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Le ministre des Affaires étrangères des EAU en Israël

Abdullah Bin Zayed et le Premier ministre feront des déclarations conjointes avant une réception marquant le deuxième anniversaire du pacte de paix historique

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (G) et son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan se rencontrent au ministère des Affaires étrangères des EAU à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (G) et son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan se rencontrent au ministère des Affaires étrangères des EAU à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO)

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, a atterri en Israël mercredi soir avant de rencontrer jeudi le Premier ministre Yair Lapid, a rapporté l’agence de presse officielle émiratie WAM.

Cette visite marque le deuxième anniversaire des Accords d’Abraham, l’accord de paix historique entre les deux pays.

Le bureau de Lapid a publié le programme des événements communs mercredi dernier. Le Premier ministre saluera Bin Zayed à 15h30 dans son bureau avant une courte réunion privée et une réunion de travail plus large avec leurs assistants. À 16 h 15, Lapid et Bin Zayed feront des déclarations télévisées.

Bin Zayed participera également à une réception en soirée organisée par l’envoyé des EAU, Mohamed Al Khajah, en l’honneur de l’anniversaire des accords, a appris le Times of Israel. Le président Isaac Herzog et la première dame Michal Herzog seront également présents.

La Douzième chaîne a initialement rapporté la visite la semaine dernière, indiquant que le plus haut diplomate des Émirats rencontrerait également le président Isaac Herzog, le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et le Premier ministre d’alternance Naftali Bennett, qui reste chargé des questions liées à l’Iran.

Bin Zayed a rencontré Bennett à Abou Dhabi lors d’une visite éclair du Premier ministre israélien de l’époque, en juin dernier, les négociations sur le nucléaire iranien étant au cœur de l’ordre du jour.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed Al Nahyan dans le palais d’Abou Dhabi de ce dernier, le 13 décembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Ces négociations, aujourd’hui dans l’impasse, seront probablement à l’ordre du jour des rencontres de Bin Zayed jeudi également.

Bien qu’Israël et les Émirats arabes unis aient des approches légèrement différentes sur la question, la position de Jérusalem étant considérée comme plus belliqueuse, les deux pays ont fait pression sur les États-Unis pour qu’ils adoptent une position plus radicale à l’égard de l’Iran dans le cadre des négociations visant à relancer l’accord nucléaire. Ces négociations, dont on pensait qu’elles avaient progressé de manière significative le mois dernier, se sont depuis heurtées à d’importants obstacles.

Le mois dernier, l’Union européenne, qui joue le rôle de médiateur dans les pourparlers, a présenté un projet « final » de l’accord. L’Iran et les États-Unis ont ensuite répondu à tour de rôle à ce texte, Washington déclarant la semaine dernière que la dernière réponse de l’Iran constituait un « pas en arrière » et les puissances européennes exprimant des doutes quant à la volonté de Téhéran de parvenir à un accord.

Les trois enquêtes en cours sur l’activité nucléaire de l’Iran menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) constituent un point de friction majeur dans les négociations. L’Iran a demandé à l’AIEA de clore son enquête sur plusieurs sites nucléaires non déclarés, ce qui n’est pas du goût des puissances occidentales.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Mariano Grossi s’adresse aux médias alors qu’une mission de l’AIEA se prépare à visiter la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine, le 1er septembre 2022. (Crédit : Andriy Andriyenko/AP)

De hauts responsables israéliens ont déclaré ces derniers jours que l’administration Biden leur avait dit qu’il n’y aurait pas d’accord avant les élections de mi-mandat de novembre aux États-Unis.

Le ministre émirati des Affaires étrangères s’est rendu pour la dernière fois en Israël en mars pour le sommet du Néguev avec ses homologues bahreïni, marocain, égyptien et américain, où ils ont convenu de créer un forum régional pour discuter des questions régionales. Il s’agira de sa première visite bilatérale.

Les EAU et Israël ont signé un accord de normalisation en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham soutenus par les États-Unis. Bahreïn et le Maroc ont également normalisé leurs liens avec Israël dans le cadre de ces accords.

Les échanges commerciaux entre Israël et les Émirats arabes unis en 2022 ont atteint 1,4 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de l’année, a révélé le mois dernier l’ambassadeur d’Israël dans le pays, Amir Hayek. Il s’agit d’une augmentation significative par rapport à l’année précédente, déjà en plein essor, où les échanges entre les pays s’élevaient à 1,2 milliard de dollars.

Malgré cette évolution positive, les relations entre Israël et les EAU ont connu quelques signes de friction. Au lendemain de l’autorisation donnée à un nombre record de Juifs de se rendre sur le mont du Temple à l’occasion de la Journée de Jérusalem cet été, le ministère des Affaires étrangères des EAU a demandé à Israël d’assurer une « protection totale » sur le site et a appelé au respect du rôle informel du royaume hachémite en tant que gardien des lieux saints de Jérusalem.

La déclaration appelle également à la fin des « violations provocatrices » sur le mont du Temple et demande instamment à Israël de faire preuve d’un « maximum de retenue » pour éviter toute instabilité.

Par ailleurs, les projets de construction d’un lieu de culte permanent pour la congrégation juive de Dubaï, en pleine expansion, sont au point mort, selon les dirigeants juifs. La nouvelle communauté se heurte à des obstacles auxquels les groupes religieux se heurtent depuis longtemps dans la fédération, où la religion officielle de l’État, l’islam, est étroitement surveillée, où la pratique des non-musulmans est contrôlée et où les bâtiments religieux sont limités.

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