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Le journaliste polonais Adam Michnik remporte le prix Princesse des Asturies

Né dans une famille juive polonaise, l'ancien dissident, qui a passé 6 ans de sa vie dans les prisons communistes, aura facilité la transition démocratique en Pologne

Adam Michnik, ancien dissident et cerveau de la transition pacifique du communisme à la démocratie en Pologne, s’entretient avec l’Associated Press à Varsovie, en Pologne, le 25 mai 2014. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)
Adam Michnik, ancien dissident et cerveau de la transition pacifique du communisme à la démocratie en Pologne, s’entretient avec l’Associated Press à Varsovie, en Pologne, le 25 mai 2014. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

Figure historique de l’opposition anticommuniste en Pologne, le journaliste Adam Michnik a remporté mercredi le prix Princesse des Asturies, l’une des récompenses les plus prestigieuses dans le monde hispanophone.

Le jury a récompensé l’intellectuel de gauche, âgé de 75 ans, « pour son engagement en faveur d’un journalisme de qualité et pour son influence sur le rétablissement et la défense de la démocratie en Pologne », a annoncé dans un communiqué la fondation qui décerne ce prix.

Michnik a été récompensé dans la catégorie « communication et humanités » de ce prix doté de 50.000 euros qui compte au total huit catégories.

Fondateur du grand journal de centre-gauche Gazeta Wyborcza, dont il est toujours le rédacteur en chef, Adam Michnik a été l’un des artisans de la chute du communisme en Pologne en 1989.

Ce quotidien est actuellement le principal journal d’opposition dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir en 2015 du parti conservateur catholique Droit et Justice (PiS), formation aux tendances nationalistes et populistes.

Né en 1946 dans une famille de militants communistes d’origine juive, Adam Michnik conteste très jeune le régime communiste polonais. Il est notamment l’un des organisateurs d’une révolte d’étudiants réclamant en mars 1968 une plus grande liberté d’expression.

La brutale répression policière de ce mouvement débouche sur une campagne antisémite, orchestrée par le régime communiste, suivie de l’émigration de milliers de Polonais d’origine juive.

Refusant de quitter la Pologne, Adam Michnik est chassé de l’Université de Varsovie et condamné à trois ans de prison. Libéré en vertu d’une amnistie en 1969, il travaille comme ouvrier dans une usine d’ampoules électriques, tout en publiant sous pseudonyme des articles sur des questions historiques.

Au total, il passera six ans dans les prisons du régime communiste avant sa chute.

Figurant parmi les fondateurs du mouvement KOR (Comité de défense des travailleurs), embryon d’une opposition ouverte au régime totalitaire, il avait intégré le syndicat Solidarité dès sa création en 1980.

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