Prague plaide pour des négociations de paix
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Prague plaide pour des négociations de paix

Lubomír Zaorálek, le ministre des Affaire étrangères tchèque, avertit : si Jérusalem ne propose pas une initiative, Israël sera confrontée à une isolation internationale "inévitable".

Lubomír Zaorálek, le 5 nobembre 2014,  à Jérusalem (Crédit : Andras Lacko)
Lubomír Zaorálek, le 5 nobembre 2014, à Jérusalem (Crédit : Andras Lacko)

« L’engagement à deux États a presque 80 ans… Nous avons vu de nombreuses tentatives pour faire vivre cette idée. Nous n’avons pourtant pas vu le moindre résultat », a déclaré le ministre des Affaires étrangères tchèque.

Les divers cycles de négociations de paix commencent avec enthousiasme, finissent avec un « jeu d’accusations » qui constitue une sorte d’ouverture de la prochaine série de négociations.

« Trop d’histoire, trop peu de terre et aucun progrès », continue-t-il.

« Le privilège d’un bon ami est d’être franc et direct », ajoute-t-il en insistant sur les liens israélo-tchèques.
Et si Israël ne propose pas d’initiative de paix, affirme-t-il, « j’ai peur que la situation ne devienne difficile dans les années à venir ».

« Nous l’avons souligné dans le passé, et nous le soulignons aujourd’hui, la seule solution que nous envisageons, c’est la solution de deux États indépendants vivant côte à côte, en paix et en sécurité. »

Zaorálek dit avoir récemment visité la bande de Gaza et maintient que Prague « condamne fermement » les tirs de roquettes sur les civils israéliens.

« Mais dans le même temps, quand je vois un taux très important de chômage dans ce territoire, c’est quelque chose qui doit être résolu », a-t-il déclaré.

Le ministre ajoute qu’en Europe, Israël est largement vu comme étant responsable du manque de négociations.

« Israël prendra la plupart des coups. La notion qui prévaut en Europe est qu’Israël est responsable de l’impasse diplomatique », et ce principalement en raison de la construction d’implantations. Il déclare que les divisions palestiniennes internes doivent être résolues avant qu’une solution à deux États puisse être mise en place.

« Pour résumer, la situation actuelle est assez sombre ». Il prétend que, depuis la dernière série de négociations de paix, « peu a changé » mais « nous allons pourtant continuer à essayer ».

Le ministère des Affaires étrangères propose d’accueillir des pourparlers de paix à Prague et avance ce qu’Israël et les Palestiniens doivent faire pour avancer.

Israël doit rendre les taxes et arrêter la construction d’implantations, « le plus grand obstacle à un État palestinien viable »; la République Tchèque « s’oppose fermement » aux implantations.

« Il va sans dire que les Palestiniens doivent aussi répondre à leurs devoirs », continue-t-il en demandant « une condamnation sincère et sans équivoque de la violence contre la population israélienne » tout comme des « mesures concrètes » pour arrêter la violence.

« L’Etat d’Israël est un grand pays, dit-il en faisant l’éloge de sa puissance économique et militaire. Israël a toutes les raisons d’être confiant et courageux et se trouve dans une position confortable pour relever le défi. »

« Pourtant, si Israël ne travaille pas pour relancer les pourparlers de paix (une action qui, selon lui, forcera les Palestiniens à y participer) « notre coopération deviendra plus difficile », avertit-il en ajoutant qu’il regretterait cela sincèrement.

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