Le gouvernement autorise l’immigration de 1 000 Juifs éthiopiens en 2018
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Le gouvernement autorise l’immigration de 1 000 Juifs éthiopiens en 2018

Le cabinet du Premier ministre et le ministère de l'Intérieur indiquent que les noms des 1 000 immigrants seront validés dans 4 semaines

Des militants israélo-éthiopiens exhortent le ministère de l'Intérieur à autoriser leurs familles à immigrer d'Éthiopie lors d'une réunion du Comité de contrôle de l'État le 12 février 2018. (Autorisation de la Knesset)
Des militants israélo-éthiopiens exhortent le ministère de l'Intérieur à autoriser leurs familles à immigrer d'Éthiopie lors d'une réunion du Comité de contrôle de l'État le 12 février 2018. (Autorisation de la Knesset)

Au moins 1 000 Juifs éthiopiens vivant encore en Ethiopie pourront immigrer en Israël au cours de l’année, après que le cabinet du Premier ministre et le ministère de l’Intérieur ont déclaré lundi qu’ils avaient dressé une première liste des immigrants potentiels et qu’ils comptaient les approuver dans les quatre semaines.

Il y a environ 8 000 Juifs en Ethiopie qui ont des proches parents en Israël qui attendent d’émigrer.

Le dernier vol d’immigrants éthiopiens est arrivé en Israël le 28 décembre 2017, amenant une partie des 1 300 immigrants arrivés en 2017. Mais le Cabinet n’a pas approuvé les quelque 200 millions de shekels nécessaires pour intégrer les 1 300 immigrants prévus en 2018, ce qui a mis un terme aux vols.

« Je suis au service de l’État et je me bats en même temps contre l’État », a déclaré Belaynich Indishu – qui a été soldat dans l’unité de combat de Duvdevan et travaille actuellement dans la sécurité pour le gouvernement – lors de la réunion de la Knesset. Indishu s’est installé en Israël en 2007 et a deux sœurs toujours en Ethiopie. « Pour quoi faire ? Pour que je ne puisse pas être avec mes sœurs ? »

La députée Shelly Yachimovich (Parti travailliste), présidente du Comité de contrôle de l’Etat qui a présidé la réunion, a salué cette nouvelle comme une « réussite ».

Une membre de la communauté juive éthiopienne de Falash Mura allume les bougies du Shabbat avant l’office du Shabbat et de la Pâque dans la synagogue de Gondar, Ethiopie, le 22 avril 2016. (Miriam Alster/FLASH90)

« La souffrance de 6 000 personnes à Gondar et Addis-Abeba continue sans raison apparente », a-t-elle dit. Nous ne parlons pas de questions budgétaires, mais d’éthique. Il y a des forces au sein du gouvernement qui ne sont pas intéressées à les amener en Israël parce qu’elles ne les considèrent pas juives, et la motivation ici, malheureusement, c’est le racisme. »

Shlomo Mor-Yosef, le directeur général de l’Office de la population, de l’immigration et des frontières, la branche du ministère de l’Intérieur qui s’occupe de cette question, a déclaré que les employés du ministère de l’Intérieur n’étaient pas racistes, mais qu’ils mettaient simplement en œuvre les décisions du gouvernement.

Il a déclaré que le groupe qui devrait immigrer en Israël en 2018 sera composé d’environ 1 000 parents et enfants, en se concentrant sur les parents qui ont déjà des enfants en Israël.

Le processus d’approbation de l’immigration a été entravé par des accusations de racisme et d’inefficacité contre le ministère de l’Intérieur, et il y a eu un retard de six mois dans les vols en 2017.

En novembre 2015, le gouvernement a annoncé qu’il amènerait en Israël les derniers Juifs éthiopiens en attente d’immigration. Le ministère des Finances a alloué de l’argent à 1 300 Éthiopiens pour immigrer en 2017, la première étape d’un programme quinquennal visant à attirer de nouveaux immigrants à raison d’environ 100 par mois.

Des jeunes garçons de la communauté juive éthiopienne de Falash Mura attendent l’office de prière dans la synagogue de Gondar, Ethiopie, 22 avril 2016 (Miriam Alster/FLASH90)

Les juifs laissés en Ethiopie sont classés comme Falashmura, un terme pour les juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a des générations.

Parce que le ministère de l’Intérieur ne considère pas les Falashmuras comme étant juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la loi du Retour et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour se rendre en Israël. Les critiques craignent que des dizaines de milliers d’Éthiopiens ne puissent prétendre à l’éligibilité dans le cadre de ce processus.

La communauté dénonce le processus de détermination de leur judaïcité qui a été mal exécuté et erroné, divisant les familles. Au moins 80 % des Juifs en Ethiopie ont des parents au premier degré qui vivent en Israël, disent-ils.

Des membres de la famille accueillent les nouveaux arrivants d’Éthiopie à l’aéroport Ben Gourion le 6 juin 2017. (Miriam Alster/Flash90)

En août 2013, le gouvernement a annoncé la « fin » de l’immigration éthiopienne, affirmant que tous les Juifs éthiopiens se trouvaient désormais en Israël. Depuis lors, l’Agence juive a cessé son financement de la synagogue communautaire de Gondar, annulant un programme de nutrition pour les enfants et, à un moment donné, récupérant même le rouleau de Torah de la ville.

Bien que le gouvernement ait approuvé à l’unanimité l’immigration de tous les Juifs restants d’Ethiopie en novembre 2015, la décision était abandonnée trois mois plus tard lorsque le bureau du Premier ministre a refusé de mettre en œuvre le programme parce que le milliard de shekels (284 millions de dollars) qu’il avait déclaré être nécessaire pour financer le processus d’intégration ne figurait pas au budget de l’Etat.

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