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Le gouvernement met fin au suivi téléphonique des porteurs d’Omicron par le Shin Bet

Bennett indique néanmoins que le programme de surveillance pourrait être renouvelé ; le ministre de l'Éducation demande la levée de toutes les restrictions

Le marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 26 novembre 2021. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)
Le marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 26 novembre 2021. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)

Jeudi, le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz ont annoncé que le gouvernement ne prolongerait pas un programme controversé de surveillance des téléphones des personnes ayant contracté le variant du coronavirus Omicron.

Cette décision fait suite à d’intenses critiques publiques concernant la décision de faire appel à l’agence de sécurité du Shin Bet pour avoir recours à cette technologie invasive dans le cadre des efforts de recherche des cas contacts.

Les ministres qui ont approuvé le programme dimanche avaient exprimé un certain malaise quant à l’utilisation de cet outil, exigeant que les dirigeants demandent l’approbation de la Knesset pour prolonger le programme au-delà de la date limite de jeudi minuit et promettant de réexaminer chaque jour l’utilisation de cet outil.

« Conformément à la politique décidée à l’avance par le cabinet du coronavirus, selon laquelle le pistage sera utilisé avec parcimonie et examiné quotidiennement, il a été décidé de ne pas continuer à les utiliser pour le moment », indique une déclaration conjointe de Naftali Bennett et Nitzan Horowitz.

Cette dernière précise aussi qu’au cours de la semaine écoulée, le suivi téléphonique « a contribué à l’effort visant à couper la chaîne d’infection », mais Naftali Bennett et Nitzan Horowitz gardant la porte ouverte à une éventuelle réutilisation ultérieure.

« La réactivation de la localisation sera examinée en fonction des circonstances et de la morbidité », indique le communiqué.

Nitzan Horowitz, qui s’était opposé à l’utilisation de cette technologie lorsqu’il était dans l’opposition l’année dernière, a tweeté que le suivi téléphonique avait toujours été destiné à être limité dans sa portée et sa durée.

« J’ai souligné dès le départ que l’utilisation de cet outil serait restreinte et très courte – pendant quelques jours – afin d’obtenir des informations urgentes pour enrayer la propagation d’un variant nouveau et inconnu. C’est exactement ce que nous avons fait », a-t-il écrit.

« Nous terminons maintenant ce travail car, outre la protection de la santé, nous devons également préserver la vie privée et les droits de l’homme, même en période d’urgence », a ajouté le ministre de la Santé.

Une femme au téléphone dans la rue Jaffa à Jérusalem, le 29 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le programme de surveillance, qui a été mis en place l’année dernière au cours des premiers mois de la pandémie, a fait l’objet de critiques de la part des groupes de défense de la vie privée et des droits humains, mais a été salué par les responsables comme ayant contribué à endiguer la propagation du virus en permettant au gouvernement d’avertir les Israéliens s’ils se retrouvaient en contact avec des porteurs confirmés du virus.

La reprise de ce suivi téléphonique a été approuvée par le gouvernement dimanche et nécessite l’approbation de la Knesset pour être prolongée. Cependant, il ne semblait pas y avoir un soutien suffisant pour une prolongation après que plusieurs ministres et députés de la coalition se soient opposés à la relance du programme.

« Je félicite le Premier ministre et le ministre de la Santé d’avoir mis fin à la localisation par le Shin Bet », a écrit la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton sur Twitter.

Shasha-Biton, l’un des quatre ministres à s’opposer à l’utilisation de l’outil de surveillance lors d’une réunion du cabinet dimanche, a également demandé que d’autres restrictions nouvellement imposées liées à Omicron soient supprimées.

« Il ne reste plus qu’à annuler la décision de mettre en quarantaine les personnes vaccinées qui reviennent de l’étranger », a-t-elle déclaré, faisant référence à l’obligation pour les Israéliens entièrement vaccinés de s’auto-isoler pendant au moins trois jours à leur arrivée dans le pays.

Selon le site d’information Walla, M. Bennett devait rencontrer des responsables de la santé pour discuter de l’assouplissement des restrictions de voyage, notamment de la suppression de la nouvelle règle de quarantaine et de l’obligation pour les Israéliens vaccinés revenant de pays « rouges » de rester en quarantaine dans une installation gérée par l’État.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz (à gauche) tiennent une conférence de presse sur la base militaire de Kirya à Tel Aviv, le 26 novembre 2021. (Crédit : Moti Milrod/Pool via Flash90)

Le rapport indique que les Israéliens qui ne figurent pas sur la liste des personnes vaccinées pourraient être obligés de rester en quarantaine dans des sites gérés par l’État à leur retour d’un pays « rouge » ou « orange » et de payer la facture, dans le but apparent d’encourager la vaccination.

D’autres propositions politiques seraient à l’étude, notamment le renforcement de la surveillance policière des personnes non vaccinées arrivant de l’étranger et l’assouplissement des règles de quarantaine pour les Israéliens totalement vaccinés en provenance de pays « rouges ».

Le hall des arrivées de l’aéroport Ben Gurion, le 28 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Israël a jusqu’à présent confirmé trois cas touchés par le variant Omicron et examine quelques dizaines d’infections suspectées d’être causées par cette souche mutée du coronavirus, que l’Organisation mondiale de la Santé a classée comme « préoccupante » après sa détection initiale en Afrique du Sud le mois dernier.

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