Israël en guerre - Jour 283

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Le conseiller d’un groupe de familles d’otages démissionne, citant les pressions des politiciens

Des dizaines de membres du Forum des Familles d'otages et de portés-disparus auraient cherché à exclure Ronen Tzur, affirmant que des personnalités du gouvernement avaient dit qu'elles ne travailleraient pas avec les familles s'il devait rester

Ronen Tzur, porte-parole du Forum des familles d'otages et de personnes disparues, assiste à un événement sur la place des otages, demandant au gouvernement israélien d'agir en faveur de la libération immédiate des otages, le 28 octobre 2023. (Crédit : Gili Yaari /Flash 90)
Ronen Tzur, porte-parole du Forum des familles d'otages et de personnes disparues, assiste à un événement sur la place des otages, demandant au gouvernement israélien d'agir en faveur de la libération immédiate des otages, le 28 octobre 2023. (Crédit : Gili Yaari /Flash 90)

Un conseiller auprès des médias de premier plan qui intervenait auprès du Forum des Familles d’otages et de portés-disparus a annoncé sa démission, dimanche, affirmant que les politiciens avaient dit aux familles qu’ils ne soutiendraient pas le groupe s’il devait rester.

Ronen Tzur n’a pas précisé pourquoi les politiciens voulaient son départ ou la raison pour laquelle ils ne se sont exprimés que maintenant, environ quatre mois après qu’il est devenu le porte-parole de la campagne. Toutefois, avant le début de la guerre contre le groupe terroriste du Hamas, au mois d’octobre, Tzur était une figure du mouvement de protestation des opposants au gouvernement.

Selon les médias israéliens, des dizaines de membres de familles d’otage avaient signé une lettre appelant à remplacer Tzur à son poste parce qu’il « affiche trop de couleurs politiques », ce qui est susceptible, selon elles, de porter atteinte au soutien public que le Forum veut rassembler autour de lui.

D’autres ont minimisé l’importance du courrier, disant que Tzur resterait au sein du Forum en tant que conseiller et qu’il s’agissait seulement de placer des représentants directs des familles au sommet de la hiérarchie de l’organisation.

Après une visioconférence avec les membres du Forum, dimanche matin, Tzur a écrit sur son compte X, anciennement Twitter, que les familles « ont fait part de leur profonde inquiétude au sujet des réactions des partis politiques de la coalition face à mon implication dans l’administration » du Forum des familles d’otages et de portés-disparus.

Tzur a ajouté qu’il « y a eu des preuves » attestant « de menaces reçues par les familles pendant leurs visites à la Knesset et pendant des réunions avec les membres de la coalition » par ailleurs chargés d’aider les familles, des politiciens qui « ont demandé le changement de la composition de l’organigramme à la tête du Forum ».

Des Israéliens manifestent devant le siège du ministère de la Défense à Tel Aviv, réclamant la libération des otages, le 15 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« En cette période difficile, douloureuse pour les familles, je n’ai pas l’intention de permettre à une action politique quelle qu’elle soit de venir menacer, directement ou implicitement, les familles des otages en les transformant eux-mêmes en otages de politiciens sans morale et dénués d’éthique », a écrit Tzur.

Il a ajouté que les familles avaient décidé de nommer une équipe qui sera formée de membres des familles et qui viendra prendre sa place.

Selon la chaîne publique Kan, le problème posé par la présence de Tzur figurait à l’ordre du jour depuis plusieurs semaines. Une pétition avait notamment réclamé son départ, réunissant les signatures de 45 familles.

Tzur, qui a été député pour le parti Avoda pendant une brève période, il y a presque 20 ans, est un spécialiste des communications de longue date. Il avait notamment travaillé pour le parti Hossen LeYisrael en 2018. La même année, il avait été contacté pour venir en aide à la pédocriminelle Malka Leifer qui cherchait à échapper à son extradition en Australie, où elle avait été ultérieurement condamnée.

Des manifestants anti-gouvernementaux se rassemblent à une entrée du siège de Tsahal au ministère de la Défense de Tel Aviv, le 17 février 2024. (Crédit : Rony Shapiro / Israel Pro-Democracy Protest Movement)

Haaretz a fait savoir que les critiques de la coalition à l’égard de Tzur se basaient, entre autres, sur son lien avec le mouvement de protestation des opposants au gouvernement qui avait secoué le pays pendant les neuf premiers mois de l’année 2023.

La guerre contre le Hamas a éclaté le 7 octobre, lorsque les hommes armés du Hamas ont lancé un assaut meurtrier contre Israël, tuant 1200 personnes, des civils en majorité. Les terroristes, qui ont été des milliers à avoir franchi la frontière, ont aussi kidnappé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

Israël a lancé une campagne militaire en riposte dont les objectifs sont d’écarter le groupe terroriste du pouvoir à Gaza, de l’anéantir et de garantir la remise en liberté des otages. La moitié d’entre eux sont encore retenus en captivité.

Parmi ceux qui ont pris part à la visioconférence avec Tzur, Udi Goren, cousin de Tal Chaimi de Nir Yitzhak, tué pendant l’attaque du Hamas et dont la dépouille est actuellement entre les mains des terroristes de Gaza. Goren a expliqué à Haaretz que les échanges entre Tzur et les familles ont été respectueux et que « tout le monde, au sein du Forum, apprécie les efforts qui ont été livrés par Ronen ».

Des militants anti-refonte du système judiciaire manifestant à Tel Aviv, le 23 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Goren a indiqué que le sujet « de la difficulté qui s’est posée avec Tzur » avait été évoqué pendant la réunion et « que sa présence est utilisée par les partis politiques et par certains, dans les médias, pour nous attaquer ». Il n’a pas donné d’autre détail.

Goren a expliqué que les familles avaient demandé à Tzur de conserver une fonction de conseiller « parce que nous avons beaucoup apprécié ce qu’il a fait jusqu’à présent » et il a par ailleurs nié l’existence d’une pétition exigeant son départ.

Le courrier réclamant la démission de Tzur, tel qu’il a été cité par les médias israéliens, soulignait que « nous en sommes à l’étape la plus importante depuis le début de la guerre et depuis le début du processus de libération des otages », une référence faite aux initiatives prises par les médiateurs internationaux en faveur d’un accord qui permettrait aux captifs d’être relâchés en échange d’une trêve, dont la durée et la nature sont des points de friction dans les pourparlers.

« Le moment décisif de l’adoption d’un accord, sous une forme ou une autre, se trouve dans le consensus public », a dit la lettre. « L’une des questions les plus importantes dans la mise en place de ce consensus est de nous regrouper autour d’un chef qui ne portera pas de couleur politique, qu’elle soit revendiquée ou non, et en particulier actuellement ».

« A cet instant critique, nous ne pouvons pas nous permettre d’être dirigés par une figure qui est considérée comme un repoussoir par une grande partie du public israélien – que ce soit sa faute ou non », a-t-elle continué.

Les familles des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza et leurs soutiens pendant une manifestation appelant à leur libération sur la place des otages de Tel Aviv, le 10 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)

Ayala Metzger, la belle-fille de l’otage Yoram Metzger, a aussi pris part à la visioconférence. Assurant qu’il n’y a pas eu de pétition écrite à l’encontre de Tzur, elle a expliqué que le Forum avait besoin de changements et que les difficultés liées à l’origine politique militante de Tzur avaient été évoquées.

« C’est une campagne publique », a-t-elle dit. « Il y a de nombreux points de vue, de nombreuses orientations. Ceux qui établissent ce qu’il faut faire, ceux qui prennent la tête du mouvement, ce sont les familles. »

Dans un communiqué, le Forum des Familles d’otages et de portés-disparus a dit qu’il « remercie Ronen pour son rôle déterminant dans la mise en place d’un quartier-général et pour son bénévolat sans faille en faveur des familles ».

« La responsabilité du retour de tous les otages incombe aux membres du cabinet et à celui qui l’administre. Ils ne doivent manquer aucune chance de leur permettre à tous de revenir dès maintenant », a noté le Forum.

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