Israël en guerre - Jour 232

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Le drame des otages de Gaza, une brèche dans le pacte de sécurité d’Israël

Une majorité d'Israéliens estime que leur gouvernement n'a pas fait assez pour libérer les 129 otages toujours retenus à Gaza par les terroristes palestiniens du Hamas et leurs complices

Des activistes manifestent en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à la poursuite des combats dans la bande de Gaza près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, le 11 avril 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des activistes manifestent en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à la poursuite des combats dans la bande de Gaza près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, le 11 avril 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je ne peux pas vivre ici si je n’ai pas confiance dans mon armée et mon gouvernement », déplore Einat Avni Levi, à l’instar de nombreux Israéliens pour qui libérer les otages de Gaza relève du contrat moral entre l’État et ses citoyens.

Dans le kibboutz Nirim où résidait cette femme de 40 ans, cinq résidents ont été tués et cinq autres ont été enlevés lors de l’assaut barbare du groupe terroriste palestinien du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre. Deux sont toujours retenus à Gaza par les terroristes palestiniens du Hamas et leurs complices.

Six mois plus tard, une majorité d’Israéliens estime que leur gouvernement n’a pas fait assez pour libérer les 129 otages toujours captifs à Gaza, selon un sondage réalisé la semaine dernière par la Douzième chaîne.

Aux yeux de Levi, cette tragédie sans fin a brisé quelque chose de fondamental, un « lien » entre l’État israélien et son peuple.

« Je ne peux pas vivre ici si je ne fais pas confiance à mon armée et à mon gouvernement pour venir me chercher » en cas d’enlèvement, observe-t-elle.

Un devoir « sacré » 

À gauche : des manifestants appelant le gouvernement à accepter un accord pour les otages, à Tel Aviv, le 11 avril 2024 ; à droite : des manifestants demandant au gouvernement de lancer l’incursion dans Rafah, à l’extrême sud de Gaza, à Jérusalem , le 11 avril 2024. (Crédit : Erik Marmor/Flash90 ; Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis près d’une semaine, une proposition de trêve incluant un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël est examinée par les responsables du Hamas et la partie israélienne. Sans avancée à ce jour.

Les familles d’otages manifesteront de nouveau samedi soir à Tel Aviv pour exiger leur libération.

L’histoire du conflit israélo-palestinien a été jalonnée d’attaques et de prises d’otages de civils israéliens ou de soldats israéliens qui ont profondément marqué la société israélienne.

« En grandissant et en servant dans l’armée, j’ai toujours su que tout serait fait pour me récupérer », explique Shimon Attal, rencontré lors d’un rassemblement de soutien aux otages de Gaza. « Et c’est ainsi que l’on se sent en sécurité », observe ce programmeur informatique.

La prise d’otage massive du 7 octobre marquera-t-elle une césure ?

Pour le rabbin Benny Lau, figure du judaïsme orthodoxe moderne, il existe en Israël « un pacte entre l’État et les citoyens selon lequel personne ne sera abandonné. Vous avez la certitude que vos dirigeants feront le maximum pour vous ramener », explique-t-il à l’AFP.

Ce principe relève même du « sacré », estime-t-il. « L’idée de préserver la vie est si forte qu’elle est inscrite dans la Bible à de nombreuses reprises », observe Lau.

Le rabbin Benny Lau. (Crédit : Autorisation)

Pas à tout prix

Le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, parle lui d’une « obligation morale », affirmant qu’Israël est prêt à « payer le prix du retour de ses fils et de ses filles ».

Au point qu’en 2011, Benjamin Netanyahu, déjà Premier ministre, avait échangé 1 027 prisonniers palestiniens contre le seul soldat israélien Gilad Shalit, une concession jugée exorbitante par beaucoup.

Aujourd’hui Netanyahu se voit largement reprocher d’avoir « abandonné » les otages de Gaza.

Zvika Mor sur une photo non datée avec son fils Eitan, otage du Hamas à Gaza. (Crédit : Autorisation)

Ce n’est qu’avec leur retour que « le contrat » entre les citoyens et l’État pourra être « renouvelé », insiste Carmit Palty Katzir, la sœur de l’otage Elad Katzir, dont le corps a été retrouvé la semaine dernière.

L’un des prisonniers de sécurité libérés il y a près de 15 ans en échange de Shalit est l’actuel chef du groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, l’instigateur de l’assaut du 7 octobre.

Une douloureuse piqûre de rappel pour Zvika Mor, dont l’aîné, Eitan, est détenu par le Hamas à Gaza. « Nous ne voulons pas que les otages soient libérés à n’importe quel prix », affirme ce père de huit enfants.

« Il ne s’agit pas de la vie de mon fils, mais de l’existence de l’État juif […] nous sommes en grand danger », estime Mor, qui a fondé le groupe Tikvah, composé de familles d’otages plus conservatrices.

Lui-même assure qu’il préférerait sacrifier son fils plutôt que de le voir échangé contre un prisonnier palestinien. Eitan, 23 ans, était agent de sécurité au Festival Supernova, où 364 personnes ont été massacrées.

« Il disait toujours ‘ne faites pas d’échange de prisonnier pour moi' », explique son père. « J’espère qu’il n’a pas changé d’avis. »

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