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Le fabricant israélien de batteries 3D intelligentes lauréat du prix BloombergNEF

Addionics repense l’architecture de la batterie avec des électrodes intelligentes, pour améliorer performances, capacité et temps de charge

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Batteries Addionics. (Crédit : Avec l’aimable autorisation de Addionics)
Batteries Addionics. (Crédit : Avec l’aimable autorisation de Addionics)

La start-up israélienne de technologie de batterie Addionics, qui développe des électrodes 3D intelligentes capables, selon la société, d’améliorer les performances, la capacité et le temps de charge des batteries, a été distinguée par BloombergNEF comme l’un des 12 pionniers BNEF en 2022.

Bloomberg New Energy Finance (BNEF) est la branche de recherche stratégique de Bloomberg, service d’information financière. Elle couvre les marchés mondiaux des matières premières et les technologies disruptives utiles à la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Chaque année depuis 13 ans, BNEF organise le concours Pioneers afin de mettre en avant les entreprises disruptives qui s’attaquent aux défis mondiaux liés au climat.

Les gagnants du concours 2022 ont été annoncés vendredi. Le concours de cette année a attiré plus de 270 candidatures de 27 pays et les candidats ont été évalués sur la base de trois critères : l’impact potentiel sur les émissions de gaz à effet de serre et la planète, le degré d’innovation technologique et de nouveauté, et la probabilité d’adoption et l’évolutivité potentielle.

Addionics est l’unique lauréat israélien, cette année, et la quatrième entreprise israélienne à remporter cette distinction ces dernières années.

ECOncrete, start-up israélienne d’infrastructure environnementale qui a développé du béton rentable, durable et de haute qualité pour la construction de projets d’infrastructures côtières et marines respectueux de l’environnement, avait remporté le prix en 2021.

StoreDot, développeur de batteries à charge rapide (l’objectif est de cinq minutes) pour les véhicules électriques, et REE, une entreprise qui réinvente des véhicules avec un châssis modulaire, avaient été honorés en 2020.

La société israélienne WhiteWater Technologies, qui a développé un système de gestion de l’eau en réseau, avait remporté le prix en 2013, mais a fermé ses portes depuis.

Fondée en 2017, Addionics repense l’architecture des batteries pour en améliorer la technologie.

« Nous sommes en train de révolutionner l’architecture des électrodes, pas la chimie », a déclaré le Dr Moshiel Biton, cofondateur et PDG d’Addionics, au Times of Israel. Ce faisant, la technologie d’Addionics peut améliorer les performances des batteries, quel que soit le type de chimie au coeur de la batterie. La société espère « intégrer sa solution dans les lignes de production et en faire un composant central du processus de fabrication », a déclaré Biton.

Il a expliqué que les technologies existantes n’étaient pas adaptées à l’avenir d’une mobilité « tout électrique », principalement en raison du stockage de l’énergie. La conception de la structure 3D d’Addionics, réalisée avec des algorithmes d’IA et de modélisation, fournit une puissance et une énergie élevées en permettant une plus grande charge de matériaux actifs, améliorant la dissipation de la chaleur et l’activation des systèmes de refroidissement, a-t-il précisé. La géométrie de ses collecteurs répond aux défis thermiques, mécaniques et de densité d’énergie des batteries d’aujourd’hui, affirme la société.

En se concentrant sur l’architecture et la physique, Addionics « relève le défi sur la totalité du process pour rendre les batteries plus évolutives et plus sûres, pas seulement en ce qui concerne la chimie », là où les concurrents concentrent leurs efforts, a déclaré Biton. « Nous nous situons en dehors de la chimie, on peut donc nous considérer comme une solution complémentaire. »

Addionics travaille déjà avec des OEM (fabricants d’équipements d’origine) et des entreprises de niveau I à l’intégration de sa technologie aux chaînes de montage existantes. L’été dernier, la société avait annoncé un nouveau partenariat avec le Centre for Process Innovation (CPI), centre britannique de technologie et d’innovation, et le WMG de l’Université de Warwick, département universitaire axé sur le transfert de connaissances en ingénierie et en technologie, afin de contribuer à l’amélioration des performances et du processus de fabrication des cellules de batterie lithium-ion. Connue sous le nom de Project STELLAR (Smart Three-dimensional ELectrode Lithium-ion batteries with Automated Robotics), la collaboration est soutenue par Innovate UK, agence d’innovation financée par le gouvernement.

De gauche à droite : le Dr Moshiel Biton, PDG et cofondateur, Nir Halup, vice-président, Recherche et développement, le Dr Farid Tariq, OSC et cofondateur et le
Dr Vladimir Yufit, directeur de la technologie et cofondateur. (Crédit : Avec l’aimable autorisation de Addionics)

Plus tôt cette année, au terme d’un tour de table de série A, Addionics a levé des fonds à hauteur de 27 millions de dollars pour financer ses travaux de refondation de l’architecture des batteries pour le marché des véhicules électriques et industries similaires, afin d’en améliorer performances et coûts.

La société israélienne, basée à Tel Aviv et à Londres, a déclaré souhaiter utiliser cet investissement pour agrandir son équipe, accroître ses activités aux États-Unis et en Allemagne et parvenir à la commercialisation d’ici 2024.

Biton a précisé que le prix BNEF était « la preuve de notre succès dans l’innovation en matière de batteries et de notre engagement envers un avenir durable ».

Addionics figure parmi les 12 lauréats du BNEF de par le monde, répartis dans quatre catégories pensées comme autant de « défis ». Le premier « défi » est venu récompenser deux entreprises américaines, une entreprise britannique et une start-up italienne travaillant à « la définition d’une énergie zéro émission permanente ». Le deuxième « défi » a honoré les entreprises « oeuvrant à la propagation de technologies d’élimination du carbone à long terme » : il s’agit de deux startups américaines et d’une entreprise islandaise dans cette catégorie. Le troisième « défi » – « décarboniser l’aviation » – a récompensé deux sociétés américaines développant de nouvelles technologies d’émissions.

BNEF sélectionne également des « jokers », des entreprises innovantes qui ne correspondent pas spécifiquement aux défis sélectionnés, mais qui s’attaquent à des « problèmes de décarbonisation clefs ». Addionics l’a emporté dans cette catégorie, aux côtés d’une entreprise américaine et d’une société britannique.

« Nous sommes conscients de l’importance des nouvelles technologies pour lutter contre le changement climatique et de la difficulté de faire évoluer l’innovation », a déclaré Claire Curry, coprésidente du comité de sélection et responsable de la recherche sur l’industrie numérique chez BloombergNEF.

« Depuis 2010, ce prix a eu une influence positive sur l’innovation en matière de technologie climatique, et nous pensons qu’il est maintenant plus urgent que jamais de mettre en évidence les lacunes technologiques pour atteindre la neutralité carbone, et promouvoir les entrepreneurs qui y remédient. »

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