Le chef du Conseil de Sécurité « inquiet » du possible boycott d’un représentant de l’ONU
Rechercher

Le chef du Conseil de Sécurité « inquiet » du possible boycott d’un représentant de l’ONU

Selon un reportage, Liberman aurait ordonné le boycott d'un représentant après ses critiques sur la politique des implantations

Murray McCully préside une réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU, le 14 septembre 2015. (Crédits : ONU / JC McIlwaine)
Murray McCully préside une réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU, le 14 septembre 2015. (Crédits : ONU / JC McIlwaine)

Le président du Conseil de sécurité des Nations unies a fait part de son inquiétude à propos d’une émission selon laquelle Avigdor Liberman aurait ordonné un boycott d’un représentant spécial de l’ONU après sa critique des démolitions des constructions palestiniennes en Cisjordanie.

Liberman aurait demandé aux employés du ministère et aux responsables militaires d’éviter les contacts avec le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen Orient Nickolay Mladenov, a indiqué la Deuxième chaîne dans un reportage mercredi.

Le ministère de la Défense et Mladenov n’ont pas souhaité réagir à ce reportage. Un communiqué du cabinet de Mladenov a annoncé qu’un représentant serait à New York jeudi pour un sommet du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Murray McCully, ministre des Affaires étrangères de Nouvelle Zélande, qui siège à la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU ce mois-ci, a indiqué avoir pris note « avec inquiétude » des informations sur la décision de Liberman.

« Cette action, apparemment une réaction au travail du coordonnateur, qui ne fait que ce qu’on lui a demandé de faire, est profondément contreproductive », dit-il.

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)
Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)

En août, Mladenov avait violemment critiqué Israël au sujet de la poursuite des constructions dans les implantations, déclarant que le récent rapport du Quartet sur le processus de paix au Moyen Orient, qui appelait à un arrêt des constructions, n’avait pas été entendu.

« Ses recommandations sont toujours ignorées, et on assiste à une augmentation de nombre d’implantations israéliennes et de démolitions », avait expliqué Mladenov au conseil de sécurité.

Le rapport du Quartet pour le Moyen Orient devait servir de base pour raviver le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, qui est en sommeil depuis une initiative ratée des États-Unis en avril 2014.

Mladenov s’était attiré les foudres des responsables israéliens après cette déclaration.

Depuis le 1er juillet, Israël a des projets pour plus de 1 000 logements à Jérusalem Est, et 735 logements en Cisjordanie, avait affirmé Mladenov au Conseil de Sécurité.

Il avait rappelé l’existence de communautés bédouines de l’est de Jérusalem et de Susiya dans le sud de la Cisjordanie, mettant en garde que « la démolition de cette communauté constituerait un dangereux précédent en terme de déplacement de populations. »

La communauté internationale a exprimé son inquiétude grandissante sur les conséquences de l’expansion des implantations, sur un territoire destiné au futur Etat palestinien, qui compromettrait dangereusement les accords de paix pour la solution à deux Etats.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté à plusieurs reprises les demande d’arrêt de construction dans les implantations, car selon lui, les projets résidentiels ne constituent pas un obstacle à la paix.

Un boycott risque d’affecter les discussions de Mladenov avec le COGAT, la branche du ministère de la défense israélien qui applique les décisions du gouvernement dans les territoires palestiniens.

En 2014, Liberman, alors ministre des Affaires étrangères, avait tenté, sans succès, de faire renvoyer Robert Serry, le prédécesseur de Mladenov pour avoir proposé un transfert des fonds qatari à l’intention des employés du Hamas à Gaza, dans le but de résoudre la crise salariale.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...