Le Labour suspend un donateur juif qui a comparé les sympathisants de Corbyn aux SA nazis
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Le Labour suspend un donateur juif qui a comparé les sympathisants de Corbyn aux SA nazis

Michael Foster puni suite à son article dans le Daily Mail, dans lequel il accusait le parti de percevoir les juifs comme des « conspirateurs blairistes »

Michael Foster, pendant l'émission politique quotidienne  de la BBC, le 2 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Michael Foster, pendant l'émission politique quotidienne de la BBC, le 2 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Un donateur juif important du Labour britannique a été suspendu du parti un mois après avoir comparé les sympathisants du chef de parti Jeremy Corbyn à des stormtroopers [unité d’élites de l’armée impériale allemande durant la Première Guerre mondiale].

Michael Foster, dont la famille a contribué au parti à hauteur de 500 000 dollars lors des dernières élections, a rédigé un éditorial dans le Daily Mail, dans lequel il comparait les partisans de Corbyn à des Sturmabteilung (les SA). Cependant, il prétend de jamais avoir employé le mot nazi, qui a été utilisé dans le titre du journal.

Foster a porté plainte pour que Corbyn ne participe plus aux élections pour la direction du parti sans avoir au préalable reçu le soutien d’au moins 51 membres du parlement, comme le stipulent les règles du parti. Corbyn doit participer à l’élection pour la direction du Labour qui se déroulent ce mois-ci.

Dans son article, Foster a évoqué un antisémitisme de la part des sympathisants de Corbyn.

« Si, comme moi, vous êtes donateur au Parti travailliste, vous êtes traité de conspirateur blairiste, complotant pour utiliser faussement l’accusation d’antisémitisme pour causer du tort à la gauche. » a-t-il écrit.

Foster a également accusé le Labour de chercher à faire tomber l’état de droit et à se débarrasser de la démocratie.

Le chef du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, discute de l'enquête sur l'antisémitisme au sein de son parti pendant un discours à Londres, le 30 juin 2016. (Crédits : capture d'écran YouTube)
Le chef du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, discute de l’enquête sur l’antisémitisme au sein de son parti pendant un discours à Londres, le 30 juin 2016. (Crédits : capture d’écran YouTube)

« Corbyn et son équipe n’ont aucun respect pour les autres, et pire, aucun respect pour l’état de droit. Ils n’ont aucune conscience morale, et ils ont trouvé en Corbyn un dirigeant qui veut faire tomber la Chambre des Lords », a-t-il écrit.

Foster a ensuite déclaré que l’enquête d’antisémite au sein du Parti travailliste n’était pas impartiale et que Corbyn a graissé la patte de Shami Shakrabarti, avocate qui défend les droits de l’homme.

Immédiatement après la publication de l’article, le Labour a reçu des appels, ainsi deux pétitions en ligne, demandant l’exclusion de Foster du parti.

Foster a été officiellement exclu du parti le 7 septembre, selon The Guardian, pour avoir violé la clause qui interdit « l’abus de quelque sorte, par les membres ou les sympathisants. » Cela signifie que Foster ne pourra pas voter lors des primaires du parti.

Foster a émis des accusations similaires à l’encontre de Corbyn et de son parti dans un article d’opinion dans le Guardian, écrit dimanche par l’ancien conseiller en politique juif du Labour.

« Nous sommes laissés pour compte par un dirigeant du Labour, qui, comme le pensent certains, semble vouloir échanger la pairie contre un reportage favorable sur l’antisémitisme.

Simons a écrit que l’antisémitisme sera toujours une caractéristique qui définit la gauche britannique, et a prétendu que les vieux stéréotypes sur les juifs comment étant des usuriers cupides ont été remplacés par le sentiment antisémite envers les juifs et les sionistes.

« Le parti est actuellement dirigé par une équipe dont l’identité politique est définie par un mépris viscéral de l’Amérique et d’Israël. »

Et pourtant, le sentiment anti-israélien est une attitude à peine voilée contre les juifs, accuse-t-il. Simons évoque un incident au cours duquel l’usage de l’hébreu avait été jugé vexant, car trop sioniste par les adjoints de Corbyn.

« Sans une once d’ironie, un conseiller m’a demandé de retirer les vœux de « ‘Hag Casher VeSamea’h » du message de Corbyn pour Pessah [pâque juive], a-t-il écrit, « de peur que les sympathisants de Corbyn perçoivent cet usage de l’hébreu comme un acte sioniste. » Cet adjoint a ensuite été identifié comme Seumas Milne, selon le Jewish Chronicle.

Simons a conclu, cependant, que les jeunes juifs libéraux ne devaient pas abandonner le parti. « De même que les juifs dans le monde entier doivent continuer à penser que les causes progressistes ne vont pas à l’encontre de leur propre identité, les jeunes juifs de Grande-Bretagne ne doivent pas abandonner le Labour. »

Dimanche, Corbyn a refusé une invitation datant du printemps d’Isaac Herzog, dirigeant du Parti travailliste israélien, à visiter Yad Vashem (le mémorial de L’Holocauste à Jérusalem), comme un remède aux problèmes liés à l’antisémitisme au sein du parti britannique. Corbyn a décliné l’invitation au prétexte d’un agenda déjà bien chargé.

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