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Le Grand Rabbin autoproclamé d’Arabie saoudite refoulé à la frontière

Le rabbin Jacob Herzog, qui réside entre Ryad et Jérusalem, affirme disposer d'un visa valide et n'avoir reçu aucune explication quant à cette interdiction d'accès au royaume

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog, à l'aéroport international King Khalid de Ryad, en novembre 2021. (Crédit : Autorisation)
Le rabbin Jacob Yisrael Herzog, à l'aéroport international King Khalid de Ryad, en novembre 2021. (Crédit : Autorisation)

JTA — Le Grand Rabbin autoproclamé d’Arabie saoudite, Jacob Herzog, a déclaré lundi s’être vu refuser l’entrée dans ce pays du Golfe.

« C’est avec un profond regret que j’annonce avoir été interdit d’entrée dans le royaume d’Arabie saoudite à mon arrivée, alors que je détenais un visa valide, et que j’ai passé une grande partie des dernières années à vivre et à servir dans ce royaume béni », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Bien que ce pays ne compte aucune communauté juive officielle, le rabbin Herzog s’est présenté ces dernières années comme l’émissaire de la petite population de touristes et de résidents juifs du pays, un rôle qui l’a mis en porte-à-faux avec une communauté habituée à vivre dans l’ombre de cet État ultra-rigoriste.

« Cet incident m’a éloigné, contre ma volonté, de la communauté juive que je sers avec amour au sein du royaume, une communauté qui vit dans l’esprit de paix et de bonne volonté incarné par le système royal saoudien et le grand peuple saoudien », a-t-il poursuivi.

Alors que l’Arabie saoudite n’autorise généralement pas les détenteurs d’un passeport israélien à entrer sur son territoire, la double nationalité américano-israélienne du rabbin Herzog, né à New York, semble lui avoir valu une certaine indulgence pour ses allers-retours entre son domicile à Jérusalem et le royaume.

Cette interdiction d’entrée intervient alors que les relations entre l’Arabie saoudite et Israël sont tendues depuis plusieurs mois, dans un contexte d’accord de cessez-le-feu fragile entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le président Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 18 novembre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Alors que le président américain Donald Trump a insisté à plusieurs reprises pour que le pays conclue un accord de normalisation avec Israël, les dirigeants saoudiens restent fermes sur le fait que la création d’un État palestinien est une condition sine qua non à la conclusion de tout accord.

« L’Arabie saoudite n’envisage pas de conclure un accord de normalisation avec Israël. Si Israël devient un pays normal qui accepte le droit international, alors l’Arabie saoudite envisagera la normalisation », a déclaré dimanche au Times of Israel l’ancien chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki ben Faisal.

Le rabbin Herzog a indiqué qu’il n’avait reçu aucune explication de la part des autorités de l’aéroport ou du ministère de l’Intérieur concernant cette décision, mais qu’il était « convaincu que cette mesure n’émanait ni de la Cour royale ni du gouvernement saoudien lui-même ».

« Malgré ma confiance totale dans l’intégrité des institutions saoudiennes et les intentions louables de ses dirigeants, je ne peux ignorer la possibilité de l’existence de forces obscures cherchant à entraver la voie de la réforme, de l’ouverture et de la tolérance que le royaume poursuit avec détermination », a-t-il ajouté.

Le rabbin Jacob Yisrael Herzog, à Ryad, en 2021. (Crédit : Autorisation)

Le ministère de l’Intérieur saoudien n’a pas répondu aux demandes de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency concernant le refus dont a fait l’objet le rabbin Herzog.

Il commercialise des aliments casher dans les épiceries saoudiennes et propose ses services de mohel (personne pratiquant la circoncision conformément à la foi et à la tradition juives) sur son site web. Toutefois, l’Arabie saoudite interdit la pratique d’une religion autre que l’islam en public.

En mars 2024, une délégation du gouvernement américain chargée de la liberté religieuse internationale a écourté sa visite en Arabie saoudite après qu’un rabbin participant au voyage a été prié de retirer sa kippa en public.

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