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Le chef du Commandement du nord : Tsahal est prêt pour une guerre contre le Hezbollah

Netanyahu mentionne les pressions internationales contre une campagne sur plusieurs fronts ; les États-Unis craignent qu'une opération au Liban n'entraîne l'Iran dans la guerre

Un membre des forces de sécurité libanaises inspecte les dégâts autour d'un bâtiment qui a été ciblé par une frappe aérienne israélienne dans la ville de Wadi Jilo, au sud du Liban, à l'est de Tyr, le 6 juin 2024. (Crédit : Mahmoud Al-Zayyat/AFP)
Un membre des forces de sécurité libanaises inspecte les dégâts autour d'un bâtiment qui a été ciblé par une frappe aérienne israélienne dans la ville de Wadi Jilo, au sud du Liban, à l'est de Tyr, le 6 juin 2024. (Crédit : Mahmoud Al-Zayyat/AFP)

Le général en chef de l’armée israélienne chargé du secteur nord d’Israël a déclaré jeudi que l’armée était prête à étendre son conflit contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, si cela s’avérait nécessaire pour mettre fin à des mois d’hostilités transfrontalières meurtrières. Il s’est exprimé un jour après qu’un réserviste a été tué et 10 autres blessés lors d’une attaque de drone chargé d’explosifs contre une ville du nord d’Israël.

Le général de division Ori Gordin, chef du Commandement du nord de l’armée israélienne, est intervenu quelques heures avant que la ville de Kiryat Shmona ne soit touchée par une frappe et que les sirènes d’alerte au drone ne retentissent dans la région. La police a déclaré que des dégâts matériels avaient été causés, mais que personne n’avait été blessé.

Depuis huit mois, la région frontalière agitée est la cible d’un flot de tirs de roquettes, de missiles et de drones, qui ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers d’habitants.

« Le Hezbollah a été durement touché. Environ 420 terroristes et hauts responsables ont été éliminés », a indiqué Gordin lors d’une cérémonie marquant les 18 ans de la Deuxième Guerre du Liban, le dernier engagement militaire majeur entre Israël et le Hezbollah.

Gordin a indiqué que l’infrastructure terroriste du Hezbollah, construite au fil des ans, avait été détruite par les contre-attaques israéliennes depuis que le groupe terroriste a commencé à lancer des roquettes et d’autres projectiles sur le nord du pays le 8 octobre.

« C’est ce que nous faisons depuis huit mois, conscients que cette fois encore, tout comme il y a 18 ans, nous n’avons d’autre choix que de continuer à nous battre, ensemble, et ce jusqu’à ce que la mission soit menée à bien », a-t-il déclaré.

Gordin a indiqué que Tsahal avait achevé la semaine dernière les préparatifs d’une campagne contre le Hezbollah, et que les troupes s’entraînaient pour le combat.

« Nous sommes préparés et fin prêts, et lorsque nous en recevrons l’ordre, l’ennemi se heurtera à une armée forte et prête », a-t-il poursuivi.

Tsahal a déclaré plus tôt avoir mené une frappe contre deux terroristes du Hezbollah, et le groupe a annoncé qu’un de ses membres avait été tué. L’armée a également indiqué avoir frappé d’autres bâtiments du Hezbollah.

Le chef du Commandement Nord de l’armée israélienne, le général de division Ori Gordin, s’exprimant lors d’une cérémonie marquant les 18 ans de la Deuxième Guerre du Liban, le 6 juin 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Mardi, le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, a déclaré qu’Israël était proche d’une décision sur l’élargissement du conflit pour endiguer les attaques quotidiennes du Hezbollah sur le nord, qui ont entraîné la mort de 10 civils du côté israélien, ainsi que la mort de 15 soldats et réservistes de Tsahal.

Le même jour, le chef adjoint du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, a déclaré à la chaîne de télévision Al Jazeera que le groupe avait décidé de ne pas étendre la guerre qu’il mène depuis des mois contre Israël, mais qu’il se battrait si une guerre de grande ampleur lui était imposée. Qassem a déclaré que le front libanais ne se calmerait pas tant que la guerre à Gaza ne s’arrêterait pas.

Les dirigeants militaires et politiques d’Israël sont soumis à des pressions croissantes pour mettre fin aux attaques du Hezbollah et repousser le groupe loin de la frontière, soit par un arrangement diplomatique, soit en lançant une guerre totale.

Des dizaines de milliers de civils des villes et villages proches de la frontière ont été déplacés par les attaques, qui ont également causé de nombreux dégâts matériels et ont déclenché, en début de semaine, d’importants feux de broussailles.

On craint que le Hezbollah, s’il reste en place, ne lance une attaque surprise sur le nord, à l’instar de l’assaut lancé par le Hamas le 7 octobre sur le sud d’Israël, qui a décimé des communautés entières, fait quelque 1 200 morts et au cours duquel 251 personnes ont été kidnappées et emmenées dans la bande de Gaza, où plus d’une centaine sont encore captives.

« Le temps est venu de mettre fin aux atermoiements », a déclaré le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, lors d’une tournée dans le nord du pays jeudi. « Retarder la guerre contre le Hezbollah pourrait provoquer un désastre encore plus grand que celui du 7 octobre. »

Vue d’un grand incendie provoqué par des roquettes tirées depuis le Liban dans la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays, le 3 juin 2024 (Crédit : Ayal Margolin/ ​​Flash90)

Dans la ville frontalière de Metula, qui a été la cible d’un missile antichar jeudi – un tir qui n’a pas causé de dégâts, mais a déclenché un incendie – le chef du conseil local David Azoulai a déclaré que l’armée ne devrait pas attendre la fin des combats à Gaza pour lancer une offensive contre le Hezbollah.

« Si nous n’entrons pas au Liban, notre avenir sera bien pire », a-t-il déclaré à la radio de l’armée. « Tout ce que nous faisons pour l’instant, c’est répondre à leurs tirs ; nous nous contentons de rester sur la défensive. »

L’administration du Président américain Joe Biden a averti Israël que s’il passait à l’offensive contre le Hezbollah, l’Iran pourrait intervenir, transformant une guerre localisée en une guerre beaucoup plus complexe, a rapporté Axios jeudi, citant des responsables américains.

Selon l’article, Washington craint qu’une invasion terrestre ne déclenche un afflux de combattants soutenus par l’Iran qui entreraient au Liban depuis la Syrie pour participer aux combats.

Le porte-parole du Département d’État américain, Matthew Miller, a indiqué mardi que Washington « ne soutenait pas une guerre totale avec le Hezbollah », mais qu’Israël avait le droit de se protéger.

Les États-Unis et la France ont tenté de négocier une solution diplomatique pour mettre fin aux combats sans recourir à la guerre, mais les progrès ont été lents.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion au siège du Commandement du Centre de l’armée israélienne, le 6 juin 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait état des « pressions internationales difficiles qui pèsent sur nous » alors qu’Israël mène une « guerre difficile sur plusieurs fronts », lors d’une visite au siège du Commandement du centre de Tsahal.

« Je peux garantir une chose », a déclaré Netanyahu dans une déclaration vidéo. « Les choses ne seront plus ce qu’elles étaient. Nous allons changer cette réalité. »

Signe que les hostilités pourraient bientôt s’étendre, l’armée a annoncé jeudi qu’elle avait reporté de plusieurs semaines une mesure prévue pour réduire la taille des équipes de sécurité locales dans les villes du nord, à la suite d’une nouvelle évaluation de la situation.

Mercredi, deux drones chargés d’explosifs ont frappé la ville de Hurfeish, à majorité druze, située à plusieurs kilomètres de la frontière libanaise, tuant le sergent-chef (Rés.) Refael Kauders, 39 ans, qui occupait le poste de coordinateur du rabbinat militaire. Les sirènes d’alerte n’ont pas retenti avant l’attaque.

La femme et les enfants du sergent-chef Rafael Kauders, réserviste de Tsahal, qui a été tué lors d’une attaque de drone du Hezbollah sur le nord d’Israël le 5 juin, saluent lors de ses funérailles dans un cimetière de l’implantation de Kfar Etzion en Cisjordanie, le 6 juin 2024. (Crédit : AP Photo/Leo Correa)

Selon les premières évaluations militaires, les deux drones se sont percutés à quelques minutes d’intervalle, le second semblant viser les équipes de secours qui venaient soigner les blessés du premier. Ce n’est pas la première fois que le Hezbollah utilise cette tactique depuis le début des affrontements.

Le sergent d’état-major (Rés.) Refael Kauders a été tué lors d’une attaque de drone du Hezbollah dans le nord d’Israël le 5 juin 2023. (Autorisation)

Mercredi également, le Hezbollah a affirmé avoir touché un lanceur du système de défense antiaérienne du Dôme de fer près de la communauté de Ramot Naftali, dans le nord du pays.

Le groupe terroriste libanais a publié une vidéo semblant montrer un missile guidé frappant le lanceur.

La vidéo ne montre pas les dégâts que la frappe aurait causés.

L’armée israélienne a affirmé ne pas avoir connaissance de dommages causés à un lanceur du Dôme de fer.

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah mène des attaques quasi quotidiennes contre des communautés et des positions militaires israéliennes du nord du pays, affirmant qu’il le fait en soutien à Gaza, où Israël a lancé une offensive visant à éliminer le Hamas à la suite du massacre du 7 octobre.

Ces derniers mois, le groupe terroriste a multiplié l’utilisation de drones chargés d’explosifs, de missiles guidés antichars et de barrages de roquettes.

À la suite de cette attaque, l’armée a annoncé qu’elle avait mené des frappes contre une série de cibles du Hezbollah dans le sud du Liban tout au long de la journée, et notamment contre des infrastructures du Hezbollah à Naqoura et Matmoura, des bâtiments utilisés par le groupe terroriste à Ayta ash-Shab, ainsi qu’un poste de la milice à Khiam.

Jeudi, elle a annoncé avoir frappé deux terroristes du Hezbollah dans une attaque de drone à Aitaroun, ainsi que plusieurs bâtiments utilisés par le groupe terroriste dans la ville. Dans la nuit, elle a frappé un dépôt d’armes du Hezbollah à Wadi Jilou, dans le sud du Liban, ainsi que deux autres sites appartenant au groupe terroriste près d’Aadchit et des bâtiments et infrastructures utilisés par le Hezbollah à Beit Yahoun, Seddiqin et Odaisseh.

Des personnes inspectant les destructions à l’extérieur d’un bâtiment carbonisé touché par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Wadi Jilo, au sud du Liban, à l’est de Tyr, le 6 juin 2024. (Crédit : Mahmoud al-Zayyat/AFP)

Le Hezbollah a annoncé la mort d’un de ses membres, Hussein Al-Houran, originaire de la ville de Bint Jbeil, voisine d’Aitaroun, au cours des affrontements avec Israël.

L’organisation soutenue par l’Iran a identifié 331 membres qui ont été tués par Israël dans les affrontements actuels, principalement au Liban, mais aussi en Syrie. Au Liban, 62 autres membres d’autres groupes terroristes, un soldat libanais et des dizaines de civils ont également été tués.

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