement critiqué après la publication d’un article jugé anti-Israël lié à l’affaire Pegasus.

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