Rechercher

Le ministre Bar-Lev allège les règles de port d’arme pour les anciens policiers

La vague d'attentats a causé une hausse des demandes, et le Premier ministre a même déclaré que les personnes autorisées devaient prendre leurs armes quand elles sortaient

Des agentes de la police des frontières lors d'un exercice de tir, le 18 mars 2013. (Crédit : Nati Shohat/ FLASH90)
Des agentes de la police des frontières lors d'un exercice de tir, le 18 mars 2013. (Crédit : Nati Shohat/ FLASH90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a annoncé, lundi, qu’il allait alléger les règles permettant aux anciens policiers d’obtenir un permis de port d’arme personnel.

Selon un communiqué émis par le bureau de Bar-Lev, les policiers et agents de la police des frontières à la retraite qui, jusqu’à présent, n’avaient pas le droit de demander un permis de port d’arme parce qu’ils n’avaient pas bénéficié d’une formation suffisante au maniement des armes à feu pendant leur service, pourront dorénavant prétendre à une autorisation.

La décision sera présentée pour approbation devant la Commission de la sécurité intérieure de la Knesset.

« Cette décision vise à corriger une erreur qui empêchait les agents de la police des frontières et les policiers en général d’obtenir un permis de port d’arme privé après leur retraite. Ce qui est une situation absurde dans la mesure où ils ont de fortes compétences dans l’usage des armes, en particulier dans les zones peuplées – une situation qui a été malheureusement démontrée lors des attentats récents », a indiqué le ministre.

Un reportage diffusé le mois dernier par la Douzième chaîne a montré que la vague meurtrière d’attentats terroristes qui s’est abattue sur Israël ces dernières semaines avait entraîné une forte hausse du nombre de demandes de permis de port d’arme.

Le Premier ministre Naftali Bennett, le mois dernier, avait appelé les Israéliens à faire preuve de vigilance dans ce contexte d’attaques terroristes, les plus meurtrières à toucher le pays depuis 2006, ajoutant que les personnes en possession d’un permis de port d’arme ne devaient pas sortir sans ces dernières.

Les attentats – comme cela a été le cas de celui qui a été commis à Beer Sheva et qui a fait quatre morts – sont souvent arrêtés par des civils armés avant l’arrivée de la police. Les demandes de permis de port d’arme augmentent en général pendant les périodes de tensions accrues.

Un terroriste présumé abattu à Beer Sheva, le 22 mars 2022. (Capture d’écran : Twitter)

En Israël, le contrôle des armes est relativement strict et les permis de port d’arme ne sont généralement accordés qu’aux personnes pouvant prouver qu’elles ont besoin d’une sécurité supplémentaire dans leur travail ou dans leur quotidien. Les citoyens ne peuvent posséder qu’une seule arme à feu.

Selon des données diffusées par le ministère de la Sécurité intérieure au mois de janvier, les demandes de permis de port d’arme avaient fortement augmenté après le conflit d’onze jours qui avait opposé, l’année dernière, l’État juif aux groupes terroristes de la bande de Gaza.

« L’opération Gardien des murs, au mois de mai 2021, constitue un tournant en ce qui concerne la hausse du nombre de nouvelles demandes déposées en matière de permis de port d’arme », avait alors expliqué le ministère.

Les données ont révélé qu’entre le mois de mai et le début de l’année 2022, environ 15 489 nouvelles demandes ont été soumises au ministère, avec un record sans précédent de 6 092 dossiers déposés au mois de juin seulement.

En tout, ce sont environ 19 375 demandes qui ont été présentées pour toute l’année 2021, un chiffre à comparer avec une moyenne annuelle de 9 600 candidatures, ces dernières années.

Certains ont mis en doute le fait que la circulation d’un plus grand nombre d’armes, dans les rues d’Israël, puisse rendre le pays plus sûr.

« Un permis de port d’arme ne permettra pas à un individu inexpérimenté, qui n’a utilisé qu’un fusil M-16 pendant son service militaire, d’empêcher un attentat terroriste meurtrier de manière professionnelle et sans faire de victime », a écrit sur Twitter Zehava Galon, ancienne dirigeante du parti du Meretz, le mois dernier.

Avant 2021, le nombre d’armes, dans les foyers israéliens, était à la baisse. En 2009, 185 000 Israéliens étaient en possession d’un permis de port d’arme contre 148 617 en 2021.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...