Le médiateur de la crise à l’hôpital Hadassah s’avoue vaincu
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Le médiateur de la crise à l’hôpital Hadassah s’avoue vaincu

L’ancien juge Elyakim Rubinstein a déclaré à la Cour suprême être dans une impasse ; la Cour pourrait imposer une solution aux parties

Les parents de jeunes malades du cancer de l'hôpital Ein Kerem manifestent en protestation contre le ministre de la Santé Yaakov Litzman et le directeur général du centre médical   Hadassah Ein  Zeev Rotstein à Jérusalem, le 7 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les parents de jeunes malades du cancer de l'hôpital Ein Kerem manifestent en protestation contre le ministre de la Santé Yaakov Litzman et le directeur général du centre médical Hadassah Ein Zeev Rotstein à Jérusalem, le 7 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le médiateur nommé par le tribunal, chargé de négocier la fin d’une triste bataille qui oppose médecins et parents de patients contre le ministère de la Santé et l’administration d’un hôpital de Jérusalem, où les enfants sont pris en charge, a annoncé lundi que ses efforts se sont avérés vains.

L’ancien juge Elyakim Rubinstein a déclaré à la Cour Suprême que les négociations avaient atteint une impasse.

Les efforts de médiation visaient à résoudre une crise de plusieurs mois et un conflit intraitable entre la direction d’Hadassah Ein Kerem et le ministre de la Santé d’un côté, et 6 médecins et 3 internes du département d’hémato-oncologie pédiatrique de l’autre.

« J’ai atteint une voie sans issue », a écrit Rubinstein. « Je ne pense pas qu’il est possible que les médecins retournent à Hadassah pour le moment. »

« À mon grand regret, mon approche n’a pas été une réussite, et la Cour se saisira de ces problèmes. Je ne peux qu’être solidaire du tribunal du travail, pour que les médecins démissionnaires trouvent une place qui leur reviennent de droit dans leur profession », a-t-il dit.

Les docteurs avaient démissionné en mars, suite à une décision de la direction jugée inacceptable sur le plan logistique et médical. Ils ont été soutenus par la plupart des familles des patients.

Supreme Court Justice Elyakim Rubinstein (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Elyakim Rubinstein, juge de la Cour suprême, en février 2012. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Après la démission des médecins, les parents ont déposé une requête devant la Cour Suprême, demandant l’ouverture du nouveau département d’oncologie pédiatrique à Shaaré Tzedek, le renvoi de l’actuel directeur général d’Hadassah Zeev Rotstein et l’ouverture d’une action en justice contre lui et contre Litzman.

Le tribunal a organisé un débat mardi matin sur les différentes demandes qui ont été déposées et pourrait imposer un arrangement sur les deux parties, même si elles ne l’acceptent pas.

Les discussions, supervisées par Elyakim Rubinstein, ancien juge de la Cour Suprême qui a mené la médiation, ont commencé mercredi. Dimanche, la cour a accepté de leur accorder un délai supplémentaire jusqu’à lundi 19 heures et a indiqué qu’elle entendrait l’affaire mardi à 11 heures 30 si aucune solution n’était trouvée.

Lundi, les parents des enfants soignés dans le département d’hémato-oncologie ont accusé Litzman d’avoir rejeté les 5 propositions et ont prévenu que « son ego va tuer nos enfants ».

« Nous avons entamé le processus de médiation avec un optimisme prudent », ont déclaré les parents dans un communiqué, relayé par Ynet.

« Mais ces derniers jours, nous avons fait face à de profondes déceptions. »

« Nous avons apporté 5 propositions, qui ont toutes été rejetées par le ministre de la Santé Litzman pour des raisons d’ego uniquement, et sans raisons valables. À terme, cet ego tuera nos enfants. »

Le professeur Michael Weintraub, au centre, ancien directeur de l'unité d'onco-hématologie pédiatrique d'Hadassah, pendant une manifestation organisée par des parents de patients au parc Sacher, à Jérusalem, le 15 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le professeur Michael Weintraub, au centre, ancien directeur de l’unité d’onco-hématologie pédiatrique d’Hadassah, pendant une manifestation organisée par des parents de patients au parc Sacher, à Jérusalem, le 15 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Eliad Shraga, l’avocat qui représente les parents a déclaré au Times of Israël que les 5 propositions incluaient un protocole progressif dans lequel les médecins et les internes retourneraient à Hadassah Ein Kerem pour aider à renforcer l’unité pendant une période transitoire, évoluer vers une nouvelle unité à Shaaré Tzedek ; permettre à l’équipe de revenir à l’hôpital Ein Kerem mais sous la direction d’un organe externe tel que le ministère de la Santé plutôt que sous le PDG Rotstein, délocaliser l’ensemble de l’opération à l’hôpital Augusta Victoria à Jérusalem Est qui prend déjà en charge les enfants arabes souffrant des cancers et qui disposent d’une bonne infrastructure, et l’exploration d’une proposition par « un organe externe solide » de construire un nouveau centre à l’hôpital Bikur Holim, au centre-ville de Jérusalem.

De son côté, le ministre de la Santé a proposé de créer une aile temporaire à l’hôpital pour enfants Schneider à Petah Tikva et au centre médical Ziv à Safed, qui sont tous deux à plus de deux heures de route de Jérusalem. Le gouvernement prendrait en charge les coûts liés au transport et au logement pour les familles et leurs enfants durant cette période, selon la proposition.

Il a également proposé de créer une unité provisoire à l’hôpital Hadassah Har Hatzofim à Jérusalem.

Le ministre de la Santé a fait des propositions « étranges » qui sont très coûteuses et peu réalistes, ont déclaré les parents dans le communiqué.

Cela les a conduits à s’interroger : « Pourquoi est-ce que le ministère de la Santé fait tout pour ne pas qu’un département ouvre à Shaaré Tzedek ? ».

Manifestation de parents et soutiens des enfants souffrant d'un cancer du service d'onco-hématologie pédiatrique de l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 27 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Manifestation de parents et soutiens des enfants souffrant d’un cancer du service d’onco-hématologie pédiatrique de l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 27 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Est-ce vraiment plus logique d’ouvrir un département dans le centre du pays pour les enfants de Jérusalem, qui sera onéreux en termes de transports et de logements, qui contraindra les enfants malades à quitter la ville et à mettre leur santé en danger ? »

Le ministère de la Santé, dont les représentants ont rencontré les parents et les médecins, ont déclaré dans une lettre adressée à Rubinstein que les médecins avaient rejeté les propositions faites.

Litzman a rejoint les négociations vendredi.

Ynet a cité des sources proches du ministère de la Santé, qui ont déclaré que ce dernier s’est entretenu pour la première fois depuis le début de la crise, avec Yonatan Halevy, directeur de Shaaré Tzedek, qu’il a accusé de tenter de « voler » le département d’Hadassah.

Yonatan Halevy, directeur général de l'hôpital Shaare Zedek avec les parents des patients de l'unité d'hémato-oncologie pédiatrique d'Hadassah Ein Kerem, à la Cour Suprème de Jérusalem, le 28 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yonatan Halevy, directeur général de l’hôpital Shaare Zedek avec les parents des patients de l’unité d’hémato-oncologie pédiatrique d’Hadassah Ein Kerem, à la Cour Suprème de Jérusalem, le 28 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Litzman a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’approuvera pas d’unité à Shaaré Tzedek, affirmant que sa décision est strictement professionnelle, et que deux unités de Jérusalem diviseraient les ressources et affaibliraient les services.

Le 21 juin, un éditorial publié en Une dans le quotidien Yediot Aharonoth a cité des sources anonymes affirmant qu’ils ont « entrepris une mesure soigneusement planifiée par désir de détruire l’unité d’Hadassah et de créer une nouvelle unité à Shaare Zedek […]. C’était une tentative de putsch. »

En réponse aux accusations soulevées par Yediot Aharonoth, Shaaré Tzedek a déclaré fin juin n’avoir « jamais démenti que le professeur Weintraub avait demandé au professeur Halevy en novembre 2016 d’envisager l’ouverture d’un département, en raison de son intention et de celle de ses médecins de démissionner d’Hadassah. Et donc, à ce moment, l’option d’un département à Shaare Zedek a été étudiée du point de vue des infrastructures. »

« Mais à une étape très précoce, en février 2017, avant que les médecins ne démissionnent, et après que le ministère de la Santé a décidé qu’il ne permettrait pas l’ouverture d’un tel département à Shaare Zedek, le professeur Halevy a tenté de convaincre les médecins de rester à Hadassah, et toute communication entre lui et eux s’est faite sur cette base. »

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