Le ministre de la Justice demande une enquête sur le meurtre d’un Bédouin
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Le ministre de la Justice demande une enquête sur le meurtre d’un Bédouin

Nissenkorn condamne la tentative de Netanyahu de lier l'affaire de 2017 concernant Yaqoub Abou al-Qia'an, traité de terroriste soutenant l'EI, à ses propres malheurs juridiques

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn s'exprime lors d'une cérémonie au ministère de la Justice le 18 mai 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)
Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn s'exprime lors d'une cérémonie au ministère de la Justice le 18 mai 2020. (Shlomi Amsalem/GPO)

Dimanche, le ministre de la Justice Avi Nissenkorn a demandé à un médiateur d’ouvrir une enquête sur la conduite du bureau du procureur dans l’affaire d’un Bédouin abattu par la police en 2017, quelques jours après qu’un reportage télévisé a déclaré que le bureau avait dissimulé le fait qu’il n’était pas un terroriste afin de protéger l’image des forces de l’ordre.

Nissenkorn a fait la demande auprès de l’ancien juge David Rosen, qui est chargé de contrôler le ministère public.

Les proches de Yaqoub Abou al-Qia’an ont demandé une enquête sur l’incident survenu dans le village non reconnu d’Umm al-Hiran, et ont déclaré que les excuses présentées la semaine dernière par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour l’avoir qualifié de terroriste étaient trop faibles et trop tardives.

M. Nissenkorn et le ministre de l’Economie Amir Peretz ont déclaré qu’ils avaient également mis sur pied une équipe, dirigée par les directeurs de leurs ministères, afin d’estimer l’aide de l’Etat aux évacués d’Uum al-Hiran et de leur trouver des solutions à long terme.

Le ministre de la Justice, du parti Kakhol lavan de Benny Gantz, a adopté une position inébranlable pour défendre les organes chargés de l’application de la loi. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés ont en effet lancé des attaques de plus en plus fréquentes contre ces derniers, avec en toile de fond les trois affaires criminelles et l’inculpation du Premier ministre qui en découle.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 9 septembre 2020. (Capture d’écran/Facebook)

« À l’heure où l’Etat de droit fait l’objet d’une attaque quotidienne et débridée visant uniquement à délégitimer les garants, nous devons séparer le bon grain de l’ivraie pour continuer à améliorer le système », a déclaré M. Nissenkorn dans un communiqué.

« Comme je l’ai précisé depuis mon entrée en fonction, outre la défense sans compromis de l’indépendance du système d’application de la loi, je m’engage à vérifier professionnellement et équitablement toute critique faite de bonne foi. »

Netanyahu s’est publiquement excusé mardi soir pour l’affirmation du gouvernement israélien selon laquelle Abou al-Qia’an – qui a été mortellement touché par la police lors de la démolition de sa maison dans le village du Néguev – était un terroriste.

Ces excuses ont été la première reconnaissance par un fonctionnaire du gouvernement que la caractérisation était erronée, malgré une abondance de preuves montrant qu’Abou al-Qia’an n’était pas un terroriste et n’avait pas attaqué la police. Elles ont été présentées le lendemain d’un reportage télévisé accusant la police et le ministère public d’avoir dissimulé plusieurs affaires, dont la fusillade, pour éviter de ternir leur nom lors de l’enquête sur Netanyahu. Cela a conduit beaucoup de gens à s’interroger sur les motivations de Netanyahu pour présenter ses excuses, surtout depuis qu’il a accusé la police et les procureurs d’avoir marqué Abou al-Qia’an au fer rouge pour « me faire du mal ».

Nissenkorn a rabroué Netanyahu, en disant « Ne soyez pas confus : Toute tentative de lier l’incident tragique d’Uum al-Hiran à de fausses théories du complot est honteuse et déconnectée [de la réalité]. »

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