Le chef du Shin Bet justifie le retrait du mémorial du 7-Octobre : « Suffisamment de temps a passé »
Un proche d'une agente assassinée fustige les propos de David Zini lors d'un appel téléphonique avec les familles des victimes : "Comment pouvez-vous prononcer une pareille phrase ?"
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Le chef du Shin Bet, David Zini, a fait savoir aux familles endeuillées qu’il avait ordonné le retrait du mémorial installé au siège de l’agence en hommage aux victimes du 7-Octobre, estimant que « suffisamment de temps s’était écoulé depuis l’attaque », a indiqué dimanche un proche.
Critiqué pour cette décision controversée, Zini, lors d’un appel téléphonique avec les familles des victimes dans la journée de jeudi, a justifié sa décision de démonter le mémorial dédié aux employés de l’agence tués lors du pogrom perpétré par le Hamas en 2023, a rapporté la chaîne d’information N12.
Zoli Gyongyosi, dont la belle-sœur Smadar Mor Idan, employée du Shin Bet, et son mari, Roee Idan, ont été assassinés lors du massacre, a fait part à la chaîne de sa consternation face aux propos de Zini.
« Pour comprendre ce que signifie ‘suffisamment de temps s’est écoulé’, il faut avoir vécu cette histoire, cette réalité. Il n’y a pas de ‘temps qui s’est écoulé' », a répondu Gyongyosi lors d’une interview accordée à N12.
« J’élève trois orphelins qui ont vu leurs parents se faire assassiner sous leurs yeux. Une petite fille a été enlevée et emmenée à Gaza pendant 51 jours. Comment pouvez-vous prononcer une pareille phrase ? », a-t-il lancé en réponse aux propos de Zini.
Avigail, la fille de Roee et Smadar, âgée de trois ans lors de l’attaque du 7-Octobre, a été enlevée et emmenée à Gaza, puis libérée près de deux mois plus tard durant un cessez-le-feu temporaire. Ses deux frères et sœurs aînés, Michael et Amalia, ont survécu à l’attaque, cachés dans un placard. Les trois enfants ont ensuite été recueillis par Zoli Gyongyosi et son épouse Liron, la sœur de Smadar, qui les élèvent depuis lors.
Sur le site web de l’agence Shin Bet figurent les noms de dix agents, actifs ou à la retraite, qui ont été tués lors du pogrom du 7-Octobre : Mor Idan, Itay Yehoshua, Maor Shalom, Michael Ben Moshe, Omer Gavra, Ido Edri, Ilay Nachman, Amit Wachs, Yossi Tahar et Itay Moreno.
Selon le quotidien Haaretz, qui a été le premier à rapporter la décision de Zini de retirer le mémorial, le chef du Shin Bet, durant l’appel de jeudi, a présenté ses excuses aux familles pour les avoir laissées apprendre la nouvelle par les médias – plutôt que directement par l’agence.
Zini, qui a pris la tête du Shin Bet en octobre suite à une nomination controversée, a donné l’ordre de retirer le mémorial en avril, après Yom HaZikaron, a indiqué Haaretz. Il aurait expliqué que rien ne justifiait que le personnel de l’agence « soit confronté chaque jour à la débâcle [du 7-Octobre] ».
Le Shin Bet a confirmé dans un communiqué adressé aux médias israéliens que le mémorial avait été retiré, expliquant que Zini estimait qu’un mémorial dédié uniquement à certaines victimes du pogrom ne témoignait pas de l’ampleur de l’attaque. Les locaux abritent un mur commémoratif rendant hommage à toutes les victimes de l’attaque, a-t-il précisé, sans toutefois donner plus de détails sur les éléments qui le composent.
Cette décision aurait suscité de vives réactions parmi les responsables actuels et anciens de l’agence de sécurité. Certains auraient notamment estimé que cette mesure « franchissait une ligne rouge » et l’auraient fait savoir au chef du Shin Bet.
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