Le débat autour du nombre d’enfants juifs dans les écoles du 93 s’envenime
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Le débat autour du nombre d’enfants juifs dans les écoles du 93 s’envenime

L'affirmation, selon laquelle, il n'y a "plus un enfant juif dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis" n'est pas exacte, mais il n'y en a plus beaucoup

Photo d'élèves d'une école juive.(Christopher Furlong/Getty Images via JTA)
Photo d'élèves d'une école juive.(Christopher Furlong/Getty Images via JTA)

Dans le cadre des débats actuels sur l’antisémitisme en France, provoqué par une succession d’évènements inquiétants (publication des chiffres de l’antisémitisme, agression d’Alain Finkielkraut, profanations de tombes, grafitti etc…), Eric Zemmour affirmait – après bien d’autres – la semaine dernière sur LCI qu’il n’y avait « plus d’enfants juifs en Seine-Saint-Denis ».

TF1, l’AFP et d’autres médias se sont donc penchés de plus prés sur la question, la première chaîne concluant à la fausseté de la déclaration du polémiste Eric Zemmour.

« Les assertions que font actuellement Ciotti, Zemmour et à l’époque Brice Hortefeux sont fausses », rétorque Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE, la première fédération de parents d’élèves, qui assure que « des parents à la FCPE du 93 sont de confession juive ».

D’autres témoignages sont ainsi avancés : comme celui de Hanna*, 17 ans, en terminale dans un lycée général du département. « On est 4 ou 5 élèves juifs sur 400 à peu près », explique-t-elle à l’AFP. Son petit frère, âgé de 6 ans, et ses trois cousins de confession juive sont « tous dans le public dans le 93 ».

Jérôme Fourquet de l’IFOP explique : « Une enquête qu’on avait menée montrait que (les parents) les plus inquiets mettaient (leurs enfants) dans le confessionnel juif, ceux qui étaient moyennement inquiets les mettaient dans le confessionnel catholique, et ceux qui étaient les moins inquiets continuaient majoritairement de les mettre dans le public », poursuit-il.

Ce qui est décrit en creux ici est un phénomène assez caractérisé pour être décrit, sans toutefois être absolu. S’il reste quelques élèves juifs dans le 93, ils y sont beaucoup moins présents aujourd’hui qu’il y a quelques années.

Professeur d’histoire-géographie en collège à Saint-Denis depuis 1999, Iannis Roder a vu la situation évoluer : « Au début des années 2000, il pouvait m’arriver d’avoir des élèves juifs, quelques-uns par-ci par-là. Mais ce que je crois voir, c’est que je n’ai plus d’élèves juifs. Ça fait huit ans à peu près », confie-t-il à l’AFP.

« Il n’y a plus grand-monde en Seine-Saint-Denis », assure de son côté Moché Lewin, rabbin du Raincy et conseiller spécial du Grand rabbin de France, au sujet des écoliers juifs inscrits dans le public. « Ça a commencé vraiment dans les années 2000 avec la deuxième intifada [soulèvement terroriste palestinien très meurtrier]. Avant, les enfants qui allaient dans le privé étaient des enfants de familles pratiquantes. Aujourd’hui, les parents les mettent dans le privé pour qu’ils ne se fassent pas insulter ou frapper », affirme-t-il.

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