Israël en guerre - Jour 283

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Le cessez-le-feu est le meilleur moyen de résoudre la crise humanitaire, dit Blinken aux pays donateurs de Gaza

Le secrétaire d'État américain a estimé que les pays qui déplorent la situation à Gaza devaient joindre le geste à la parole et verser de l'argent ; il a aussi discuté de l'accord de cessez-le-feu contre les otages avec le roi de Jordanie

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken lors de la conférence "Appel à l'action ; Réponse humanitaire urgente à Gaza" à la mer Morte, en Jordanie, le 11 juin 2024. (Crédit : Alaa Al Sukhni/Pool Photo via AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken lors de la conférence "Appel à l'action ; Réponse humanitaire urgente à Gaza" à la mer Morte, en Jordanie, le 11 juin 2024. (Crédit : Alaa Al Sukhni/Pool Photo via AP)

Prenant la parole mardi lors d’une conférence en Jordanie qui réunissait les pays donateurs d’aide à Gaza, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que le moyen le plus efficace de s’attaquer à la crise humanitaire dans la bande, pour la communauté internationale, était de pousser le Hamas à accepter la dernière proposition d’accord israélienne portant sur la remise en liberté des otages.

Blinken a commencé son intervention en soulignant la situation à Gaza.

« Plus d’un million de personnes ont été déplacées de Rafah seulement au cours du dernier mois – dont de nombreuses personnes qui avaient déjà été déracinées à de multiples occasions », a-t-il déclaré.

« 95 % de la population, là-bas, n’a pas accès à une eau potable propre. Pratiquement tout le monde, à Gaza, dépend des aides pour survivre. La plus grande partie du système d’assainissement a été détruite. Moins d’une dizaine des 40 hôpitaux de Gaza sont encore ouverts, et plus de 270 travailleurs humanitaires ont été tués », a-t-il ajouté.

« La seule initiative efficace que nous pouvons prendre pour nous attaquer au mieux à cette situation humanitaire critique à Gaza est de mettre en place un cessez-le-feu immédiat – et qui deviendra durable », a affirmé Blinken.

« Le premier et le seul message que je veux transmettre aujourd’hui aux gouvernements, aux institutions multilatérales et aux organisations humanitaires qui veulent soulager les souffrances massives à Gaza est le suivant : faites en sorte que le Hamas accepte l’accord. Poussez-le à le faire publiquement. Poussez-le à le faire en privé », a-t-il poursuivi.

Blinken a ensuite évoqué la situation critique des enfants dans la bande.

« Abed, dix ans, a perdu ses parents, son frère et d’autres membres de sa famille. Ils ont été tués dans une frappe aérienne qui visait des terroristes. Il a dit : ‘Quand mon papa et ma maman étaient vivants, je dormais. Aujourd’hui, je n’arrive plus à dormir' », a raconté Blinken.

« Il y a un acronyme qui est devenu de plus en plus courant pour désigner les enfants comme Abed à Gaza : c’est WCNSF – Enfant blessé sans membre de la famille survivant. »

« Fadi, six ans, souffre d’une mucoviscidose. Quand le conflit a commencé, ses parents n’ont plus été en mesure de se procureur l’alimentation et les médicaments dont il avait besoin pour rester en bonne santé. Avant d’être évacué, le mois dernier, vers les États-Unis depuis Gaza, il était dans un état de malnutrition tel que ses jambes ne pouvaient plus supporter le simple poids de son corps. »

« Dunya, onze ans – elle a perdu ses parents, son frère, sa sœur quand leur logement a été détruit à Khan Younès. Elle a dit cela : ‘J’ai perdu ma jambe. J’ai perdu ma famille mais j’ai encore des rêves. Je veux avoir une prothèse à la jambe. Je veux voyager. Je veux devenir médecin. Je veux que cette guerre se termine et je veux que nos enfants vivent en paix.' »

« Ces trois enfants – Abed, Fadi, Dunya – et tous les civils palestiniens qui souffrent à Gaza, nous savons pertinemment qu’ils ne sont pas que des chiffres. Ils sont des êtres humains. Ce sont des enfants, ce sont des femmes, ce sont des hommes qui veulent tous la même chose que nous voulons aussi à la fois pour nous et pour tous ceux qui nous sont chers, tout comme c’était le cas pour ceux qui ont été assassinés en Israël le 7 octobre, tout comme c’est le cas des otages qui continuent à rester captifs à Gaza à ce jour », a dit Blinken.

Des Palestiniens collectent de l’eau près de bâtiments détruits lors de frappes israéliennes à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 juin 2024. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Il a alors choisi de mettre au pied du mur les pays qui assistaient à la conférence, interpellant les États qui dénoncent avec force la situation humanitaire à Gaza tout en évitant eux-mêmes de joindre le geste à la parole en aidant concrètement à financer les aides aux Palestiniens.

« Seulement un tiers de l’appel qui a été lancé par les Nations unies en faveur de Gaza a été financé. Ce qui laisse un manque qui est approximativement à hauteur de 3,3 milliards de dollars. Chaque pays peut aider à combler ce manque », a indiqué le secrétaire d’État américain.

« Et pourtant, certains pays qui ont par ailleurs fait part de leur forte inquiétude face aux souffrances de la population palestinienne à Gaza – avec, parmi eux, des pays qui sont en capacité de donner beaucoup – n’ont versé que peu de fonds, voire rien du tout. Il est temps que tout le monde – je le répète, tout le monde – s’engage », a-t-il continué.

« Et à ceux qui ont d’ores et déjà donné et qui ont donné généreusement, donnez plus », a poursuivi Blinken, qui a fait remarquer que les États-Unis venaient d’annoncer qu’ils allouaient 404 millions de dollars supplémentaires à l’aide apportée aux Palestiniens.

Évoquant les efforts particuliers livrés par les États-Unis pour s’attaquer à la crise en plus de cette enveloppe, il a donné de nouveaux détails sur certaines des initiatives que Washington a demandé à Israël de prendre afin d’améliorer la situation humanitaire à Gaza.

Parmi ces initiatives, une inspection plus rapide des camions qui transportent des aides ; une révision de la liste des produits interdits d’entrée et une réduction de ces derniers ; une augmentation des visas délivrés aux travailleurs humanitaires ; une amélioration des canaux de déconfliction avec les ONG ; l’élargissement des autorisations données aux équipements médicaux pour les hôpitaux et concernant également la réparation des systèmes d’eau et d’assainissement.

Il a fait remarquer qu’Israël avait pris des initiatives visant à améliorer la situation humanitaire, notamment en ouvrant de nouveaux postes-frontières avec Rafah. Il a néanmoins souligné que ce n’était pas suffisant et il a appelé Jérusalem à faire davantage, mettant l’accent sur la nécessité d’épargner un plus grand nombre de civils lors des opérations militaires de Tsahal.

Le secrétaire d’État Antony Blinken rencontre le roi de Jordanie Abdallah II, en marge de la conférence « Appel à l’action ; Réponse humanitaire urgente à Gaza » à la mer Morte, en Jordanie, le 11 juin 2024. (Crédit : Alaa Al Sukhni/Pool Photo via AP)

En début de journée, lundi, le secrétaire d’État américain avait commencé sa visite à la mer Morte par un entretien avec le roi Abdallah, un échange organisé en marge de la conférence.

Les deux hommes ont discuté de la dernière proposition israélienne d’un accord portant sur un cessez-le-feu et sur la remise en liberté des otages, Blinken saluant le soutien apporté par la Jordanie à cette offre et rendant hommage aux efforts livrés par Amman pour soulager la crise humanitaire à Gaza, selon un compte-rendu américain.

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