Le guide suprême iranien impose le hijab aux femmes dans les dessins animés
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Le guide suprême iranien impose le hijab aux femmes dans les dessins animés

On ignore si le décret d’Ali Khamenei sera ou non appliqué ; les films étrangers sont autorisés à montrer des femmes non-voilées en Iran, mais pas les productions locales

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire du prophète de l'islam Muhammad, à Téhéran, Iran, le 3 novembre 2020. (Bureau du guide suprême iranien via AP)
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'adresse à la nation dans un discours télévisé marquant l'anniversaire du prophète de l'islam Muhammad, à Téhéran, Iran, le 3 novembre 2020. (Bureau du guide suprême iranien via AP)

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a récemment décrété que les femmes représentées dans les dessins animés ou les films d’animation devaient porter le foulard islamique, ou hijab.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, à une question sur la nécessité de couvrir les cheveux des personnages féminins dans les dessins animés, Khamenei a répondu que « le respect du port du hijab dans l’animation est nécessaire du fait des conséquences de l’absence du port du hijab ».

On ne sait pas si le décret sera appliqué ni à quel degré.

En raison des lois de censure strictes imposées par Téhéran, les scènes jugées immorales ou offensantes sont souvent censurées, tandis que les films jugés hostiles aux valeurs islamiques sont interdits.

Des policiers iraniens arrêtent une femme pour non-respect du stricte code vestimentaire islamique à Téhéran, le 21 avril 2007. (AP Photo)

Depuis la révolution islamique de 1979, il est devenu obligatoire pour les femmes de porter un hijab et des vêtements modestes en public, une mesure imposée par la police religieuse islamique d’Iran, connue sous le nom de Brigade des mœurs.

La télévision iranienne peut diffuser des films étrangers avec des femmes non-voilées – bien que les jambes trop visibles et les décolletés soient masqués d’un flou ou dissimulés d’une façon ou d’une autre.

Mais les productions locales doivent normalement respecter des règles strictes, selon lesquelles aucune chevelure féminine ne peut être montrée, même dans des films historiques ou pour des scènes se déroulant au sein du domicile familial, où les femmes ne se couvrent pas les cheveux dans la vie réelle.

Les cinéastes iraniens doivent obtenir trois autorisations distinctes : pour le scénario, le tournage et la diffusion.

Mais les autorités admettent que la majorité des Iraniens possèdent désormais une antenne parabolique – bien que ce soit officiellement illégal – qui diffusent des programmes non-censurés du monde entier.

Cela participe à l’érosion constante des lois islamiques strictes. Le foulard est ainsi de plus en plus repoussé en arrière, en particulier dans les quartiers les plus riches de Téhéran.

L’AFP a contribué à cet article.

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