Le frère de Sarah Halimi réagit à la nouvelle contre-expertise psychiatrique
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Le frère de Sarah Halimi réagit à la nouvelle contre-expertise psychiatrique

La perspective d'un procès de l'assassin de cette femme juive orthodoxe de 65 ans semble désormais compromise

William Attal, le frère de Sarah Halimi tuée en avril dans une attaque apparemment antisémite devant la synagogue centrale de Créteil, une banlieue de Paris, le 17 juin 2017 (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israel)
William Attal, le frère de Sarah Halimi tuée en avril dans une attaque apparemment antisémite devant la synagogue centrale de Créteil, une banlieue de Paris, le 17 juin 2017 (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israel)

Une nouvelle contre-expertise pratiquée sur l’homme soupçonné du meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, conclut à « l’abolition du discernement » du suspect au moment des faits, compromettant la perspective d’un procès, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Cette troisième expertise affirme que le suspect ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a été pris d’une « bouffée délirante aiguë d’origine exotoxique », selon cette source.

Lundi soir, dans une interview à i24NEWS, William Attal, frère de la défunte, a expliqué être « désolé » par ce dernier rapport. « Il nous peine terriblement. Il apporte de la douleur car pour les enfants, les petits-enfants, la famille c’est une affaire très difficile. »

« Nous, la famille, on attend plus, on aimerait que ce crime ne reste pas impuni, on aimerait que justice soit faite et finalement on est très loin du compte, » a-t-il regretté.

L’homme a également souligné des « événements incompréhensibles » dans le dossier. Il a aussi exprimé un « entêtement de la justice ».

« Il y a toujours en général une reconstitution du crime sauf dans le cas de ma sœur. On nous l’a refusé ou partiellement accordé dans l’endroit de l’assassinat », a-t-il jugé sur le plateau de i24NEWS.

Les parties civiles craignent que ces contre-expertises conduisent la juge d’instruction à ordonner un non-lieu. Une éventuelle décision en ce sens de la magistrate pourrait encore faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Paris.

La question du discernement du suspect, interné après son arrestation, est centrale dans le dossier. La première expertise psychiatrique concluait que, la nuit du meurtre, il avait été pris d’une « bouffée délirante aiguë », liée à une forte consommation de cannabis, qui avait altéré son discernement sans pour autant l’abolir.

Mais une première contre-expertise concluait au contraire à l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, mis en examen pour meurtre, et la juge avait ordonné une troisième expertise.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’une HLM de Belleville. Aux cris de « Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups avant de la précipiter dans la cour.

Le caractère antisémite avait été retenu par la juge d’instruction, à l’issue d’un bras de fer avec le parquet et les parties civiles car les circonstances du meurtre de cette ancienne directrice de crèche confessionnelle, juive orthodoxe de 65 ans, avaient d’abord semblé confuses.

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